‹ Influence des Sciences sur l'humanité des peuplesChapitre 2 sur 6 · IO INFLUENCE DES SCIENCES · texte numérisé non relu

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des séductions au mime, des pièges au rhéteur ; mais rien au sage qui n’apprend, dans le silence des passions,.qu’à chercher la modeste vérité'par l’étude innocente et paisible de la nature.

dLes Romains entraînés par les inspirations de leur orgueil et les prenant pour l’ordre du destinse croyaient appelés à régir les empires,', àvtriompher des nations superbes ,.et, disaient-ils, à protéger les peuples faibles, qu’ils n’en courbaient p aS moins ensuite sous le joug. Ils ont été long-temp s terribles, et ne furent jamais heureux! Les sciences et les arts ne .vinrent pas adoucir dans leur am e une férocité que rendit enfin implacable leur ambition toujours croissante. Vainement un législateur, formé dans la savante école d’un sage dedà Grèce, donne aux Romains des lois pacifiques » première base de leur grandeur,, La force du naturel emporte ce peuple impétueux et dur. Il s e constitue pour la guerre, et pour la conquête qub par le chemin de la gloire, l’entraîne à la servitude. D’abord le carnage n’est à ses yeux qu’m 1 moyen forcé d’envahissement et de domination- Par degrés, le temps en fait une habitude, un besoin, une volupté! C’est trop peu que les soldat 5 s’en repaissent, il faut le faire savourer aux citoyens, aux femmes, aux enfants!.Ce peuple

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da ns ses discours, n’osait pas nommer la mort, la P r end pour son spectacle favori. Rapprochement l Hcroyable ! c’est quand Plaute introduit a Rome ta riante comédie, qu’une barbarie raffinée insti- * Ue les combats de gladiateurs ; et pourtant la tragédie ne peut fleurir chez ce peuple sanguinaire. Eschyle, Sophocle, Euripide, honneur d’un siècle lumières et d’humanité, les catastrophes si frappantes, les malheurs si touchants que vous peignez avec les traits du génie, sont faibles et sans charmes pour les Romains. Ils préfèrent à la vue de vos tableaux -, le spectacle de la réalité même. 11 faut que de vrais captifs, réservés dans les combats pour ensanglanter les fêtes triomphales, soient traînés dans les arènes, jetés aux bêtes dévorantes, °u forcés de s’égorger entre eux.

Voilà donc ces Romains si vantés pour leurs vertus, comme s’il était des vertus qui suppléent a 1 humanité ! Les voilà tels qu ils étaient au siècle Poli d’Auguste. Les voilà tels que n’ont pu les changer les chefs-d’œuvre des Cicéron, des Horace et des Virgile ; des Ovide, des Tibulle et des Catulle; des Salluste, des César et des Tite-Live. Combattre, dompter et détruire, voilà leui sa^ oii et leurs beaux - arts ; aussi tout plie sous leui el f °rt. L’Afrique est déjà leur conquête; la Grece

envahie leur ouvre le chemin de l’Orient ; l’Occident est soumis; ils sont maîtres de l’ancien monde; et l’instant d’après, un seul homme se rend leur maître.

Alors les dieux commencent la vengeance de l’univers. Le proscripteur Auguste fait pleurer s«r César et sa parricide clémence ; Tibère fait regretter Octave; Caligula, Tibère; et Néron, Caligula'- Et le peuple romain, toujours ignorant, toujours féroce ; vendant sa gloire pour du pain, sa liberté pour des spectacles, et quels spectacles! esclave dans ses murs, et tyran dans les provinces; abhorré des peuples conquis, et méprisé des autres petf" pies; assailli de toutes parts, tombe enfin sous l eS coups redoublés des barbares. Il ne conserve p aS meme son idiome et le nom de ses familles. Il $ e perd et disparaît tout entier dans la population des Longobards, des Huns, des Goths et des Vafl' dales.

Revenons un moment à l’époque où l’empir 6 de Rome s’élève sur les débris de tous les autres empires.

Alors les Grecs, chose étonnante, souffrent moins que les Romains mêmes, du despôtis#> e appesanti sur l’univers : il faut expliquer ce ph^" nomène de la civilisation.

