‹ Influence des forêts sur le climat et sur le régime des sourcesChapitre 4 sur 5 · Partie non labourée 46,6 0/0 id · texte numérisé non relu

Partie non labourée 46,6 0/0 id

Bassin de Salagou*

45 octobre.

Terres des ^uffes, surface d'un sol inculte et en pente 3 p. 0/0

Terre des Ruffes dans une partie en plaine et à m. 03 c. de profondeur 8 p. 0/0

Bassin de la Dourbie.

éô octobre.

^^ Terre de Mourèze prise à la surface d'un terrain

en plaine, poids 300 grammes.

Après séchage 296 grammes.

Perte 004 gram.

Soit 4,33 0/0

2** Essai dans ce terrain, à 40 c. de prof. 3 p. 0/0

3» Sable pris à la surface d'une roche dolomitique 1 i/2 0/0

4® Terre champ quia servi à nos premières expériences 4 4,8 0/0

Depuis cette époque, nous avons continué nos expériences d'une manière suivie pendant plus d'un an, ainsi que l'indique le tableau ci-après, et constamment nous avons reconnu que l'évaporation du sol se fait plus vite à Tair libre qu'à l'abri d'un bois et surtout d'une forêt.

Mais comme il serait trop long de citer tous nos essais, nous pensons que la preuve la meilleure pour prouver l'heureuse influence des forêts sur les sources est celle-ci :

Que faut-il, d'après M. l'abbé Paramelle, pour qu'une source un peu considérable existe?

Il faut que sur une roche ou couche imperméable repose une couche assez épaisse de terre.

Et on comprend, en effet, que ce sont là les deux conditions les plus essentielles.

La couche imperméable retient les eaux qui se sont infiltrées dans la terre qui est au-dessus ; sans

cette couche, les eaux pourraient descendre à de très-grandes profondeurs et être en partie perdues pour les thalwegs apparents.

Quant à la terre, il la faut assez épaisse pour pouvoir emmagasiner toute Teau, ou la presque totalité de l'eau fournie par chaque pluie; si la couche a peu d'épaisseur, la masse entière est plus vite saturée d'humidité, et toute celle qui est en excédant se rend à la rivière; mais elle s'y rend trop vite, donne lieu à de fortes crues ou à des inondations, et, dans tous les cas, cette eau est entièrement perdue pour les sources.

Dans les parties en pente et déboisées qui entourent les bords de la Méditerranée, la couche de terre est loin d'avoir l'épaisseur qu'elle avait il y a deux ou trois cents ans.

Aussi n'est-il pas rare de voir des montagnes du Midi entièrement arides^ où la roche est à nu, et là où existe de la terre végétale, cette terre n'a le plus souvent qu'une épaisseur moyenne de 20 à 30 cent.

Mais« même en admettant que l'épaisseur moyenne soit de 50 cent., que le sous-sol soit imperméable et que chaque décimètre cube de terre puisse absorber 373 grammes d'eau, ce qui représente 20 p. 0/0 dans de semblables conditions, ce terrain ne pourrait jamais retenir, pendant un orage, au-delà d'une tranche d'eau de m. 20 cent.

En réalité, cette absorption est 4 fois moindre dans le bassin de la Dourbie.

Et nous avons reconnu, par des observations suivies pendant plusieurs années, qu'une pluie de 4à5 cent., tombant dans quelques heures, suffit pour amener

— saune inondation et rendre Teau de la rivière chargée de terre et de limon.

Il ne nous a pas été possible de faire des expériences aussi suivies dans le bassin de Salagou qui touche celui de la Dourbie; mais comme les terres qui recouvrent les versants de ce bassin ont en général moins d'épaisseur, et que, de plus, la roche qui forme le sous-sol est imperméable, tandis que la plupart des roches de la Dourbie ne le sont pas, nous sommes persuadés qu'il n'est pas nécessaire d'une pluie de m. 04 cent, tombant dans un espace de 6 à 8 heures pour amener une inondation.

Ainsi, le 4 décembre 1865, une pluie de moins de 2 centimètres, tombée de 9 heures du matin à deux heures du soir, a suffi pour faire grossir le Salagou, rendre les eaux troubles et convertir en petits ruisseaux presque tous les plis ou thalvsregs formés par les ondulations de la plaine et des parties en pente. Cependant la même pluie, tombée au même instant dans la vallée de Lergue et dans celle de la Dourbie, n'a pas fait changer sensiblement le régime de ces deux rivières.

A une heure, au moment de la pluie, nous traversions la plaine de Salagou ; de la terre prise dans le fond d'un ravin, par conséquent sous l'eau, contenait 23,5 0/0 d'eau.

Dans une vigne en plaine, située à côté et dans Une partie imbibée d'eau, la perte a été de 48 p. 0/0 id.

Deux jours après, la perte de la terre prise dans la position du premier essai a été de 10 p. 0/0 id.

Et celle de la vigne de 12,8 0/0 id.

Si nous comparons ce bassin avec celui de Lampy, nous voyons :

4° Que le premier absorbe beaucoup moins d'eau pendant un orage.

2» Qu'une partie de Teau absorbée est plus vite enlevée par l'évaporation directe que dans celui de Lampy.

Afin de rendre sensible la différence qui existe entre les deux bassins, nous dirons que, quelques jours après un orage, les feuilles qui recouvrent le sol d'une forêt peuvent retenir de 50 à 60 0/0 d'eau.

Et la surface de la terre d'une forêt de 30 à 35 0/0 id.

La terre d'un bois de 48 à SO 0/0 id.

Tandis qu'au même instant, le sol dénudé d'une montagne ou d'une garrigue ne contiendra à

sa surface que 4â à 45 0/0 id.

et souvent même une quantité moindre; car, plus la couche de terre a peu d'épaisseur, plus vite sa température augmente, et plus vite aussi elle perd l'eau par évaporation.

Nous avons fait à ce sujet des observations répétées pendant plus d'une année, et nous avons reconnu que le sol du Salagou se dessèche, dans l'ensemble, plus vite que celui de Lampy.

Mais, d'ailleurs, pendant qu'un sol découvert se dessèche très-rapidement à sa surface, ainsi que le prouve le tableau ci-après, ce même sol ne peut pas absorber et retenir une aussi forte proportion d'eau à cause de sa nature et de son peu d'épaisseur, et nous avons déjà dit qu'il avait moins d'épaisseur

parce que l'absence des arbres empêche la terre de se maintenir sur les pentes.

Gomme suite inévitable de cet état, un terrain dénudé, reposant sur une roche imperméable, aura des sources peu abondantes et très-éloignées les unes des autres.

De plus, cette diminution de la couche de terre sur les pentes donne lieu, pendant Tété, à des sécheresses désastreuses, et pendant les forts orages, à de grandes inondations et le mal que nous signalons et qui provient uniquement de Tabsence d'arbres augmente malheureusement chaque année.

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