‹ Influence du cerveau sur la forme du crâne, difficultés et moyens de déterminer les qualités et les facultés fondamentales, et de découvrir le siège de leurs organesChapitre 9 sur 17 · PARTICULIER · texte numérisé non relu

PARTICULIER

Ceux qui së Rappellent ^aperçu liistorîqüë dé îiies découvertes , ne s’attendront pas a ëé que je traite les instincts > lés pehclians, les senti-^ mens et les facultés dans le même oFdre dans lequel je les ai découverts.

Je tâcherai de me conformer, autant qü’il înè Sera possible ^ à l’ordre tél qu’il existe à-peu-près dans l’organisation du cerveau humain, je m’occuperai d’abord des penchans où des qualités inférieures 5 sttccessivement je passerai aux qua-îités et aux facultés qui revêtent de plus en plus un caractère de noblesse ^ et je finirai par le sentimentle plus élevé , par celui de rendre hommage à la divinité. Cette marche nous conduira à la seule vraie philosophie, à la connaissance détaillée de l’homme j et elle nous fournira des solutions lumineuses des questions du plus grand intérêt.

Dij CERVEAir^

instinct (i), de la génération , de la reproduction; instinct de la propagation i instinct vénérien.

Je commence par celle des fonctions de l’organisme vivant , sur laquelle reposent rexistence et la durée des espèces. Le preniier et le plus universel de tous les commandemens fut : croissez.et Pourquoi donc user de détours

lorsqu’il est question du plus indispensable de tous les instincts, de l’instinct qui domine tous les autres , et à l’aide duquel l’une des moitiés du règne animal se confond avec l’autre dans les délices d’une inexprimable jouissance ?

Considérons ce pencbaiit avefc toute rattention que mérite sa Haute destination fsuivons-le, tant dans ses actes réguliers, que dans ses égaremens. Quoique ce ; §u jet, objet des méditations de tant de natut^istes, ait été traité, mille fois, il fournit .encore des résultats nussi. neufs qu’importans pour le pHjsjologiste , pour le rnédecin , pour l’instituteur et pour le.moraliste.

En: traitant rhistoire naturelle du pencHant à la propagation , ou de rinstinet de la reproduc-

( I ) ZeugungstriebjFortpflanzungstrîeb , Gescblechlsff’reb.

226 Strk tES EONCTIOÎÏS

tion, je prouverai qu’il n’a ni son origine, ni son siëgedans les parties sexuelles. Je dëmon-^ trerai que ces parties sont subordonnées à une puissance supérieure , au cerveau , et que par conséquent, c’est dans le cerveau qu’il faut cherclier tôutce qui a rapport à cet instiact, tant dans l’état de santé que dans l’état de maladie^ que c’est le cerveau qui explique tousles phénomènes qui le concernent J que c’est le cerveau qui règle tout ce qui y a rapport ; que c’est en agissant sur le cerveau qu’il faut modifier les diverses manifestations de cet instinct.'

JJ instinct de la reproduction est une fonction du cerveau f et n appartient nullement aux , parties sexuelles.

Souvent déjà nous avons vu que les natüraîis-^ tes attribuaient aux instrumens exécuteurs ce qui est dû aux organes législâtèurs. On attribuait la cabane du castor à sa queue , l’intelligence de l’éléphant à sa trompe , la peinture, la sculpture, et toutes les facultés intellectuelles de l’homme à ses cinq sens y parliculièremeùt à ses mains.

Par une raison plus forte , l’on imputait à l’influence des parties de la génération sur le cei’veau,ou même à ces parties seules, ce qu’on

IDtr CERVÊA-tT.

aurait du imputer au cerveau et à son influence surles parties sexuelles ^Puisque l’on chercliait le siég^e des instincts et des penchans dans les ganglions et dans les plexus du bas-ventre et de’ la poitrine , qui n’aurait pas place flinstinct de la génération dans les instrumens que l’on voyait seuls jouer un rôle dans cette fonction?

Il J avait cependant un moyen d’étre averti de son erreur. L’on voyait de temps en temps d.es enfans de deux ^ trois , quatre , cinq ans , t>ù les parties séxu elles n’étaient encore nullement développées, pù il n’y avait encore aucune sécrétion d’une îiqupur irritante , être portés. impérieusement vers l’autre sexe et s’adonner aveuglément à l’exercice de la volupté. L’on voyait des vieiliards des deux sexes, chez qui la source du prétendu excitant était tariez être tourmentés par des désirs que le flasque rétrécissement de leurs parties sexuelles ne permettait plus de satisfaire. L’on avait vu des castrats et des eunuques reclierçber encore avec ardeur les jouissances vénériennes. Les physiologistes avaient même consigné des faits qui démontraient que des femmes privées de la matrice par vice de conformation primitive J n’avaient pas moins ressenti i’aiguilloo de la chair.

L’on s’est, de tout teriips, beaucoup occupé des changemens que l’époque de la puberté

228 SUR LES TONCTJOHS

upère dans l’existence totale du jeune liomme et de la jeune fille. Voyant le développement et Factivité naissante des parties sexuéUes , l’on se faisait illusion/et l’on croyait que les fâCullés mb-^ râles et intellectüelies qui commencent à Se nianifestéi* avec plüS d’énergie dans cê même moment, étaient subordonnées aux Otgânès de la génération. Mais on avait tout-à-fâit perdu de vue le cerveau , dont diverses parties acquièrent à la même époque un surcroît de développement et d’énergie. G’êst la seule raison pourquoi le garçon et la fille cessent d’être énfens f pourquoi lés forces morales et iatellectuelles se manifestent avec plus de vigueur j pourquoi cette activité se peint dans Féelat de leurs yeux et dans l’expression de tous leurs tràils , etc. , etc.

G’est encore la raison pourquoi l’âdolçscènt et la fille nubile conservent chacun leur càràctèré propre d’homme Ou de femme,' nonobstant le même changement opéré dans les parties sexuelles à l’époque de la puberté.

C’est encore la raison pourquoi certains crétins et certains idiots nè sont pas moins imbécîïes , quoique leurs parties sexuelles soient parfai femént développées et que l’exercice de leurs fonctions soit très énergique.

G’est encore la raison q)ourqüoi quelquefois des enfans , a l’âge de trois, cinq ans, avant les parties sexuelles parfaitement développées , et

étant impérieusement portés à l’acte vénérien^ restent pourtant enfans sous tous les autres rapports.

Tous ces pliénomènes n’auraient-ils pas du désabuser les physiologistes et leur faire chercher les changemens moraux et intellectuels observés à cette époque, ailleurs que dansraclion des parties sexuelles ?

Je vais rapporter quelques passages de l’ouvrage de M. Georget, où il parle des sympathies des organes cérébraux, T. H., p. etsuiv.On jugera facilement qui a le premier fait naîlr^ ces idées.

