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en se fixant à elle, on pourrait comprendre pourquoi l’antitoxine n'agit pas, mais la cellule nerveuse n'est pas détruite puisque son activité se manifeste par des contractures. Ces contractures n'’indiquent pas non plus la dernièrs activité de la cellule en tant que force physiologique, elles ne sont pas l'effort agonique de ces éléments puisque dans les cas de guérison le système nerveux central du sujet récupère toutes ses fonctions. De plus, MM. Courmont, Doyon et Paviot n’ont jamais constalé d'allérations des cellules nerveuses de sujets tétaniques.
Erlich admet dans le protoplasma l'existence de « chaines latérales » qui, dans les conditions physiologiques, servent à la nutrition cellulaire. Ces chaînes latérales sont douées d’une grande affinité chimique pour cerlaines toxines, la toxine télanique particulièrement. Ces chaines latérales meurent à la suite de l’intoxication tétanique. L'antitoxine, en présence de la toxine ne peut alors plus rien, puisque les organes chargés de la recevoir n'existent plus. Les chaînes latérales n’étant qu'une partie du protoplasma de la cellule, celle-ci n'est pas détruite dans son ensemble et on comprend ainsi son activité.
De plus, Ransom a pu montrer que si la toxine avait une affinité spéciale pour la cellule nerveuse, il n’en était pas de même de l'antitoxine. La toxine, après une injection intracérébrale, passe seulement en partie dans la circulation : une partie importante reste fixée dans le système nerveux central et peut y être montrée longtemps ; après une grande partie du poison injecté ne
peut plus être cécelé. L’antitoxine, au contraire, passe
le
presque complètement par l'espace sous-arachnoïdier® dans la circulation: ainsi, 24 heures après l'injection, toute l’antitoxine injectée se: trouve approximativement. dans le sérum sanguin.
De même, l'antitoxine injectée dans l'espace sous-arachnoïdien n’entraîne pas une augmentation de la puissance neutralisante de la substance nerveuse, elle passe complètement dans le sang.
Une autre question se pose tout naturellement à la fin de ce travail. Quelles sont les raisons de l'échec du sérum antitétanique au point de vue curateur, quelles sont les différences qui le séparent, à ce point de vue, du sérum antidiphtérique, dont le succès thérapeutique n’est plus contestable ?
MM. Courmont, Doyon et, avant eux, Nocard, se sont. déjà posés cette question et ils répondent : « Qu'il est infiniment probable que le sérum antitétanique agit aussi efficacement que le sérum antidiphtérique ; la différence des résultats provient du moment où est pratiquée l’injection. Le sérum antitoxique exerce d'autant mieux son action thérapeutique, qu'il est injecté plus rapidement après l'inoculation des microbes spécifiques ou après. l'absorption des toxines sécrétées par ces microbes. Le sérum antidiphtérique n'a pas d'action curative, s’il est appliqué {trop tardivement ; seulement, la fausse membrane est un témoin palpable du début de l’intoxication diphtérique ; elle permet de faire le diagnostic précoce et d'intervenir à temps.
Dans le tétanos, au contraire, quand nous constatons ce que nous appelons les premiers symptômes de la ma-
ladie, il est déjà trop tard pour intervenir; ces premiers
symptômes sont les manifestations de l'intoxication déjà réalisée et, si la quantité de loxine absorbée est sufiisante (ou la foxine suffisamment active}, rien ne pourra enrayer les effets de l’intoxication qui s’est effectuée silencieusement depuis plusieurs jours. Cette période de l'apparition des contractures pourrait correspondre à l’apparition de l'hypothermie dans l’intoxication diphtérique expérimentale.
Il est donc logique d’admettre que les deux sérums agissent de même; seule l'impossibilité de faire le diagnostic du tétanos avant l'apparition des contractures est la cause de l'échec du sérum antitétanique en thérapeutique.
