‹ Influence de la voie d'introduction sur le développement des effets préventifs et curatifs des sérums antitoxiques: étude expérimentaleChapitre 8 sur 40 · ELA EN · texte numérisé non relu

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dien comme voie médicamenteuse, injecta par voie intrarachidienne du sérum antitétanique. Il n'obtint pas plus de guérisons qu'avec la méthode intracérébrale, au contraire; « d'expériences trop longues à développer, « dit-il, à la Société de Biologie, et qui ont porté .sur « des chiens, nous pouvons conclure que si l'injection « directement cérébrale d’antitoxine, s'est toujours mon- « trée active, là où n'agissait pas l'injection sous-arach- « noïdienne de cette antitoxine à même dose ou à dose « supérieure, il est cependant possible d'enrayer l'évo- « lution des accidents et d'obtenir la survie des animaux « par l'inoculation seulement sous-arachnoïdienne d'an- « Litoxine, mais à la triple condition : d'intervenir dès le « début des accidents ; d’inoculer l’antitoxine à très haute « dose (0 à 60 cc. de sérum chez des chiens de 8 à 10 « kilogrammes) et de la pousser par la voie lombaire. « L'inoculation sous-cutanée de ces mêmes quantités de « sérum à des chiens témoins, reste inefficace. »

La voie sous-arachnoïdienne se montrait donc préférable à la voie sous-cutanée. Blumenthal et Jacob, Ransom, Tsuzuki reprirent ces expériences, mais n'eurent pas de succès plus grands. Blumenthal et Jacob, en présence des résultats peu satisfaisants des injections sous-culanées et intra-veineuses, essayèrent de porter l'antitoxine, sinon directement dans la substance cérébrale, au moins le plus près possible de celle-ci. Ils choisirent la voie sous-arachnoïdienne (Duralinfusion) et voici leurs résul lats. Dans tous les cas, les expériences faites sur ia chèvre furent complètement négatives et ils ne constatèrent pas la moindre influence sur la marche des phénomènes

morbides Ils se crurent autorisés à cette conclusion : la

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toxine télanique est déjà trop solidement fixée dans le système nerveux central, à l'apparition des phénomènes tétaniques, pour que l’on puisse l'éloigner à l'aide de cette méthode.

Alors ils firent une tentative avec la méthode de Roux et Borrel et eurent le même insuccès. Ils trépanèrent une chèvre et injectèrent, quelques jours après l'opération, de la toxine télanique dans le flanc; à la première apparition des contractures directement dans le cerveau une forte dose d’antitoxine (die 2.000 fache Menge). La maladie n'en suivit pas moins son cours et 16 heures après l'injection d'antitoxine dans le cerveau, l'animal mourait.

Et l'on pourrait citer ainsi beaucoup d'expériences contradictoires, mais il est facile de s’apercevoir que toutes les méthodes annoncées avec des succès brillants ont vu, après des séries d'expériences, leurs statistiques diminuer. La voie sous-cutanée, curative d'abord avec Behring et Kilasato, Tizzoni et Cattani, n’est plus maintenant que préventive. La voie intracérébrale ne semble plus donner au point de vue curatif de meilleurs résullals que la précédente, alors qu'elle paraissait la méthode de choix en 1898. La voie sous-arachnoïdienne n'a pas donné à Blumenthal les résultats annoncés par Sicard.

Nous nous trouvons donc en présence de nombreuses méthodes pour introduire dans l'organisme le sérum antitélanique, ou plutôt, nous avons le choix, quand nous voulons injecter de l'antitoxine à un tétanique, entre plusieurs voies. Quelle est la meilleure ? Certes, il est prouvé, maintenant, et c'est la conclusion bien nette qui ressort de la lecture de cet historique, que la sérothéra-

pie du lélanos est préventive, peu ou pas curative.

Loges

« La sérothérapie préventive du tétanos est chose faite. « Remarquez, dit Landouzy, que j'appuie sur l'épithète « préventive. C’est que, en dépit de ce qu'avaient fait « primitivementespérer les injections massives de sérum, « — usitées beaucoup en Italie, — nous n'en sommes « encore qu'au traitement préventif. La sérothérapie « curative est toute entière à reprendre ; pour le tétanos, « comme pour la rage, si nous pouvons prévenir la « maladie à l’avant-veille de son éclosion, la thérapeuli- « que nouvelle nous laisse désarmés contre la maladie « déclarée. L'individu en suspicion voit, après avoir reçu « une injection d’antitoxine tétanique, tomber ses con- « génères à l'écurie ou à l'hôpital, tandis que lui, traité « préventivement, résisie au mal. »

Il est donc intéressant de savoir quelle est la voie qui nous permettra d'agir le plus rapidement sur le tétanos déclaré ou en voie d'évolution, qui nous donnera une immunité plus grande avec une même dose donnée. Beaucoup d’auteurs ont étudié cette question, mais aucun n'a encore fait une étude systématique. Nous avons cru bien faire en traitant, par les différentes voies proposées, des animaux, mis dans un même état d'infection, soumis au même régime, par conséquent, dans un même état de résistance, recevant toujours une même dose minima de sérum. En un mot, nous nous sommes surtout efforcé de nous placer dans des conditions rigoureusement identiques, de façon à avoir des résultats en tous points comparables.

