DUCIIARTRF.. — INFLUENCE DE LA SÉCHERESSE SUR LA VÉGÉTATION
conséquence nécessaire de ce fait que les quatre pieds plantés en pots ne recevaient qu’une lumière diffuse, insuffisante pour amener les deux parenchymes foliaires à la plénitude de leurs caractères distinctifs. Ainsi dans une de ces feuilles nouvelles et bien vertes, dont le limbe mesurait 0 m ,0145 de longueur sur 0“,007 de largeur maximum, le mésophylle était encore formé, entre deux épidermes composés de cellules à fort peu près semblables et isiodiamélriques, de quatre assises cellulaires alternes entre elles; dont les éléments étaient aussi semblables tant entre eux qu’à ceux de l’épiderme. Toutefois l’assise située sous l’épiderme supérieur contenait de la chlorophylle, tandis que celle qui était sous-jacente à l’épiderme inférieur était remplie d’un liquide rouge-brunâtre clair. La structure était la même dans une feuille de dimensions un peu plus fortes (0 m ,022 de longueur) venue à l’air libre et au grand jour, avec ces deux seules différences : 1° que, dans celle-ci, les cellules de l’épiderme supérieur y étaient environ deux fois plus longues et plus larges que celles du mésophylle et de l’épiderme inférieur; 2° que les cellules adjacentes à l’épiderme inférieur ne renfermaient pas de suc coloré. D’un autre côté, dans une feuille prise sur l’un des pieds plantés dans le pot à compost, qui avait 0 m ,076 de longueur sur 0 ra ,051 de plus grande largeur, les deux parenchymes du mésophylle étaient caractérisés en ce sens que les cellules du tissu en palissade étaient sensiblement allongées dans le sens perpendiculaire à la face supérieure de la feuille, tandis que celles du tissu inférieur avaient au contraire leur plus grand diamètre parallèle à la face inférieure de la feuille. Examinées comme terme de comparaison, deux feuilles de pieds venus en pleine terre, mais l’une recevant le soleil et l’autre s’étant développée à l’ombre, ont présenté, dans la longueur des cellules de leur couche supérieure ou en palissade, des différences en rapport avec l’intensité de la lumière qu’elles recevaient. Dans celle qui recevait lè soleil et qui était longue de 0™.070, par conséquent à fort peu près égale en dimensions à celle dont il vient d’être question, ces cellules étaient environ deux fois plus longues que larges, de sorte que leur couche faisait le tiers de l’épaisseur totale de la feuille ; au contraire, dans celle, longue de 0 m ,072, qui s’était développée à l’ombre, les cellules de la couche dont il s’agit étaient presque rigoureusement isodiamétriques, par conséquent moins caractérisées que celles du pied planté en pot et végétant à la lumière diffuse.
Une particularité physiologique qui ne doit pas être passée sous silence consiste en ce que les tiges de l’Igname de Chine qui s’étaient développées à sec avaient perdu non seulement toute volubilité, mais encore toute tendance à se diriger vers la lumière. Leur rigidité, conséquence directe de la prédominance de leurs éléments de soutien, peut expliquer, au moins dans une certaine mesure, leur défaut d’enroulement qui les
faisait s’élever toutes droites; quant à l’absence constatée en elles de toute nutation, il semble difficile d’en deviner la cause. Toujours est-il que, selon la situation du tubercule qui leur avait donné naissance, elles se dirigeaient indifféremment dans tous les sens, même vers le fond de la pièce où elles se trouvaient, par conséquent du côté opposé au jour. La plantation et l’arrosement ont amené en elles la manifestation de ces deux facultés naturelles qui leur avaient fait défaut jusque-là, mais seulement après une période de transition pendant laquelle la nutation directe a commencé de se manifester avant la circumnutation qui devait déterminer leur enroulement autour du tuteur. Ainsi c’est le 17 août que la plantation avait été faite et les arrosements commencés. Quatorze jours plus tard, le 31 août, les tiges s’étaient allongées de 0”,25 en moyenne, s’élevant droites le long du tuteur auquel elles avaient été attachées, sans manifester la moindre tendance à l’embrasser; seule leur extrémité jeune s’était un peu arquée pour se porter vers le jour, en s’éloignant pour cela du tuteur, et. en donnant ainsi un premier indice de nutation, mais faible. Trois jours plus tard, les deux pieds le mieux nourris avaient fait un tour entier autour de leur tuteur; les deux autres, quoique ayant subi un allongement un peu plus considérable (0 m ,34, O m ,37), avaient continué de s’élever en ligne droite le long du tuteur auquel ils étaient attachés, sans que, contrairement à la théorie admise, ce contact déterminât en eux le moindre contournement; il leur a fallu quelques jours encore pour que leur extrémité commençât à s’enrouler. A partir de ce moment, les quatre plantes se sont comportées comme elles le font habituellement dans les conditions normales; elles ont même accusé une forte nutation, toutes leurs feuilles se plaçant alors de telle sorte que la lumière tombât perpendiculairement à leur face supérieure, et, pour cela, courbant leur pétiole pour disposer leur limbe verticalement, la face supérieure tournée vers le jour.
Les productions souterraines des quatre pieds de Dioscorea Batatas ont été, on le conçoit d’avance, en rapport avec la nature du sol dans lequel ceux-ci avaient été plantés, c’est-à-dire avec l’aliment que ce sol leur fournissait. Les deux qui étaient plantés dans une terre nutritive ont développé, l’un des deux surtout, des racines nombreuses, longues et rameuses, ainsi qu’un tubercule qui, pour le pied le mieux enraciné, mesurait 0 m ,tl8 de longueur sur environ 0 m ,004 d’épaisseur moyenne. Ce même tubercule était gorgé de fécule à ce point que, après être resté plus de six mois dans la terre sèche, il n’était pas sensiblement ridé à sa surface. Le plus faible des deux pieds plantés dans cette même terre avait formé un nombre moindre de racines et un tubercule long de 0“,07. Quant aux deux pieds plantés dans le sable, ils n’avaient que peu de racines courtes et à peine rameuses. L’un des deux surtout en était à peu