Rapport DE M. Varras AU CONGRÈS DE CHIRURGIE 1902 :
Voie intracérébrale....... Dangereuse Voie sous-arachnoïdienne. Mortalité 65 0/0
Voiésous-cutanée: 1: Mortalité 39 o/o
: « Voie veineuse paraît destinée à rendre des services surtout dans les cas où la violence et la rapidité de l'in-
toxication imposent la nécessité d'agir vite ».
CHAPERRE SI
Influence de la Voie d’Introduction sur le développement des effets préventifs et curatifs du sérum antidiphtérique
Historique
« Après les noms de Klebs et Lôffler qui ont trouvé « le bacille, et ceux de Roux et Yersin qui ont trouvé la « toxine, celui de Fraenkel, dit Lépine, a sa place dans « l'historique des découvertes qui ont conduit à la séro- « thérapie. »
Dans le cours de l’année 1890, C. Fraenkel et Behring, s'efforçaient, chacun de leur côté, d’immuniser des animaux contre la diphtérie. C’est Fraenkel qui réussit le premier.
Dans un article paru dans le courant de l’année 1890, dans le Berliner Klin. Wochenschrift, il annonce qu'il a immunisé des cobayes vis-à-vis de la diphtérie. Mais il y a dans ses conclusions des conditions qui paraissaient alors, enlever à sa découverte toute valeur curative. Il avait in-
jecté sous la peau du ventre des cobayes, 10 c. e. de cul-
\ ie,
ture de bacille de Lôüffler, chauffé pendant une heure à 65°, 70° ; Ces animaux n'élaient immunisés qu'à la condition que «l'inoculation ultérieure du bacille diphtérique fut faite au moins 4 jours plus tard, faite avant il n’y avait pas d'immunisation. S'il fallait des semaines pour produire un état antitoxique du sang, on n'arriverait jamais à temps chez un sujet atteint de diphtérie ! Et l’on s’arrêtait à cette conclusion décourageante, quand Behring et Kitasato annonçèrent que, si l’on a immunisé un animal contre le tétanos ou la diphtérie, son sérum, transfusé en quantité suffisante à un autre animal, peut, non seulement l’immuniser, mais le guérir.
« Nos travaux sur la diphtérie (Behring) et sur le téta- « nos (Kitasato) nous ont conduit à la question de l'im- « munité et de la cure de ces deux maladies, et nous « sommes arrivés à guérir des animaux infectés et à « immuniser des animaux sains, de telle sorte qu'ils sont « devenus incapables de contracter la diphtérie ou le « tétanos. »
Puis, dans de nombreux travaux, Behring, soit seul, soit avec l’aide de Wernicke, Boer, Kossel et Knor, est revenu sur la démonstration de ces faits, insistant sur des expériences, qui établissaient les propriétés curatives et préventives du sérum sur les lapins ou les cobayes, soit intoxiqués par le poison, soit inoculés avec le bacille vivant.
Après les travaux de Behring il faut citer ceux de Aronson qui, de son côté, réussit à obtenir l’immunisation des animaux contre la diphtérie. Dès 1897, il cher
chait à immuniser les lapins; à la fin de 1892, il an
nonça à la Société de Médecine Berlinoise qu'il étai
jromaes
arrivé, comme Wernicke, à conférer à un chien une immunisation telle que x c. c. de sérum pouvait vacciner h kilog. de cobaye contre la dose mortelle minima de cultures virulentes.
De bonne heure on employa le sérum dans les hôpitaux, et c’est plutôt les résultats obtenus chez l'homme que l’on trouve relatés dans la littérature médicale, que les expériences de laboratoire.
En 1894, au Congrès de Buda-Pesth, Roux fit un très beau rapportsur le traitement de la diphtérie par le sérum antidiphtérique. Depuis 1897, il poursuivait, avec Martin, des expériences sur le traitement de la diphtérie par le sé: rum. Aussi, présenta-t-il des expériences concluantes sur l'action de l’antitoxine, tant chez l'homme que chez les animaux. Il montra que le sérum est préservateur et thérapeutique, non seulement vis-à-vis de la toxine, mais aussi envers le virus vivant.
