OBSERVATION XIX
Carcinôme du col et du corps de l'utérus. Grossesse. Mort (Par Adrien Schmitt. (1)
Femme blonde, d’un tempérament lÿymphatico-sanguin, bonne santé antérieure, réglée à 11 ans, cinq enfants, trois fausses couches. Depuis deux ans, époque à laquelle elle fit sa dernière fausse couche, elle a eu des pertes de sang continuelles. Enceinte de nouveau, elle entre à l’hôpital de la Clinique.
Au toucher, on sent le vagin ramolli a peu près complètement, le col est dur et volumineux, la lèvre antérieure est déformée, elle est le siége de petites nodosités dures et saillantes. La lèvre postérieure, dans sa moitié droite, offre aussi de ces petites saillies. Les culs-de-sac du vagin sont libres, En ce moment, la rna-
(1) Ad, Schmitt, In.-Archives de tocologie, 1876.
DE qe
lade perd peu de sang, elle a beaucoup de pertes blanches. Elle éprouve des douleurs irrégulières dans les flancs se continuant jusqu'aux lombes et dans les membres inférieurs.
Le 19 juillet, on trouve à l'examen, que l'orifice externe participe aussi à l’altération, et si l’on y introduit le doigt, on sent que l'orifice interne ainsi que le segment inférieur de l'utérus ont subi la même dégénérescence.
26. — Coliques violentes, pertes blanches considérables, très fétides.
31. — Pertes blanches toujours considérables, douleurs expul-
sives, l’orifice est de la grandeur d’une pièce de un franc et formé par un anneau très résistant. Pouls fréquent, vomissements. Les battements du cœur du fœtus ont cessé de se faire ente: dre.
2 août. — Présentation de l’épaule, M. Depaul désarticule le bras qui faisait saillie dans le vagin, extraction après version podalique d’unenfant dont la tête est ramollie et macérée.
Pendant l'opération, il s’échappait de la cavité utérine des gaz d'une odeur infecte. Un quart d'heure après, on esseya de faire la délivrance, mais en vain, elle ne fut faite que le soir par M. Pinard.
Quelques jours après, l’utérus semble avoir diminué de volume, les douleurs persistent, enfin la malade expire le 11 août.
L’autopsie montre que le col utérin et sa cavité sont presque méconnaissables : A la partie antérieure de l’utérus, on rencontre des masses indurées, complètement morcelées. Ces débris doivent représenter la lèvre antérieure et toute la partie antérieure du col. Quant à la partie postérieure de l'utérus et à la partie postérieure du col, il est encore plus difficile de dire ce qu’elles sont devenues... Le fond de l'utérus ne semble pas participer à lPaffection cancéreuse.
LS