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Un respect involontaire pour les chefs-d œuvre du génie, faisait traiter la Grèce avec une douceur inconnue dans les autres proconsulats. La Grèce entière était l’école de la jeunesse patricienne; elle était chérie de l’âge mur, comme nous chérissons les lieux où le savoir de nos maîtres a formé ^os esprits, et préparé le succès de notre vie. Cicéron plaidant avec tant d’éloquence et de sollicitude pour son maître Archias, est 1 emblème et l’exemple de la protection romaine, accordée aux lettres grecques. Les écoles d’Athènes offraient leurs dons à tous les caractères. Un petit nombre d hommes forts, les Cassius, les Caton et les Brutus, allaient s oiis les voûtes du portique, donner à leur âpre vertu, ^ trempe du stoïcisme. Mai$ cette philosophie, qui Montrait aux Grecs à tout supporter en homme , depuis la pauvreté de Diogène jusqu’à l’esclavage d’Epictète, ne pouvait porter les Romains qu’à se Percer le sein, ou s’arracher les entrailles, pour échapper à la privation de leurs biens les plus chers : la îiberté chez eux et la domination chez les autres. La foule des âmes faibles, les Pollion, les Pompo- *ius et les Mécène allaient dans les jardins d’Epic Ure et d’Académus se nourrir dune philosophie Particulière et dégénérée, rendre polie et voluptu euse une existence qui ne pouvait plus être g*o

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rieuse et magnanime. Us s’efforcaient, pour devenu parfaits dans l’art de plaire, de donner à leur un* banité le charme de l’atticisme; de l’atticisme, cette grâce de la simplicité, qui forme son élégance avec les ornements du naturel. Voilà comment ils apprenaient à devenir les plus polis des esclaves, l eS plus sociables affranchis; sans, pour cela, cesser d etre les plus impitoyables des maîtres et les plu s sanguinaires des tyrans.

Franchissons ce long intervalle de désolation ^ d’ignorance, qui vit les peuples de l’ancien mon^ disparaître avec leur civilisation. Hâtons-nous d’af' river à des temps plus heureux, et présentons I e tableau des sciences ramenant par degrés vers l’b*' manité les peuples de l’Europe. Une ère nouvel^ a commencé. De toutes parts l’érudition a recueil les débris, et restauré l’édifice du savoir des anciens. La science a cessé d’être le patrimoine d’un

(i) Ici l’auteur considère les effets de la de'cadence <* eS

sciences physiques et morales, chez les peuples asservis p af les empereurs d’occident et d’orient; le caractère et les eff ets de la philosophie des Arabes ; la destruction de leur emp ir6

dans les Espagnes; les persécutions que les sciences éprouve» 1 * * *

dans ces dernières contrées, et l’influence que ces persécution 5

exèrcent sur les mœurs des enfants de l’Ibérie.

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Seü l empire. Elle ne s’éteint plus chez un peuple a vant de naître chez un autre. Les fureurs d’un Nouvel Omar ne pourraient plus , dans un seul in- Ce ndie, anéantir les monuments du savoir des natio *S. Or, l’ambition qui ne peut plus anéantir, ^rotée du cœur humain, devient l’ambition qui c °nserve et qui protège; ainsi la protection des Pences et des arts devient une arme morale entre ^ es mains des conquérants. C’est déjà l’hypocrisie la force, adorant l’autel du savoir. Mais en meme temps, le jour approche où la concurrence et l’émulation des gloires nationales tourneront le patriotisme des ! esprits supérieurs vers une arène, °U chaque victoire est un service pour l’espèce humaine et un triomphe pour le peuple qui le rend * ^ univers.

L’Allemagne et la France, l’Italie et l’Angleterre mirent dans la lice des sciences, et le même siècle v °it paraître Képler et Galilée, Bacon, le précur- Se ur de Locke, et Descartes, le précurseur de

Newton.

Grâce aux efforts de ces grands hommes, de Proche en proche, la marche sûre et 1 esprit ri-

§°Ureux des sciences exactes, sont étendus à toutes les branches des connaissances humaines, même

a i analyse des facultés et des opérations de notie mtendement.

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La philosophie naturelle, en élevant ses théo ries jusqu’aux sujets les plus hrillants et les pl uS sublimes, n’a point dédaigné, pour cela, les,m te ' rets de l’humanité souffrante et pauvre. Pendant plus d’un siècle, elle lutte avec mille préjugés? pour soustraire l’enfance à ce fléau contagieux fl 111 ne respecte ni l’âge, ni le sexe ; qui tantôt donn e la mort et tantôt la difformité. Chantres des grâces? vos inains errantes sur le luth et sur la lyre cél e ' brent la beauté ; mais les nôtres l’empêchent d’êtr e flétrie avant d’éclore et d’avoir inspiré votre g e ' nie. Quels bienfaits répandus sur les infortuné privés, par la nature, des sens les plus importa^ 5 à la sécurité, au bonheur de l’existence! Cert^’ ce n’est ni par la poésie, ni par l’éloquence, ^ l’idéologie a pu s’ouvrir la route à l’entendem^ ot et au langage des sourds et muets. Voyez CP** 1 ' ment cette science, en combinant les percepti0 IlS du tact et du goût, de l’ouie et de l’odorat, sup plée à la privation de la lumière dans l’éducati 011 et l’instruction des aveugles. Comment, grâce * ses progrès et à ceux de la physiologie, on ad° u cit et rend efficaces les traitements par lesquels ofl ne faisait jadis que rendre de plus en plus aliéné’ lys malheureux privés de la raison.