« Le pouvoir préventif se manifeste, dit-il, lorsque « lon donne celui-ci avant la toxine. Dans ces condi- « tions, les animaux résistent toujours si la quantité de « sérum est proportionnée à celle de la toxine. » Il suffit que les cobayes aient reçu 12 heures auparavant, 1/100,000% de leur poids de sérum pour qu'ils résistent à une dose de toxine qui tue les cobayes témoins en 5 jours. Avec 1/50,000"° ils supportent une injection de culture diphtérique mortelle en 48 heures pour les témoins.
Si l’on introduit la toxine la première, il faut alors d'autant plus de sérum qu’on est intervenu plus tard. Six heures après la toxine, des injections de sérum au
1/1000"° sont encore efficaces; mais 12 heures après elles.
ne le sont plus. Par contre, après l’inoculation souscutanée du bacille diphtérique, l'intervention est encore active, même douze heures et dix-huit heures après l'infection.
Roux parvint à déterminer eéxpérimentalement la diphtérie vulvaire chez les cobayes femelles. Si l'injection de sérum a été préventive, on voit, dès le deuxième jour, les lésions locales diminuer, les fausses membranes sé détacher, tandis que chez les témoins la muqueuse est rouge, œdematiée, la température élevée et l’état général mauvais. Si, d'un autre côlé, on injecte après l’inocu:
lation diphtérique le sérum à la dose de 1/10,000"° à
-1/1,000"° du poids de l'animal, celui-ci guérit très bien
et, dès le deuxième jour, on voit déjà les fausses membranes se détacher.
Et, pour se placer autant que possible dans les condi-: tions de la pathologie humaine, il inocule la diphtérie trachéale, après avoir injecté préventivement à un lapin du sérum antitoxique. Dans ce cas, on voit que la maladie ne se traduit par aucun malaise apparent, si l'on a soin d'injecter le sérum antidiphtérique à dose sufti-
-sante. De même, une injection de ce même sérum après
l'infection, arrête rapidement une diphtérie déjà bien développée, pourvu que l’inoculation soit faite assez tôt. La même année, Kossel émit une hypothèse intéres-
sante ; il se demanda si dans certains cas graves, on ne
serait pas autorisé à utiliser la voie intraveineuse pour injecter le sérum, mais il ne relate pas d'expériences à ce sujet dans ses publications. En 1898, Henke publia de nouvelles expériences très complètes, où il démontra une fois de plus, laction curative du sérum.
Comme on le voit, nous avons moins d'expériences de laboratoire pour la diphtérie que pour le télanos; c'est que, de bonne heure, les résultats cliniques ont été très satisfaisants. On trouve noté de temps en temps des observations où l’on fit, dans les cas graves chez I homme, des injections intraveineuses. On eut de bons résultats. Nous étudierons cette voie d'introduction en la comparant à la voie sous-cutanée et à la voie péritonéale. Mais, avant de relater nos expériences, nous devons mentionner certaines recherches qui n’ont pas été courounées de succès, mais dont l'étude était nécessaire.
En présence des accidents nombreux, des inconvénients plus ou moins graves que présentent les injections hypodermiques de sérum (légère douleur résultant de la piqüre, distension du tissu cellulaire par le liquide injecté, accidents inflammatoires locaux, suppuration), on chercha d'autres voies d'introduction pour un agent thérapeutique aussi précieux.
En 1896, Perini rechercha s'il était possible de conférer l'immunité contre la diphtérie, en administrant des substances antitoxiques par la bouche. Il prit des caillots
sanguins (1), qui étaient restés après la préparation du
(x). Les caillots, qui restent après la préparation du sérum antidiphtérique sont toujours riches en sérum et représentent environ les 3/5 du sang extrait d’un cheval. Aussi Perini propose-t-il de recueillir ces caillots, de les sécher, les réduire à l’état de poudre; leur pouvoir
antitoxique, ne serait ni modifié ni diminué, et l’on au-
SEE SSL RE AE ne