« Avant d’entrer dans le détail des faits , ditil , remarquons que s’il s’agit d’un penchant , d’un désir, d’une passion, c’est dans le cerveau que nous aurons à en chercher le siège immédiat j car cet organe seul est l’instrument des facultés intellectuelles et affectives, du moins chez l’homme et les grands animaux ^ Tamôur , le désir de Tunion des sexes est donc dans le cerveau. Seulement il peut exister ailleurs un excitant, un besoin quiévèille par influence sympathique , ce désir, ce penchant. Et tantôt alors le désir naîtra le premier, uniquementpar la force cérébrale, et provoquera le besoin; tantôt, au contraire, celuici sera le moteur de celui-là. Ce sont précisément là les rapports des organes génitaux et du cerveau.

23o sur les EONCTIOKS

» I®. Action du cerveau sur les organes géni-^ taux j désirs vénériens naissant directement de V action cérébrale.

)) Je ne crains pas d’avancer un paradoxe en soutenant que les causes les plus nombreuses et les plus puissantes des désirs vénériens ont leur source dans l’action même du cerveau. Les propositions suivantes en sont des preuves incontestables.

» i®. Le désir vénérien est un phénomène cérébral,

« 2®. Les fonctions génitales sont en très grande partie sous l’empire de la volonté ; Je ne crois pas que le penchant à l’union des sexes soit jamais tellement irrésistible, que l’individu ne puisse y résister, du moins momentanément. D’ailleurs il suit la loi commune aux autres pen« cbans, qui acquièrent d^au tant plus de pouvoir et d’influence sur la raison qu’ils sont plus énergiques,

« 3®, Les désirs vénériens , et l’action de l’appareil organique destinée à les satisfaire,, présentent dans leur développement, leur marcbe, leur terminaison, des phénomènes analogues à ceux que présentent les autres penchans, les fonctions qui sont sous la direction immédiate du cerveau, ^nsi, ces désirs et çétte actions

BU CERVEAU-

tout-à-feit nuis à la naissance et pendant lés premiers temps 4® l’existence, commencent à se manifester plus ou moins vite, plus ou moins fortement dans les années qui précèdent la pubertéj de cette époque, qui arrive en général de douze, à seize ans, quelquefois plus tôt, quelquefois plus tard, selon les dispositions particulières, les sexes, les climats , jusqu’à quarantecinq ou cinquante ans , ils sont dans leur plus, grande énergie^ ils vont ensuite en décroissant^ et finissent par s’affaiblir et s’éteindre à mesaire que le cerveau perd de sa force, et en même temps, que les autres passions.

» 4°- Les causes les plus fréquentes qui éveillent les désirs vénériens, qui excitent les organes^^ génitaux , les situations de la vie les plus propresà produire cet effet , sont les idées , les conversations, les lectures lascives, des affections gaiesÿ les réunions de sexes difîérens, telles que spectacles , sociétés, bals , etc. j la vue de personnes du sexe opposé j des rapports plus ou moins directs, des attoucbemens , etc. Il est bien certain que l’excitation génitale, dans la grande majorité des cas , est précédée de l’idée, de la pensée de la jouissance désirée; c’est alors que l’on sent co trouble de l’intelligence, ce feu brûlant qui semble couler dans les veines et se porter au lieu 4n4açrifice, que Voji est pris de ce fi-issonnemeiilb

z32 sur les fonctions

qui annonce une forte de' termination partie du centre sensitif. Et , au contraire, les causes qui font oublier, rester dans l’inaction le besoin de îa reproduction, sont la solitude, ou plutôt une société peu nombreuse, l’éloignement des sexes , l’absence des circonstances qui retracent des tableaux voluptueux, tels que romans , livres où sont des peintures vives et animées de l’amour , l’occupation continuelle de l'esprit à des travaux qui fixent Fattenlion , les fiitigues musculaires , les affections morales tristes , l’ennui , le dégoût, la possession du même objet, etc.

» 5®. Pendant le sommeil, le cerveau a un tel empire sur les organes génitaux, qu’il suffit de rêves voluptueux pour exciter l’éjaculation. « Et si l’excitation directe des organes génitaux , dit Cabanis, est souvent la véritable source des tableaux voluptueux qui se forment dans le cerveau pendant le sommeil, c’est aussi très souvent de ces tableaux seuls que l’excitation de ces mêmes organes dépend (i). Pendant le sommeil l’imagination a une puissance plus étendunsur certains organes,- par exemple, sur ceux de la génération , parce que dans cet état le cerveau ne recevant plus d’impressions externes , les im-

(i) Sappom, etc.j iome I, page 54.0.

BU CERVEAU. 233

pressions internes sont plus vives ou plus dominantes (i).

M 6°. La pensée, l’imagination influent bien manifestement sur la puissance vénérienne , sur la promptitude et la vivacité des jouissances vénériennes; ces jouissances sont plus ou moins vives , promptes, faciles , possibles même, selon les dispositions d’exaltation ou d’indifférence, de désir ou de dégoût, etc. Les exemples se présenteraient en foule pour appuyer cette proposition.

» 70. L’excitation cérébrale légère que produisent les liqueurs alcQoliques, le café, réveille le penchant amoureux; l’ivresse l’éteint. Entre ces deux états il en existe souvent un autre fort remarquable, ce sont des désirs violons, mais sans véritable besoin, une excitation purement cérébrale avec le calme, l’inaction la plus absolue des organes génitaux,

» d®. On connaît les effets des prétendus charmes, sorts, etc., jetés sur de nouveaux conjoints dans les temps d’ignorance et de superstition; on connaît les succès des noueurs et dénoueurs d’aiguillettes, etc.

» 9®. Les praticiens ont observé des phéno-

(i) Id. T. II , page 184,

s34 I-ES FONCTIONS

mèaes génitaux dans des affections eerébraïes:^ Ainsi i’érection chez riiomme a été observée pai? jBicbat, à îa suite de commotions cérébrales; elle n’est pas rare dans l’ataxie; M. Serres l’a vue dans àeu^ cdis d^ affection du cervelet J dontl’ùn était un épanchement de sang , et l’autre une inflammation. On sait que les pendus pTésententfréquemment ce phénomène, et que des individus ont été assez dépravés pour chercher à se procurer des jdouissances par un moyen aussi odieux.

» ro^'. La saignée, l’affaiblissement des penehans et des passions par les macérations, les jeûnes , le régime végétal , l’usage de l’eau seule pour boisson, diminuent et finissent par faire oublier le$ désirs charnels y surtout chez les personnes qui n’en sont pas naturellement tr^ tourmentées.

» II®. M, Gaîl place le siège de l’amour physique dans le cervelet. C’est peut-être le point de îa doctrine sur îa pluralité des organes cérébraux et leurs fonctions particulières , en faveur duquel M. Gaîl a réuni le plus de preuves. L’observation de M. Serres est ici de quelque poids. M. Larrey en cite une d’un militaire qui, après avoir reçu un coup de sabre sur la nuqne, ne ressentit plus jamais aucun désir vénérien. Hippocrate assure que les Scythes se rendaient im-~ P uissans en se coupant les veines qui sont derriè'*^

DIT CERVEâtf.

re les oreilles; cette tradition, qui n’est sans doute point vraie quant au fait qu’elle nous transmet, indique pourtant qu’on avait saisi quelques rapports entre la nuque et lea organes génitaux. Ferrand (de la Maladie d^amour ou Mélancolie érotique) assure que des médecins ont retiré des avantages de l’application de sangsues à la nuque ou derrière les oreilles, chez les malades atteints de cette affection. Enfin j’ai vu à la Salpétrière une de ces femmes à tempéra-’ ment ardent, dont toute la déraison consistait en des désirs vénériens des plus impérieux ; avant d’entrer dans l’hospice elle avait plusieurs fois supporté, provoqué les approches de dix, douze ou quinze hommes dans un jour. Pendant son ■séjour, elle était très souvent prise d’une forte douleur à la nuque, en meme temps qu’elle ressentait ce vif penchant à l’union des séèés; qu’elle satisfaisait par la masturbation, à laquelle elle se livrait jusqu’à dix ou douze fois par jour; ce qui la soulageait beaucoup, ne lui causait aucun accident, et faisait disparaître immédiatement la fiouleur delà nuque.