D’autres sciences produisent- d’autres bienlad"

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L’optique nous conserve la vue des objets, tantôt des plus lointains , tantôt des plus rapproches. La mécanique supplée par ses ressorts ou ses appuis à la perte de nos membres : ici, plie le lit du malade à tous les mouvements q ui peuvent épargner

la douleur; là, soustrait la couche du patient à tous les mouvements qui peuvent troubler le repos, et retarder l’effet réparateur de la nature; ailleurs, invente des instruments variés pour des operations où la souffrance et le péril sont réduits aux moindres chances comme à la moindre durée.

Entrons dans le réduit du pauvre. Qu’unefausse délicatesse ne révolte pas nos esprits, au récit de bienfaits trop vulgaires peut-être aux yeux de l’opulence, mais sacrés pour l’humanité reconnaissante. Qui donc a découvert pour le pauvre, et naturalise pour lui, dans nos climats, cette racme dont la pulpe blanche et pure remplace avec abondance le pain noir de la misère! 1 Qm donc a tire po lui des sucs nourriciers, de l’ossature meme des animaux? Qui donc a trouvé des moyens econoiniques de le chauffer, de le vêtir, de le mettre a l’abri de l’injure des saisons? Enfin, qui don

s’efforce à tout distant de tarir la source de a

pauvreté même, en variant, en rnultipUarit moyens de travail pour employer, selon son adresse

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et ses forces, le vieillard, la veuve et l’orphelin ■ Qui, Messieurs! c’est la science. Certes, il est beau» il est sublime, de prêcher la charité ; l’éloquence n’a pas de plus sacré ministère. Mais s’il nous fallait donner le prix entre l’éloquence qui nous invite à bien faire, et la science qui fait le bien sans invitation? De que côté tomberait votre choix? Ce n’est pas à votre esprit, c’est à vos cœurs que j’en appelle ! et je suis sûr de leur réponse.

Le sentiment qui nous porte à secourir nos seulblables, a besoin lui-même d’être éclairé par les sciences morales et politiques, pour ne pas produire des effets entièrement opposés à son objet si digne d’éloges. Ainsi la charité de la grande Elisabeth, sublime dans ses motifs, a couvert la plus industrieuse des contrées d’une lèpre dévorante, que les Anglais désignent avec effroi sous le nom de paupérisme. Vainement les sciences et les arts offrent chaque année de nouveaux moyens d’occuper les bras oisifs; la prime de l’aumône a des encouragements plus puissants que les découvertes du génie; et la misère individuelle de la plus riche des nations, augmente avec encore plus de rapidité que les ressources de son commerce, •de son agriculture et de sou industrie.

Parlons maintenant d’autres services rendus p» r

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la science à la société. En créant l’arithmétique Politique, elle a jeté les fondements de la science économique; elle a donné des idées justes sur les moyens d’enfanter, de développer et de conserver la richesse des nations. Elle a répandu sa. lumière s ur des transactions importantes, et privées et publiques. Par la théorie des probabilités, les événements les plus fortuits en apparence, les incendies et les naufrages ont été calculés et limités dans leur nombre probable. Par un léger sacrifice de tous les intéressés, on a détourné de toutes les têtes, des malheurs qui jusqu’alors détruisaient l’aisance et la félicité d’une fbule de familles iso¬

lées. Enfin la théorie des échanges a fait voir que le commerce n’est pas, comme on l’a prétendu , défavorable pour un peuple, par cela même qu .1 est favorable pour un autre : seulement il est profitable, a des degrés qui varient suivant les lumières, l’adresse et l’activité des parties contractantes^ Ainsi, par les calculs positifs delà science, bien Plus que par les exhortations vagues d une louab Philantropie, les hommes ont appris que leurs prospérités sont essentiellement amies, l 'l-T‘e c * Se prêtent un mutuel secours. Cette vérité 11 Pas encore assez répandue pour avoir force d autorité. Mais elle est hors de.doute dans les espn

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