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‘Influence de x Vaccine pendant l'incubation de la Variole.
La vaccine et la variole étant deux maladies qui s'excluent l’une l’autre, il semble que leur évolution ne puisse se faire simultanément. | É __ Nous avons pu, cependant, ainsi que plusieurs au- : = teurs, constater ce fait qui se présente dans des con-. ditions variables.
Si l'organisme reçoit en même temps les deux. virus, ceux-ci vont se développer chacun à leur heure et évoluer parallèlement, tout en restant bien distincts. Sperino et de Baume reproduisirent expérimentalement cette coïncidence. Ayant recueilli sé-parément les deux virus de pustules vaccinales et de. pustules varioliques, ils firent un mélange qu'ils inoculèrent au même individu. Après une incubation différente, ils virent se développer les deux exanthèmes. La spécificité du fluide secrété par chaque pustule est même si.caractéristique que le profes-
De seur Leroux ayant observé une vésicule de vaccin au centre d’un bouton de variole, put inoculer séparément les deux virus sur deux sujets, et voir se produire chez chacun d'eux une éruption différente.
D'après ces expériences, dans l’évolution de ces deux maladies nées à la même heure, il ne semble pas que l’on ait remarqué quelque influence de l’une sur l’autre.
En pratique, nous nous trouvons en présence de faits un peu différents ; l'organisme n’a pas reçu au même moment l’inoculation vaccinale et la contagion variolique ; il existe dès lors un premier occupant qui, a priori, doit établir une immunité totale ou partielle.
Si la vaccine est la première en date, ce n'est que pendant les quatre ou cinq jours suivant l’inoculation que le sujet pourra contracter la variole. Celle-ci sera vraisemblablement très atténuée suivant les observations de Sacco et dans une mesure proportionnelle au nombre de jours écoulés depuis la vaccination. Passé ce délai d'incubation, au moment de l’éruption vaccinale, l'organisme sera totalement immunisé contre une variole ultérieure.
Mais, si la contagion de la variole précède l’inoculation de la vaccine, est-il possible d'espérer encore une atténuation de la maladie? L’incubation de la variole est plus longue, dix à quatorze jours en moyenne, pendant lesquels on pourra pratiquer la vaccine et voir se développer son éruption. Nous nous représentons ce temps d’incubation comme le temps nécessaire que met le virus ou le microbe
yo pour aller de sa porte d'entrée dans l'organisme jusqu'à un centre spécial (1). Les deux virus, dans notre cas, cheminent chacun de leur côté jusqu'à ce qu’ils aient atteint ce centre. Dans cette course de vitesse ils peuvent arriver ensemble, mais si l'un d'eux devance l’autre, il imprègne l'organisme et, à lui seul, absorbe les éléments nécessaires, non seulement à sa nutrition mais aussi à celle de l'autre virus. Or, l'incubation de la vaccine étant bien plus courte, son virus doit aller plus vite et, quoique inoculé plus tard, neutraliser rapidement en tout ou en partie le développement de la variole.
Ce n'est 1à qu'une hypothèse, peut-être discutable, destinée à expliquer l'influence favorable de la vaccine pendant l’incubation de la variole.
Disons, d’ailleurs, que cette influence favorable n’est pas admise par tous les auteurs.
Trousseau, Voodville, Bousquet estiment que vaccine et variole évoluent simultanément sans s’influencer. Ils font remarquer, avec quelque raison, que l’on observe tantôt des varioloïdes chez des sujets non vaccinés, tantôt des varioles mortelles en présence d’une vaccine concomittante. Bousquet dit qu'il a vu plusieurs fois la variole fuer son monde même lorsqu'elle coïncidait avec la vaccine.
Marc d'Espine (r) professe la même opinion. «Je
(1) Osercin. — Revue Médicale de l'Est, 1886. (1) Marc D'Esrine. — Etudes sur la variole, la vaccine et les revaccinations. Arch. de Médecine, 1859.
Cas * x re
NME
« trouve dans mes documents, dit-il, cinq cas de va- « riole développés pendant la vaccine : 4 enfants de € 13 jours, 4 mois, 18 mois, 20 mois qui, tous, ve- € naient d'être vaccinés, et une jeune fille de 17 ans « qui venait d’être revaccinée. Dans tous ces cas la
« vaccine a été pratiquée 6 et 10 jours avant J'érup-.
- « tion variolique, et n’a entravé en aucune manière « le développement de la variole. Dans trois cas la « fièvre de suppuration a manqué, peut-être aussi € dans les deux autres, mais la chose n’est pas indi- « quée. La variole a été intense et confluente dans « deux cas, dont l'un, presque mortel, s’est brusque- « ment amélioré à la dessication. Chez la revaccinée « de 17 ans, la maladie a été bénigne, discrète, de « courte durée. »
Ces, observations ne nous paraissent guère probantes pour soutenir que la vaccine a été de nul effet. Chezles enfants dont la variole esttoujours très grave, la durée a été abrégée: il n'y a pas eu de fièvre de suppuration. Dans les deux cas où l’éruption a été confluente, forme souvent mortelle, l'amélioration est survenue brusquement. Enfin, dans le dernier cas on peut attribuer à la vaccine un résultat nettement favorable.
D’autres auteurs Rillet, Barthez, Legendre, sont allés plus loin et ont prétendu que‘ chez les enfants, la vaccine, au lieu d'améliorer une variole concomittante ne faisait que l’agograver. Sur de jeunes sujets déjà affaiblis par une affection antérieure et en incubation de variole, la vaccine devenait une troisième infection surajoutée, complication à laquelle ne pou-