» 12". Un fait très important, et bien propre à éclairer la question qui nous occupe, est celui* ci : il est d’observation que la diminution et l’extinction de la possibilité du coït, chez l’homipe (chez la femme on ne peut s’assurer de cette

remarque), pre'cède constamment la diminution et l’extinction des désirs ;vénériens ; c’est ce que l’on voit arriver naturellement chez les vieillards , et accidentellement chez les libertins, dont les organes génitaux ne sont plus excitables à force d’avoir été excités. Les vieillards qui n’ont pas la prétention de donner pour un acte de sagesse ce qui n’èst réellement que l’effet de rimpuissance , conviennent sans peine de cette vérité j et il n’est personne qui réait été à meme d’observer la situa* tion triste^et misérable de ces malheureux dont les organes génitaux, flétris et comme inertes, né peuvent plus répondre en aucune manière à l’action cérébrale raa.nifestant des désirs vénériens d’autant plus pressans , qu’il est moins possible de les satisfaire. -

IL Âction des organes génitaux sur le eeri>eau ;

désirs, vénériens exeités par Vaelion de ees or^

ganes.

» r°. L’état d’érection excite ordinairement les désirs vénériens , soit par la sensation agréa» ble ou de gêne qui Faccompagne , soit en ra[)pe= lant à l’esprit l’image de la jouissance dont cet état est une condition. Tantôt, comme nous venons de le voir, elle naît de rinfluence cérébrale , mais d’autres fois ce sont des circonstances

purement locales qui la provoquent , telles que des altouchemens , le frottement de la muqueuse du gland ou du vagin. Toutefois il est bien digne de remarque que Tacte vënërien ainsi excitë , est beaucoup moins ardemment dësirë que lorsque le cerveau en est le premier provocateur, à moins que le besoin n’ait le pouvoir de réveiller lé désir dans toute son énergie.

» 2^. La plupart des maladies génitales n’ont aucune action sûr le CerVeaü, eomme excitans vénériens. Lors même qu’ elles Causent l’érection , comme on le voit dans certaines phlegmasîes dé l’urètre, dans l’irritation du col dé la vessie par l’Usage de cantba rides , cet état est plutôt douloureux, pénible, qué propre à porter aux plaisirs de ramour.,

» 3°. L’action delà chaleur sur les Organes génitaux favorise Fér'aétion j lé froid produit Un effet contraire.

» 4°- Les plïysidlogistés qui ne veulent tenir aucun compté deTinfluence cérébrale sur lès organes génitaux, et rapportent tout à ces orgânes , s’appuient béaucôüp dés résultats dè la 'castra^lion. Il est en effet certain qüè lés personnes auxquelles on a enlevé les testicules de bonne lièure , présentent des phénomènes fort remarquables. Il nfost pourtant pas absolument vrai que ces personnes soient entièrement sans désirs véné-

^38 SÜft. LÉS FONCTIONS

Tiens : on a de nombreux exemples du contraire; Les eunuques ou castrats ne présentent point les caractères de la virilité j ils conservent la coin* plexion féminine. Gomme les femmes , ils ont la voix enfantine , leur système pileux ne se développe point à la figure ni au thorax. Le cerveau reste chez eux sans énergie morale et intellectuelle, et comme les êtres faibles , les eunuques sont faux, dissimulés, trompeurs, vindicatifs. Narsès est peut-être la seule exception qu’ait offerte cette classe malheureuse j par ses exploits et son courage, par son caractère, il se montra l’égal d’un grand capitaine. Les eunuques , ainsi que les animaux châtrés, engraissent promptement. Ces derniers, comme les premiers, n’oat point ou perdent les signes propres à leur sexe. Bien plus, quelques animaux, mais les mâles Seulement , éprouvent des changemens très marqués lors delà saison des amours j ainsi le bois du cerf croît d’une branche, certains oiseaux sont parés d’une hüpe, et leur voix retrouve la faculté de chanter.

» Un fait ne peut anéantir un autre fait, et, bien que lés testicules influent , n’importe cbmmenf^ sûr le cerveau,, il n’est pas moins certain que cet organe ést le siège du désir vénérien, et devient le plus souvent la cause excitante qui provoque le besoin de f union des sexes. Tout

t»tr CERVÊÀtj.

âë méiïie, les muscles et l’intégrité du cordon raclaidien sont essentiels à l’exercice des mouvemens volontaires, quoique le principe de ces mouvemens , leur point de départ réside dans le centre des voûtions. Je n’entrerai ici dans aucune explication , parce que j’avoue que mes réflexions sur cet objet ne m’ont conduit à rien de satisfai- -sant touchant la nature des rapports des testicules et du cerveau.

« L’on a voulu trouver aussi chez la femme* une partie de l’appareil génital qui correspondît au testicule, pour le siège du besoin de l’union des sexes, et la plupart des auteurs se sont dé-^ clarés en faveur de l’ utérus. En sorte qu’ils pla»cent dans cet organe toutes les maladies érotiques ou prétendues érotiques; de-là les noms de Jïireur utérine , dC hystérie^ de suffocation de matrice , par lesquels ils les désignent. Mais ici,non-seulement aucun feit ne rend la chose probable, il en existe qui prouvent évidemment le contraire : ainsi, l’on a observé des femmes privées d’utérus et extrêmement portées aux plaisirs de l’amour. Le clitoris a été regardé par quelques uns comme étant chargé de cette fonction; Moschio, Aibucasis, Ferrand, en conseillent l’excision dans certaines affections libidineuses, M. le professeur Dubois prétend avoir retiré du succès de cette opération chez une jeune nym-

240 sua iiES FONCTIONS

pîioraane. Cependant personne ne suit la pratique de ces observateurs , probablement parce qu^’on n’en espère rien de bien avantageux.

