‹ Influence de la composition chimique de l'air sur le développement des cultures de moisissuresChapitre 34 sur 42 · CAP RS · texte numérisé non relu

CAP RS

B. — Acétate d’ammoniaque

Puisque de faibles quantités d’ammoniaque exercent un effet excitant sur la croissance de l’Aspergillus poussant sur un milieu dépourvu d’azote, il nous parut intéressant de rechercher si un sel d’ammonium volatil et dissociable aurait un effet analogue.

Nous nous sommes adressés à l’acétate d’ammoniaque qui, dissous dans l’eau, constitue le soluté officinal d’acétate d’ammoniaque, renfermant 18,5 grammes pour cent de ce sel (Codex). L’on sait que cette solution, de saveur et de réactions légèrement alcalines, perd spontanément par dissociation à l’air libre du gaz ammoniac.

M. Bacx (13) fit paraître en 1924 une étude intitulée : « Sur la toxicité et la valeur alimentaire de l’acétate d’ammoniaque pour les champignons inférieurs ». Cet auteur faisait pousser l’Aspergillus repens de Bary sur un milieu où la source d’azote est constituée par de l’acétate d’ammoniaque à la concentration N/10, et obtenait une culture rapide et vigoureuse. Le Ph qui était au début de 6,2 descend à 4,5 au quatorzième jour ; à ce moment, le sucre étant consommé, le mycélium s’attaque à la molécule acide et le milieu s’alcalinise jusqu’à 8,4 au vingt-deuxième jour. « Dans ces conditions, l’acétate d’ammoniaque doit être considéré comme un bon aliment. »

Mais si l’on additionne le milieu d’acide chlorhydrique, on n'obtient de culture que lorsque le Ph est supérieur à 5,2 ; les milieux plus acides renferment donc une substance toxique qui serait, d’après M. Bac, la portion d’acide acétique existant à l’état de molécule non dissociée. La toxicité des acides non dissociés dépend de la concentration de ces acides et du Ph.

Ces faits furent étendus par M. BacH aux formiate, propionate et butyrate d’ammoniaque.

Dans le cas présent, notre seul but fut d’étudier la valeur alimentaire de l’acétate d’ammoniaque pour l’4spergillus niger, cultivé sur un milieu totalement privé de

sels d’ammonium, que l’on soumettait aux vapeurs dégagées par le soluté officinal d’acétate d’ammoniaque.

Comme précédemment, les expériences ont été faites en utilisant comme récipients des flacons et des cristallisoirs fermés, dans lesquels 100 centimètres cubes de liquide de culture ne renfermant pas de sels ammoniacaux, étaient ensemencés au moyen de spores d’Aspergillus.

Les doses d’acétate d’ammoniaque étaient réparties sur des tampons de coton suspendus à l’intérieur des vases au-dessus de la surface du milieu de culture. Chaque expérience comporte deux témoins.

Le tableau ci-dessous rassemble ces essais ; les quatre premiers ont été obtenus dans des flacons, les suivants dans des cristallisoirs.

Etani donnés les faibles poids obtenus et la difficulté de récolter les cultures, elles ont été recueillies sur des filtres tarés et pesées après dessiccation à l’étuve.

Leurs poids sont donnés en milligrammes.

Acétate d’ammoniaque Témoins (en gouttes)

Comme dans le cas de l’ammoniaque, les cultures obtenues formaient des voiles peu consistants, blanchâtres, qui se couvraient de fructifications noires, peu abondantes, mais bien formées et capables de redonner de belles cultures, après repiquage sur du liquide de RAULIN.

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À la lecture du tableau précédent, l’on constate que, dès la plus faible dose d’acétate d’ammoniaque, à laquelle les cultures furent exposées, l’on obtient un accroissement très sensible de la récolte.

Les récoltes les plus fortes ont été obtenues pour des doses comprises entre X et XX gouttes d’acétate. Avec les doses supérieures, il y a une légère diminution du poids des récoltes, mais elles restent encore plus fortes que les témoins. |

Les vapeurs alcalines que dégage spontanément le soluté d’acétate d’ammoniaque constituent donc un bon aliment pour la croissance de l’Aspergillus niger, même à de fortes doses — ceci confirme les résultats obtenus ‘par M. Bacs en l’utilisant comme source d’azote — et, en aucun cas, contrairement à l’ammoniaque, l’on n’obüent un ralentissement des cultures.

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