‹ Influence de la composition chimique de l'air sur le développement des cultures de moisissuresChapitre 28 sur 42 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Après avoir étudié l’action antiseptique du formol sur la croissance de l’Aspergillus niger, il nous parut intéressant de rechercher quelle influence auraient sur le développement de la Mucédinée l’ammoniaque et d’autres corps azotés plus ou moins volatils.

L’ammoniaque, base forte, exerce en général une action nocive et toxique sur les tissus vivants. Mais, d’autre part, ceux-ci ont besoin, pour vivre, d’azote ou de combinaisons azotées plus assimilables.

Dans le cas particulier qui nous intéresse, la présence de sels ammoniacaux est indispensable au développement normal de l’Aspergillus.

Les essais de RAULIN lui montrèrent que le rapport des récoltes avec et sans nitrate d’ammoniaque varie de 24:1 à 153:1 ; que le nitrate d’ammoniaque peut être remplacé par le nitrate de potasse ou le tartrate d’ammoniaque (celui-ci est aussi actif sur la végétation que le nitrate).

Ses conclusions sont les suivantes : « En résumé, ditil, l’acide nitrique et l’ammoniaque, à l’état de sels, produisent sur la végétation des effets analogues ; d’où il résulte que c’est à l’azote que ces deux composés si différents doivent leur efficacité. »

C’est en se basant sur ces conclusions qu’il détermina les quantités des trois sels ammoniacaux qui entrent dans la composition de son milieu artificiel, à savoir le sulfate, le phosphate et le nitrate d’ammonium, ce dernier étant de beaucoup le plus important de tous.

La nutrition azotée des Cryptogames fit l’objet d’un travail relativement récent de M. le Professeur agrégé D. Bac (14), qui s’adressa à l’Aspergillus repens de Bary, et étudia l’influence de la réaction du milieu.

Après avoir analysé les travaux antérieurs. il montra que les conidies de l’Aspergillus repens ne germent qu'entre les limites 2,6 < Ph < 8,4.

Comme aliment ,azoté, il prit des citrates, des sels ammoniacaux d'acides minéraux et organiques, des aminoacides, des amides, de la peptone à une concentration telle que le milieu soit toujours N/10 en azote.

Il conclut que toutes les formes de l’azote, les amino acides compris, sont d’abord transformées en ammoniaque et celle-ci, copulée aux résidus carbonés, issus principalement de la rupture de la molécule sucrée, conduit aux protides par l’intermédiaire probable, mais non constamment obligatoire, des acides aminés.

Le rôle proéminent de l’ammoniaque doit se traduire par divers phénomènes :

Supériorité des récoltes obtenues sur les sels ammoniacaux ;

Consommation par préférence de l'azote ammoniacal dans un mélange de plusieurs formes ;

Transformation préalable de toutes les autres combinaisons azotées en ammoniaque.

Nous avons donné au début de ces pages la formule du milieu de RAULIN et les proportions des différents sels qui le composent ; il est donc inutile de les rappeler ici.

Etant établi qu’un tel milieu renferme les quantités de sels ammoniacaux nécessaires et suffisantes au bon développement du végétal, nous avons voulu nous rendre compte de l'effet qu’exercerait sur sa croissance l’ammoniaque (solution aqueuse du commerce ou vapeurs alcalines que dégage cette dernière).

Ensuite nous avons étudié l’action d’un de ses sels, Facétate d’ammoniaque, de quelques amines grasses ou aromatiques.

Enfin nous avons exposé les cultures à des atmosphères chargées de vapeurs nitreuses et nous citerons les résultats obtenus en soumettant les cultures aux émanations putrides dégagées par les cultures d’une des bactéries de la décomposition organique, le Pseudomonas prodigiosa.

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