11 suit de ce qui vient d’être dit^ que toute exaltation morbide des de'sirs vénériens est une véritable monomanie , dont le siège ne peut être que dans le cèrveau, et dont la cause, comme celle des désirs vénériens, doit le plus souvent être cérébrale. Je suis bien convaincu que, dans cette circonstance, les organes génitaux ne sont que secondairement excités, qu’ils ne sont que les complices du cerveau. Remarquez en effet, i®. que cette maladie a lieu précisément à l’aide des cir-^ constances que nous avons considérées comme des excitans cérébraux : ainsi c’est dans les grandes villes, dans le grand monde, dans les classes qui fréquentent les spectacles , les bals, les sdcié-- ’^tés, qui lisent des romans, qui n’ont aucune occupation qui les distraye ou les fatigue, qu’on rencontre des nymphomanes ; on sait à peine ce que c’est dans les campagnes , les petites villes , * où , pourtant , le besoin de Tunion des sexes est aussi bien senti que dans ces conditions. 2°. Que' la masturbation qui éteint , satisfait le besoin , n’ést ici presque toujours d’aucun secours, parce que ce sont des désirs particuliers, comme de posséder tel ou tel objet. 3®. Les tommes dont l’irnagination n’est en général que très- peu occu-- '

BU CERVEAU

^ée de ces sortes d’idées ne sont point non plus sujets à cette affection quoicjue, selon moi, ils aient des besoins pltis pressans, plus forts que les femmes* Nous reviendrons d’ailleurs sur ce sujet dans la partie de cet ouvrage réservée à la patho* logie. Les auteurs confondent avec cette maladie une autre affection qu’ils placent également dans les organes génitaux , dans Futérus^ quoi^ qu’elle n’ait le plus ordinairement aucun rapport avec elle, et que, seulement, elle la reconnaisse quelquefois pour cause, je veux parler delà prétendue hystérie. tJn fait bien remarquable aurait pourtant du frapper les médecins, et les éclairer sur le siège de ces maladies : c’est que les affections des organes génitaux, de l’utérus ou du vagin, du pénis, du testicule ou des ovaires, aiguës ou chroniques , telles que cancers , sipbilis , blennorrhagie, hydrocèle, sarcocèle, hydro-^ pisie des ovaires, tumeurs utérines de toutes sortes , restent plus locales que toutes autres, ne se manifestent souvent que par des incommodités locales, ou meme ne se rencontrent qu’après la mort, ayant été ignorées pendant la vie.

» M. Esquirol a connu une dame âgée de cinquante ans, dont les règles avaient cessé de paraître depuis un an , chez laquelle l’écoulement reparut et dura plusieurs années, par l’effet

d’une passion amoureuse vive qui vint troubler son repos. ».

Déjà dans le premier volume, p. 887, M, Georget avait démontré que la volupté vénérienne est une sensation, une perception cérébrale j que tous les phénomènes qui y ont trait, sont également cérébraux, et que le sperme paraît uniquement destiné à exciter la vitalité du germe. « La jouissance vénérienne , dit-il, peut être considérée comme une joie extrêmement vive et de courte durée f c’est le plaisir le plus vif, la sensation la plus délicieuse dont soient susceptibles les êtres sentans. La nature a semblé, par-là, vouloir attacher un attrait puissant à l’acte important et universel de la reproduction»

» L’animal en rut, l’homme dans l’attente du plaisir, sont tourmentés du désir de satisfaire un besoin devenu impérieux , irrésistible; toutes les idées sont absorbées par celle-là ; la pensée n’a plus de force ; quelquefois la raison en reçoit du légères atteintes ; c’est une véritable monomanie momentanée... Les males, dans les espèces qui ne se marient que passagèrement , se Hvrent souvent des combats sangians pour obtenir la possession d’une femelle; d’autres parcourent des espaces immenses pour le même objet; l’homme pe le cède souvent en rien aux animaux dans d&

bti CEÎl^EAtj* â4â

pareilles circonstances. Immédiatement avant la consommation de l'acte reproducteur , l’esprit est dans une sorte de rêvasserie , de mélancolie douce 5 il semble goûter à l’avance ce plaisir toujours impatiemment attendu, et qui doit le plonger dans un océan de délices; la respiration est lente, expirante, entremêlée de longs soupirs , de soupirs sanglotans ; le système muscu-ilaire estaffaibli..* PendantTacte vénérien, la sensation voluptueuse va toujours croissant jusqu’au moment où l’ébranlement nerveux devient tel qu’il offrirait tous les caractères d’une affection grave, si l’on n’en connaissait la cause; toutes les facultés cérébrales sont anéanties ; la pensée est nulle; les sens sont insensibles aux impressions des objets ; l’insensibilité est générale et profonde, en sorte qu’on peut couper certains reptiles accouplés, sans pour cela les séparer ; souvent le système musculaire entier est pris de spasme ^ de roideur ^ de convulsions; c’est quel-r quefois une syncope véritable^ un état voisin de répilepsie.4.

« Immédiatement après la cessation de cette volupté convulsive j de Celte surexcitation cérébrale, succède un état tout opposé, un affaissement général , proportionné à l’étendue ^ à l’activité du mouvement qui l’a précédé, aux dispositions du sujet, etc- JLes facultés de l’esprit, les

forces musculaires tombent dans un collapsuâè bien remarquable j les yeux, naguère, si vifs j sont mornes, languissans; la physionomie exprime l’apathie, la tristesse, l’ennui, l’étonnement; le dégoût remplace les désirs; ordinairement alors l’objet qui tout-à-l’heüre captait toutes les affections, n’inspire plus que de l’indifférence , de Téloignement, quelquefois meme de l’aversion; c’est aussi alors que l’auteur delà Nouvelle Héloïse pense que la femme peut s’assurer si l’homme est conduit vers elle par quelque autre sentiment que par celui delà passion que le même instant voit éclore et disparaître, et si la tendre amitié ne comblera pas de sa douce influence le vide affreux que cette passion laisse lorsqu’elle est satisfaite. »

Tout confirme donc la proposition, en apparence si paradoxale, que tous les phénomènes qui se rattachent aux fonctions des parties sexuelles, ont pour centre de réanion le cerveau.

Examinons maintenant quelle est la partie cérébrale qui préside à l’instinct de la génération»

DitJ CERVEAU. â45

eepi’elet est V organe de l^instinçt de loi génération.

Personne ne soutiendra que le penchant à la propagation ou l’instinct de la génération , soit un produit artificiel de la volonté, de l’entendement, de l’éducation, ou d’une influence extérieure quelconque. Ainsi je ne m’arrêterai pas à prouver que cet instinct est une force indépendante , un penchant propre existant par luimême. Je n’exposerai pas non plus son histoire naturelle, qui, d'un côté, est suffisamment connue de tout le monde, et d’un autre côté m’entraînerait dans des détails d’histoire naturelle presque inépuis^fles. Je passe donc de- suite à l’essentiel , en commençant par faire concevoir a mes lecteurs comment m’a pu venir cette idée , ai^i étrangère aux principes physiologiques qu’4. ^opinion générale.

Historique de là découverte que lè cervelet est V organe de Vinslincl de la propagation.

Une jeune veuve se trouva attaquée, peu après la mort de son mari, de mélancolie et de "violentes convulsions. Ces accès étaient, précédés une tension, et un sentiment de cjhaleur très.

désagréables dans la nuque. Quelques instàns acres, elle tombait par terre dans un état de roideur, jusqu'^àce qu’enfin la nuque et la colonne vertébrale fussent violemment retirées en arrière* La crise ne manquait jamais de se terminer par une évacuation qui avait lieu avec les tressaille-, mens delà volupté, et dans une véritable extase j après quoi, çlle restait sans attaques pendant quelque temps.