Dans le compte rendu de ces expériences, nous aurons l'occasion de faire allusion aux travaux de nombreux

auteurs qui ont étudié cette question de la curabilité du

télanos par la sérothérapie, el nous verrons que nos résultats présentés à la Société de Biologie, en juillet 1902, sont les mêmes que ceux indiqués par M. le professeur Vallas, au Congrès de chirurgie (octobre 1902),

au point de vue clinique.

II. — Expériences originales sur l’influence de la voie d’introduction dans le développement des effets de l’antitoxine tétanique.

L'animal qui à servi à nos expériences a toujours élé le lapin, animal plus maniable que la souris ou le cobaye, et qui, par sa sensibilité moindre à la toxine comme à l'antitoxine, permet une étude plus facile des différencialions de leurs effets.

Nous avons employé la toxine télanique, qui sert à l’Inslitut bactériologique du professeur Arloing, à la préparalion des chevaux pour la fabrication du sérum antitétanique. La toxine de notre provision s'est toujours montrée extrêmement active, puisque, au début, comme à la fin de nos expériences, elle amenait la mort du cobaye de boo gramimes, en quatre jours, à la dose de 1/10,000 de centimètre cube. Pour le lapin, la dose que nous avons trouvé sûrement mortelle, est 1/4 de c.c. par Kkilogramme de poids vif: c'est cette dose que nous avons injectée à tous nos animaux (après les avoir pesés avec le plus grand soin), toujours par la voie sous-cutanée, pour nous rapprocher le plus possible des conditions

habituelles de production du tétanos chez l’homme.

Le sérum antilélanique nous à été fourni par l'Institut Pasteur; pour ne faire usage que d'un sérum ayant la même valeur, nous avons fait une provision, par le mélange de plusieur flacons, qui nous à servi pendant tout le cours de nos expériences.

Ce sérum était introduit — avec évidemment toutes les précautions en usage en bactériologie — a) sous la peau de la cuisse gauche (la cuisse droite recevant la toxine); voie sous-culanée ; b) dans la grande cavité péritonéale : voie périlonéale; c) dans une des veines marginales de l'oreille : voie intraveineuse; d) dans la substance cérébrale par piqure directe des hémisphères, après trépapalion : voie inlercérébrale. Ces injections, comme l'ont d'ailleurs bien établi Roux et Borrel, sont faciles et permettent, en général sans grands dangers, l'introduction d'assez fortes quantités de sérum (1); e) sous l'arachnoïde cranienne : voie sous-arachnoïdienne, Après trépanation du crâne, à l'aide d'une fine aiguille incurvée assez longue pour aller porter le sérum loin de l'orifice de perforation des méninges; grâce à cetle précaution, et en poussant l'injection d’une façon extrêmement lente, on peut faire pénétrer par cette voie de grosses quantités de sérum. La voie lombaire, préconisée par Sicard comme plus efficace, ne pouvait être employée chez le lapin, pas plus que certains procédés employés en clinique.

Stintging fait les injections de sérum antitétanique dans

(1) Nous n'avons, en effet, eu que très peu d’accidents sur le grand nombre de lapins trépanés. Deux hématomes et encore la deuxième

hémorragie est survenue après la quatrième injection intracérébrale.

le canal rachidien après avoir reliré une certaine quantité de liquide.

Dans une première série d'expériences, nous avons étudié l'influence de la voie d'introduction sur les effets préventifs de l'antitoxine, en injectant le sérum 24 heures avant la toxine, comme lorsqu'on veut déterminer le pouvoir antitoxique d’un sérum antitétanique. Dans une seconde série, nous avons étudié ses effets curalifs en injectant le sérum : a) immédiatement après; b) >, heures après (période d’incubation): €) 4o heures après (fin de la période dincubation, début de celles des contractures) ; d) 48 heures après (tétanos confirmé)

l'injection de la toxine.

1. — Influence de la voie d'introduction sur le développement des effets préventifs du sérum antitétamique

Les lapins reçoivent par différentes voies uue dose de sérum correspondant à 1/10.000.000, 1/1.000.000, 1/00.000. 1/100.000, 1/10.000 de leur poids; ils sont divisés en 5 lots suivant la voie d'introduction du sérum, 3 animaux n'ayant pas reçu de sérum servent de lémoins. 24 heures après le sérum, chaque lapin reçoil sous la peau de la cuisse droile 1/4 de centimètre cube de loxine, par

kilogramme de poids vif.

TÉMOINS Lapin n° 1 Poids 250 gr. Début des contractures au bout de Morten 108 h. 46 heures. — Tétanos généralisé (4 jours 1/2)

en 78 heures.

Lapin n° 2 Poids 2250 gr. Début au bout de 42 heures. — Téla- Morten 156 h. nos généralisé en g> heures. (6 jours 1/2) Lapin n°5 Poids 2400 gr. Début au bout de 4o heures. — Téta- Mort en -

fr ale nos généralisé en 50 heures.

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