‹ Influence de la grossesse sur la marche de la sclérose de l'oreille moyenneChapitre 6 sur 31 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'audition et la grossesse. — La sclérose de l'oreille ( moyenne.

A la clinique de MM. Lubet-Barbon et Martin, nous avons toujours vu nos maîtres rechercher l'influence de la grossesse sur le début et la marche de la sclérose de l'oreille moyenne.

Nous nous sommes rendu compte que souvent la gestation modifiait l'audition : soit en favorisant l'appariion de la slérose ; soit en hâtant sa marche si elle existait déjà.

MM. Lepage et Lubet-Barbon, nous ont conseillé d’étudier ces faits. Dans ce but nous avons pratiqué, au point de vue de l’audition, l’examen de 885 femmes enceintes.

Les résultats obtenus dans cet examen, les faits recueillis dans les observations des malades atteintes de sclérose de l'oreille moyenne venant consulter à la clinique de MM. Lubet-Barbon et Marün, nous ont conduit à ranger dans deux classes différentes les modifications survenant dans l'appareil auditif par suite de la gestation.

4° Troubles de l’ouie passagers pendant la grossesse. — Ils surviennent souvent chez des femmes qui étaient

atteintes de surdité et de bourdonnements d'oreilles au

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moment de leurs règles. Ces troubles apparaissaient deux ou trois Jours avant les époques pour disparaître dès que l'écoulement cataménial se produisait. Entre les règles pas de bruits subjectifs et d'hypoacousie, mais ces troubles se reproduisent régulièrement avec les règles. Devenues enceintes, l'audition de ces femmes diminue. Elles sont atteintes de tintements d’oreille, de dureté de l’ouïe, vers le troisième ou le quatrième mois de leur grossesse. Ces symptômes restent stationnaires ; disparaissent généralement quelques jours avant l’accouchement pour se reproduire à une grossesse suivante.

Nous avons observé une diminution de l’acuité auditive et des bourdonnements dans une proportion de cinq femmes sur cent (1).

Ces symptômes se montrent à des degrés plus ou moins marqués : légers généralement, ils ont rarement une importance et une intensité assez grandes pour rentrer dans le cadre de la pathologie et nécessiter une intervention du médecin.

L'examen de l'audition pratiqué pendant la grossesse nous a fait diagnostiquer une lésion de l'oreille moyenne (2).

À l'inspection de la membrane, nous avons trouvé le tympan présentant généralement son brillant normal. La

forme du triangle lumineux est souvent modifiée : ses

(1) Nous avons examiné 885 femmes enceintes : et nous avons trouvé 52 femmes présentant des bourdonnements et de la surdité pendant leur grossesse. Ces troubles ne sont généralement pas très grands. Nous ne publions que deux de ces 52 observations : les observations 33 et 34.

(2) Nous avons souvent trouvé un Rinne positif, l'audition aérienne étant peu diminuée ; la conduction osseuse étant normale.

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bords ne sont pas toujours nettement délimités, il ne s'étend plus jusqu'à la périphérie de la membrane ou se trouve interrompu ; enfin il peut être à peine indiqué ou disparaître complètement. | |

Le manche du marteau apparaît en raccourci pendant que l’apophyse externe de cet os forme une saillie plus accusée.

Plus rarement nous avons observé un enfoncement de la membrane assez prononcé pour déterminer un pli péstérieur.

L'examen de la trompe fait reconnaître une diminution de son calibre, sans aller toutefois jusqu’à l’obstruction complète.

Ces accidents disparaissent après la grossesse et n’intéressent pas les spécialistes ; nous les avons cités seulement pour qu'on ne les confonde pas avec les suivants qui sont beaucoup plus graves.

2° Troubles de l’ouie s'agqravant après la grossesse. — Ces troubles apparaissent généralement après la grossesse, sans qu'il y ait eu de symptômes du côté des oreilles pendant la gestation ayant nécessité une intervention et qui puissent les faire prévoir. Ils s’aggravent malgré la disparition de la cause qui leur a donné naissance. La maladie suit son évolution, montrant ainsi, une fois de plus, que le vieil adage, si souvent répété, sublata causa, tollitur effectus, est soumis à d’incessantes exceptions.

Ces troubles de. l’ouïe surviennent soit chez des femmes, qui présentaient antérieurement une audition normale, soit chez les malades dont l’ouïe était altérée depuis

longtemps.

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La surdité et les bourdonnements apparaissent ou augmentent à la suite d’une première grossesse.

L'affection progresse après les grossesses suivantes et d'une manière si régulière que, dans certains cas, M. Lubet-Barbon a cru devoir, pour conserver l’ouïe de ses malades, déconseiller une nouvelle grossesse.

Dans une observation, nous voyons qu'il ne se produit pas, à la suite d’un avortement de trois mois, d'aggravation de la surdité et les bourdonnements n’augmentent pas (Lubet-Barbon) : Mais ce seul fait ne nous permet pas d'établir une loi générale.

Les grossesses se sont-elles’succédées à de courts intervalles la lactation a-t-elle été prolongée, ce sont autant de causes qui accélèrent la marche de la maladie.

Après une première grossesse, la femme remarque qu’elle ne peut suivre une conversation, elle fait repéter, elle a quelques bruits subjectifs passagers, elle ne souffre pas généralement de ces symptômes, c’est, suivant l’expression de M. Gellé « le riche qui peut subir une perte légère sans s’en ressentir. » (1)

Plus tard, après une nouvelle grossesse, elle voit son infirmité augmenter, elle entend bien la voix de la personne qui parle mais ne distingue plus les sons.

Les bourdonnements l’obsédent, ils sont plus accentués dans le silence de la nuit au point que quand la malade se couche son sommeil en est retardé.

Après plusieurs grossesses cette femme deviendra peu à peu insensible au son pour n’apprécier que les bruits forts.

(1) GeLLé, L’audition et ses organes, 1899, p. 312.

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