Plusieurs fois je lui soutins, avec le plat de la main, la nuque, durant ses accès, et j’y sentis une forte chaleur ; mais j’y remarquai surtout une proérainenee bombée très considérable. Plus tard, cette daine m’avoua que depuis son enfan.^ ,€e illui avait été impossible de résister à un besoin impérieux , et que dans les momens où ses désirs étaient les plus pressans, la tension et la sensation de chaleur brûlante dans la nuque pincommodaient le plus.

Ces circonstances réveillèrent mon attention. Je me rappelai avoir remarqué des symptômes semblables dans des cas pareils , et je ne tardai pas à apprendre que des personnes d’un tempe-* rament très ardent éprouvent dans la nuque une tension et une sensation de chaleur, dans certaines occasions, et surtout après des émissions excessives et inconsidérées, ou après une çog-* linenee prolongée.

Apollonius de Rîiodes dit, en parlant de l’a^ mour passionné de Médée :

« Le feu qui la dévore s’attache à tous ses nerfs, et se fait sentir jusque derrière la tête, dans cet endroit où la douleur est la plus vive lorsqu’un amour extrême s’empare de tous les sens (i). » , - ^

"Van der Haar avait déjà appelé ratteDlioiî des médecins sur la connexion quL existe entre certaines affections maladives des parties géni^ taies, et des raouveniens convulsifs , et des tré-^ moussemens des muscles , accompagnés^ de douleurs eX de sèntimens de chaleur dans la, nuque.»

Tissot a consigné jdes observations du même genre. Un horloger de dix-sept ans , toutes les fois qu’il provoquait une éjaculation par l’onanisme , perdait connaissance pour quelques instans, et éprouvait des mouvemens convulsifs dé la tête, qui était violemment rëticéé en arrière-,, et son cou enflait. Pendant tout lé temps de ces accès, qui finirent par devenir habituels chez lui, il sentait de violentes douleurs, dans toute la partie postérieure du cou. A la fin , il en.ré-^ sulta une faiblesse extrême des muscles extenseurs du cou. Chez un autre sujet,; les mêmes

(i) Histoire abrégée de la Ut le'ra,îur& grecque ,, deM« SchcelJ , VQÎ. p. qg.

248 SUR UES roNCTIONS

causes produisirent une paralysie complète do ces mêmes muscles , de manière que le malado laissait constamment peacher sa tête sur sa poitrine-

Préparê comme je Fêtais par mes précédentes découvertes , l’idée ne dut pas m’échapper qu’il pourrait bien exister une connexion entre les fonctions de l’amour physique et les parties cé^ rébrales placées dans la nuque. En très peu de temps j’eus recueilli un nombre prodigieux de faits à l’appui de cette idée.

Avant tout j je d ois faire connaître au lecteur la forme et la situation de cette partie du cerveau qu’on appelle cervelet y el la manière dont son plusou moins grand développement se manifeste à Fextérieur.

PI. IV, I , on voit la surface inférieure de deux lobes du cervelet. PL XV, i , i , sa surface supérieure. P. VIII, sa partie latérale. Les PL V, PL VI , PL X, PL XI , PL XII, PL XHI, PL XVII , représentent des préparations propres à faire connaître sa structure intérieure.

Le volume du cervelet diffère beaucoup chez, différons sujets du même âge. Chez les adultes, sa. largeur est de quatre à cinq pouces, et son (^jisseur de vingt à vingt-cinq lignes^ sa lou^ gueur de deux à trois pouces et quelques lignes, Le cervelet es| placé dans, le crâne, dans 1^

BU CEE VEAU..

grandes fosses occipilales. Ses lobes touchent , sur le devant J au rocher des temporaux , et par derrière à la partie transversale de la spina cruciata^ Latéralement, il s’étend jusqu’à la pointe de l’angle inférieur des pariétaux^ il occupe toute la partie inférieure du crâne, depuis la partie large du procès mastoïdien d’un côté, jusqu’à la partie moyenne de la spina cruciaia, où il y a ordinairement à l’extérieur une saillie, et jusqu’à la partie large du procès mastoïdien de l’autre côté. Dans le sens delà largeur, il oc-» eupe en entier les grandes fosses occipitales d’un procès masloïdien à l’autre.

Comme les os crâniens sont très minces par-^ tout où le cervelet les touche , il faut que la forme de leur cavité intérieure corresponde exactement à leur proéminence extérieure, et cette dernière doit rendre exactement la forme du cervelet. Par conséquent, le crâne sera dans celte région plus étroit, plus large, plus aplati, plus bombé, plus bas » plus haut, selon que le cervelet s’étend plus ou moins dans différentes directions. Que l’on compare les PI. VIII, Pi.

^,PLxi, pi. m

Quelques sa vans prétendent que l’on ne peut pas juger de la grandeur du cervelet dans l’homme vivant j car, disent-ils, depuis la saillie que Ton sent presque immédiatement au-dessua

s5o SUR XES FONCTIONS

de la fossette du cou , jusqu’au trou occipital , il est impossible de tâter le urâne. Mais c’est preci-» sèment dans cet endroit que les deux lobes du cervelet s’écartent, et laissent entre eux un intervalle dans lequel est placée la portion inférieure de la partie verticale de la spina cruciata^ et c’est par cette raison que la forme du cervelet ne se trouve nullement masquée. A-peu-près à un demi-pouce latéralement, la partie postérieure-inférieure de l’occipital se voûte vers le bord postérieur du procès mastoïdien. Or , plus celte proéminence est bombée, plus elle descend vers la nuque, plus elle s’élargit vers les oreilles, plus aussi le cervelet est grand j dans ce cas, la nuque est large et forte, le çou arrondi, fort et large derrière les oreilles. Liorsqu’au contraire le cervelet est peu développé, ces parties seront plattes, étroites , renfoncées J la nuque sera peu large entre les procès mastoïdiens j le cou, quoique épais en partant du tronc , sera étroit dans l’intervalle d’un procès mastoïdien à l’autre.

Ceci suffira pour mettre le lecteur à même de juger du développement plus ou moins considérable du cervelet.

Je considérerai ce su}et dans l’état de santé et naturel, dans l’état de santé modifié artificiel» lement, et dans l’état de maladie.

DU CEKVEÀ.U.

'Preuves prises dans Vétat de santé , que le cervelet est V organe d& V instinct de la pro-^ pagation,

JO. Chez les- animaux dont la propagation ne s’effectue pas par le concours de deux sexes on ne distingue rien qui ressemble au cervelet. Chez tous les animaux , au contraire/ qui s’accouplent J on trouve une partie cérébrale placée immédiatement au-dessus de la moelle épinière, partie qui remplace le cervelet dont sont doués les animaux plus parfaits.

S’il était possible de démontrer que cette con« formation a lieu sans exception dans les plus petits animaux, soit de terre, soit aquatiques, cette circonstance suffirait seule pour établir que le cervelet est l’organe de l’instinct de la propagation.

A peine la force des faits m’eut-elle suggéré mes idées sur les fonctions du cervelet, que je fus frappé d’une difficulté. Les plantes se propagent j donc, il n’est besoin d’aucune partie cérébrale pour que l’acte de la propagation s’effectue. .

Mais il faut bien distinguer Ce qui, dans la propagation, appartient à la vie purement organique , de ce qui appartient à la vie animale.

1^3 vie organique forme les principes d’êtres dt

s XJ R ït BS E-O S C T I 0 îî S

âSa

son espèce , et opère la fécondation, et le- déve-^ îoppepieot sans conscience et sans participation de Findividu. La vie aninaale fait , de cette fonction sans conscience , nne fonction accompagnée, de conscience ; cette fonction devient un besoin,, un penchant extrêmement actif, et le satisfaire produit le sentiment de la volupté.

Dans les animaux, plus parfaits , ces deux fonctions se trouvent réunies. La fonction orga-, nique est en rapport avec la fonction animale, demanière cependant que dans i-acte de la propagation, chacune d’elles joue un rôle qui peut être indépendant de celui de l’autre:.

Lex expériences de quelques naturalistes paraissent prouver que l’on peut féconder les œufs de femelles de certaines espèces avec la liqueur séminale prisé du male , du la même manière que les germes des plantes avec le pollen pris sur les étamines. Des conceptions qui ont eu lieu pendant la défaillance, pendant l’ivresse, ou un autre étourdissement qui abolissait la conscience,, ne sont peut-être pas des événemens absolument rares. Les instrumeas organiques de la propagation ont leur vie à eux , et ils entrent eu activité: iadépendamment de la conscience de ranimai Le coït exercé par la violence, l’approche d’un homme, accompagné :de dégoût et d’horreur même dc^ la part de la concsp.tia^

fiU CÈRVEAÜ*

pour suite. Je connais des femmes qui^ dans aucune période de leur vie, n’ont senti le moindre penchant pour les hommes , qui étaient incapables de comprendre comment un homme peut inspirer à une femme d^autres sèntimens qu’un «nfantou Une autre femme, qui ne cédaient au^ désirs de leurs maris que par devoir, et qui, quoiqu’elles fussent devenues mères plusieurs fois, n’ont jamais éprouvé la moindre sensation de volupté.

Tout le monde sait qu’il n’existe aucune pro-* portion entre la fécondité et le penchant à exercer le coït. Combien defoislesvœux desplus tendres époux manquent-ils d’étre remplis l II paraît même que, dans certains cas, un amour trop ardent peut mettre obstacle à la fécondation. L’on a coutume de modérer l’ardeur desjumens, en les frappant , en les fatiguant , avant de les mener a l’étalon , ou en jetant sur elles de l’eau froide. J’ai eu plusieurs fois des métis femelles d’oiseaux, qui sollicitaient avec ardeur l’amour , de tous les mâles , qui construisaient leur nid avec une activité infatigable, pondaient, couvaient avec une persévérance exemplaire, et qui lorsqu'elles voyaient leurs espérances déçues, s’abandonnaient à une profonde tristesse. Tout le monde connaît l’ardeur amoureuse aussi violente que stérile du mulet.

2Ô4 FOfïCÎIONi

Comme donc la fécondité organique est absolument indépendante de l’accouplement animal ^ l’exiltence delà fécondation sans partie cérébrale^ ne peut nullement être alléguée pour prouver que rinstiimt de la reproduction est possible sans le concours du cerveau^

2,». Dans la description du cervelet (i) , j’ai montré que chez les mammifères , il est composé d’une partie moyenne ( la partie fondamentale et des parties latérales , les lobes*

Chez tous les ovipares^ chez les insectes y les poissons et les amphibies, la partie fondamentale constitue tout le cervelet.

Les oiseaux, PI. I, fig. 2, 5, 7, 6, n’ont que cette partie intégrante du cervelet que j’appelle partie fondamentale ou primitive, et que d’iutres ont appelée éminence vermiculaire ( procèssuS TERMIFORMIs).

Chez tous les mammifères, au contraire, les deux parties latérales existent ^ elles ont cependant , comme la partie fondamentale , différentes formes chez les différentes espèces , PI. III , i , et PI. IV, I, représentent la surface inférieure du cervelet , et PL XVI , sa surface supérieure.

Cette différence essentielle du cervelet dans des espèces d’animaux qui diffèrent essentielle-

(i) Tome I de mon grand ouvrage , p. 149 , ïn4°., €tp. ijGjin-fol.

Dtr CERVEÂÜ. â55

jnent par leur mode de propagalion, fait présumer qu’il existe une connexion intimé entre le cervelet et l’acte de la propagation. Mais je passe à des preuves plus rigoureuses.

3°. La manifestation successive, la croissance et la décroissance del’instinctdela propagation , sont dans un rapport direct avec le développement et la décroissance du cervelet.

Chez l’enfant nouveau-né , le cervelet est, de toutes les parties'cérébrales , la moins développée; à la vérité , sa proportion au cerveau est différente dans chaque individu ; elle est tantôt, à-peù-près comme un a neuf, tantôt comme un à vingt, et quelquefois plus petite encore. Dans l’adulte, au contraire, elle est comme un à cinq, tout au moins comme un à sept. Les fibres nerveuses ducerveletsont, de tout rencéphale, celles qui, les dernières, se montrent bien distinctes. Le cervelet acquiert son plus haut degré de développement vers la dix-liuitiéme ou la vingt-sixième année.

Et c’est dans le meme ordre que se développe le penchant de l’amour qui se glisse impercêptiblement dans le sein du jeune homme et de la jeune fille ; les yeux deviennent plus brillans j le regard plus expressif, la démarche acquiert de la prétention , l’un et l’autre tombent dans une inexplicable mélancolie enfantine ; l’un et l’autre

256 sus. tES FONCTIONS

sentent un besoin dont ils ne sauraient se rendre compte, des désirs confus, jusqu’à ce qu’enfin la présence de l’objet aimé donne le mot del’éîiigme, et répande sur l’ame tout entière de» torrens- de délices. La jeune fille et le jeune homme se trouvent élevés par lé senjtiment qui les domine au-dessus meme de l’idéal de toute perfection^ la résistance faible et involontaire que toute personne du sexe oppose aux première» entreprises d’un homme , devient une vertu angélique , et prête une magie nouvelle à l’amour , jusqu’à ce qu’enfin l’homme et la femme aient goûté, dans les bras l’un de l’autre, le suprême bonheur.

M. Sœmmerring, Ackermann, les frères Wenzel et d’autres, soutiennent qu’à l’âge de deux ou trois ans j tout au plus , le cervelet, tout comme le cerveau, ont acquis leur croissance complète.

M. Sœmmerring, que les autres auteurs ont copié, s’est trompé ; il fonde son assertion sur ce qu^il a trouvé le cerveau d’uri garçon de deux ans aussi grand que celui d’un adulte dont il fit l’ouverture en même temps. Il supposait que tous les individus humains ont une masse encé* pbalique à-peu-près égale ^ et dans cette hypothèse, sa conclusion serait juste. Mais comme le poids de la masse cérébrale varie dans les adul-

DtJ CÉRVEAtl. ' ^5“/

tes ^ qu’il est tantôt de deux livres ^ tantôt de deux livres et demie, de trois livres, et quetquéfois plus considérable encore , il peut bien arriver qu’un garçort de deux à trois ans ^ organise de manière, à acquérir de grandes qualités èt de grandes facultés , ait une masse cérébrale plus grande qu’un adulte doué dè qualités etde facultés très médiocres i '

Dans nos nombreuses dissections du cerveau, nous avons toujours "été: très parliculiêrement attentifs au cerveleti Mais si j’én excèptè qüèlqués cas extraordinaires,noüsn’avons jàiûais j jusqu’à l’âge de 'seizé à Vingt ans y trouvé la mémfe proportion entre le cervelet et lé cerveau que chez les adultes. Il est faciié de Constater là vérité de ce fait, en comparant dés crânes de jeunes igarçbns et de jeunes filles j^Vec dés crânes d’homines et dé fémmes. Quèllé' différèncé déjà entre le crâne d’un garçon de dii à douze ans , PI. XiXXVII ÿ et celui d’un enfant nQUvéàiùrné , PI. XLI! Chez l’enfant nouveau-név PL XLPy toute là base du crâne est éncorë rétrécie en un cône tronqué j les procès mastoïdiens sont encore très rapprochés l’un de l’autre j les bosses occipitales ne sont point encore proéminéh tes, elles sont plates. Dans la dèuxiéûie' annéd^ lés procès mastoïdiens s’écartent davantage Fun d% l’autre ^ les fosses occipitales se creusent davàu;=^ III. 17

258 SUR RES EOKCTiOSiS

tage en segment de sphère. Tous ces changement sont encore bien plus sensibles dans le crâne du garçon de dix à douze ans. On remarque de même ce développement encore imparfait du cervelet^ dans le crâne de là jeune fille de six ans, PL XXXyilI. En tournant vers soi la base du crâne d’un sujet impubère, on voit de suite que la distance d’un procès mastoïdien ;â l’autre , distance qui détermine le diamètre du cervelet, est beaucoup moindre que celle d’un pariétal à l’autre. Chez l’adulte, au contraire y les deux distances sont , d’ordinaire , à-peu-près les mêmes. Aussi ces faits ont-ils déterminé M. Ghàussier à accorder enfin que le cervelet 'De se développe que vers Fâge de radolescence.

A l’approche de la vieillesse, la turgescence nerveuse du cervelet diminue, et dans la même proportion, l’homme et la femme deviennent peu à peu étrangers à leur destination y jusqu’à ce qu’enfin l’un comme l’autre se troüvenl isolés et sans but.

M. Rudolphî assure n’avoir jamais trouvé lo cervelet plus petit chez les su jets âgés que chez les adultes.

Comme dans l’âge avancé toute la masse des nerfs éprouve une diminution , pourquoi le cervelet feraitdl seul exception a cette règle? Que Ton compare encore les fosses occipitales chez

btj CÉRtÉltJ. 209

4es adultes et chez des sujets très âgés. A moins que tous les os crâniens jne soient déjà amincis par l’effet de la décrépitude^ on trouvera les Cosses occipitales moins transparentes chez les sujets -âgés que chez les adultes, et cela parce qu’il s’est déposé de la massé osseuse à leur surlace interne, au fur et à mesure que le cervelet s^’est rapetissé , j’ai dans ma collection dés crânes où le Cervelet s’était rapetissé presque jusqu’aux dimensions de celui d’un enfant non veau -né, et où l’espace qu’il occupait a été jesserré beaucoup » non-seulement par l’épaississement des parois des fosses occipitales > mais encore par celui des rochers.

4". La nature ne sùit pas de marche uniforme dans le développement du cerYelet. L’on sait quelle est l’influence du climat sur l’époque à laquelle ries deux sexes deviennent capables dé l’acte de là génération. Mais d existe encore de grandes flifférences à cet égard d’individu à individu, dans le meme lieu et dans la meme famille. Tel garçon montre déjà de l’intérêt pour le sexe dès Lâge de trois à quatre ans ; chez d’àm 1res , cet instinct dort jusqu’à la quatorzième Ou quinzième année.

La même différence se manifeste sur le retour de l’âge. Ghe2 tel homme la.puissaoce virile est anéantie dès l’âge de quarante ans j chez tel au-

tre, elle fait entendre encore le chant du cygne â soixante-dix^ à quatre-vingts ans.

Il n’est par rare que l’instinct de la propagation se manifeste avant l’âge ordinaire , de la manière la plus prononcée. J’ai vu à Paris un garçon de cinq ans qui, sous le rapport des forces corporelles, paraissait en avoir seize; ses parties sexuelles étaient entièrement développée^ ; il avait une forte barbe, une voix rauque et mâle, en un mot tous les signes d’une virilité pleine et entière. Depuis quelques années déjà il avait satisfait, avec des femmes, l’instinct delà propagation.; Je ne m’en laissai pas imposer par ces signes extérieurs. Je n’attribuai pas la manifestation précoce de rinslinct de la propagation - au développement prématuré des parties sexuelles v car peu auparavant j’avais vu une fille de neuf ans qui paraissait être une femme toute formée* ïJlë ne manifesta que l’indifférence d’un enfant lorsque ses parens me la montrèrent, et jamais elle n’avait témoigné^ le plus léger intérêt pour rien de ce qui a rapport à l’amôur physique. On trouve dans Bufifon et ailleurs des exemples semblables de grands enfans qui avaient toutes les marques de la puberté, sans que l’on remarquât rien en eux qui eut rapport à l’instinct de la propagation. Chez la fille en question, le cervelet n’avait qu’un développement très insigni-

D-Iî CERVEi^IÎ. - 261

fiant; maïs il en est tout autrement du garçon, de cinq ans : sa nuque était large , bombée et robuste, quoique le reste de sa tête eût acquis à peine les dimensions ordinaires à son âge aussi ce garçon était-il enfant sous, tous les autres rapports. .

Nous trouvâmes le cervelet tout aussi développé chez un garçon de dix ans qui était détenu dans une maison de correction, à Leipzig, pou? avoir violé une jeune fille. A Paris, j’ai vu le garçon d’une mulâtre , âgé de moins de trois ans; il se jetait non-seulement sUr de petites filles , mais sur des femmes, et les sommait avec audace et avec opiniâtreté de satisfaire ses désirs. Il ressentait dans les parties: sexuelles, qui n étaient point prématurément développées , mais qui présentaient des dimensions proportionnées à son âge, des érections plus que momentanées. Gomme il était environné de filles qui se prêtaient à satisfaire ses désirs ; comme à un, jeu piquant pour elles , par sa singularité , il mourut de consomption avant d’avoir atteint la fin de sa quatrième année. Son cervelet était extraordinairement développé le reste de sa tête avait les dimensions ordinaires à son. âge.; Aussi ce n’était, sous tous les autres rapports, qu’un enfant mal élevé et gâté.

Il est réellement étonnant que les médecins et les naturalistes n’aient jamais cherché le siège du

202 SÜR LES FONCTIONS

pèncfcaiit aux plaisirs de ramour, ailleurs qu@ dans les parties sexuelles» Tous les jîairs on "voit de jeunes garçons et de jeunes filles dé trois^ quatre, cinq ans, se livrer avec fureur à l’onanisme , sans répandre le moindre fluide , et sanâ. que le développement de leurs parties put faire craindre pour eux un penchànt à ce vice. L’on se trompe beaucoup en croyant empêcher- des énfans ainsi organisés , de contracter de perni* eieuses habitudes en lès garantissant contre les séductions du dehors. Celte précaution est ap-^ plicahle aux enfans ordinaires j mais il ën est dont la nature elle-même devient le séducteur., Qui est-ce donc qui séduit les jeunes singes? Lu reste, il arrive chex les vieillards quelque chose de semblable à ce qui a lieu chez les enfans ; leurs parties sexuelles sont sauvent déjà paralysées ^ que des désirs effrénés les dévorent encore.

Tous les faits que je viens de citer d’enfansdont les parties sexuelles étaient ou n’étaiént pas déve<f loppées, et qui nomseulement sentaient l’impul-^ sion de l’instinct de la propagation, mais étaient doués aussi de la faculté d’exercer le coït, et chez lesquels le cervelet seul avait acquis un développement prématuré, prouvent, jusqu’à l’évidencé, qu’il faut chercher le siège dellnstinct de la pro^* pagalion, non pas dans les parties génitales, mais. dans le cervelet.

S'*. L’ënergie de l’instinct de la propagation est, chez les adultes, dans un rapport direct avec le développement du cervelet.

Il est des hommes et des femmes qui n’accomplissent l’acte de la cohabitation que par manière d^acquit. Le coït leur inspire de la répu-^ gnanee et du dégoût. Ceux qui y attachent un grand prix sont j à leurs yeux, des personnes sensuelles, se ravalant "au-déssous de la brute. On ne remarque ni chez ces hommes, ni chez ces femmes, la moindre différence des parties génitales par laquelle ils se distinguent des autres individus ; mais dans ces cas , il y a toujours faible développement du cervelet.

Par la complaisance de M. le baron Larrey , j’ai vu lin soldat chez qui l’antipathie pour les femmes était dégénérée en véritable manie. L’aspect d’une femme produisait en lui des convulsions violentes , et le faisait presque entrer en fureur. M. le docteur Spurzheim a vu un exemple sem*^^ blable en Angleterre. Chez l’un et l’autre de ces sujets, le développement du cervelet était absolument resté en arriére (i). Un médecin de

(i' On m’a objecté qu’un organe ne saurait produire un effet opposé à ses fonctions. Mais l’estomac n’est-il pas rorgane de l’appétit, et n’arrive-t-il pas qu’à rai-

Vienne, doué de talens très distingués , montrait ■une antipathie marquée pour les femmes, singularité que, dans le temps, nous attribuâmes a son goût pour là solitude. Quelques années après il inourut de la phthisie pulmonaire.Dans son crâne très voluinineux, PL, XLIV, r. 1. 1. i, l’espace pour le cervelet est extrêmement petit,* la distance d’un procès, mastoïdien à l’autre est à peine de trois pouces J les bosses occipitales, au lieu d’être bombées , sont en partie touhà-fait plates , en partie même déprimées , et par cela même d’une surface inégale.

Pans un abbé français, qui vivait à Vienne, nous admirions d’autant plus une continence e:^emplaire, et une conduite singulièrement réservée vis-à-vis des dames , qu’il aimait la parure comme une femme , et passait la journée à aller d’une société dans une autre. II mourut, et son crâne est du nombre de ceux que je conserve Ücomme exemple d’un très faible développement du cervelet. Les bosses occipitales sont tellement plates , que l’on dirait que l’on a coupé la partie inférieure de l’occipital , PL, XLVIII , i , i .

La dame dont j’ai parlé plus haut , p . 253 , a la tête grande etbelle comme celle d’unhomme j elle

son d’une affection maladive de ce viscère , nous avons du dégpûtpoür tous les alimens ?

DU Cî;iiYEi.U. 265

possède des lalens distingués ^ mais sa nuque a très peu de largeur au-dessous des oreilies, ce qui indi' que un faible développement du cervelet. C’est cette conformation que j’ai trouvée jusqu’ici chez toutes les personnes à qui la nature a refusé entiè-f rement, ou auxquelles elle a accordé à un faible degré le besoin de raniour physique et le plaisir pendant l’acte vénérien.

Une semblable organisation n’emporte pas de points de contact avec le beau sexe. Les portraits dé Charles X3LI , PI. LXI , fig. i , de Newton , de ICant, montrent, et certainement sans l’intention des artistes , que le cou de ces hommes célèbres était peu large, et par conséquent leur cervelet très peu développé. Est-il étonnant après cela que Saint-Thomas à Kempis, dans le portrait duquel je reconnais les mêmes caractères, se soit armé d’un tison pour repousser loin de lui une jeune hile remplie d’attraits ?

Voilà les hommes que la nature appelle au célibat.

Pour se faire une idée de la dilférence qui existe entre un faible développement et un dér veloppement considérable du cervelet,’ que l’on compare le crâne PI. VIII, avec ceux dont je viens de parler loutr-à-l’heure, et encore avec ceux où cet organe a acquis un développement, extraprdiiiaire, PI. XXXIX et Pi. XL.

g66 SUR LÉS FONCTIONS

A Vienne, une diseuse de bonne aventure, dévote et superstitieuse , quoique déjà âgée, entretenait toujours deux amans. Dans son petit crâne sphérique , PI. L , i. les bosses occipitales sont très larges, très bombées, et très proéminentes vers le bas. La même conformation a lieu dans le crâne très large , PL XXVII , d’une femme quia été détenue pourvoi dans la maison de correction de Grætz , en Stirie , et qui auparavant suivait les armées comme fille de joie. Un maître de langue qui, sous tous les autres rapports , menait une vie fort régulière , assurait qu’il ne pouvait jamais se rassasier de jouissances avec les femmes. La partie postérieure inférieure de son crâne, PI. XXXIX, i. i. est très large, et tellement bombée de haut en bas, qu’il descend de plus d’un pouce plus bas au-dessous du méat auditif extérieur, que le crâne du jeune médecin solitaire, et du chaste abbé français. La même conformation se trouve encore chez un médecin célèbre qui, en très peu de temps, avait mis au tombeau , l’une après l’autre , trois épouses jeunes et robustes, et qui, à l’âge d’à-peuprès cinquante ans, crut devoir prendre le parti d’entretenir dans sa maison quatre filles vigoureuses. Ce qu’il y a de plus remarquable , c’est qull n’existait pas la moindré trace de jalousie ^ntre ces personnes , probablement par la raison

DIT CERVEAtr. *267

que, comme elles me l’ont dit, elles étaient ioutes les quatre plus que rassasiées de jouissance.

Que l’on compare aussi aux portraits de Charles XII, de Newton et de Kant, ceux de Piron et de Mirabeau, PL LXI, fig. 2, l’un et l’autre très sensuels ; de Nicolas Gborier, auteur de l’ouvrage intitulé elegantiœ latini sertnO’^

vis, traduit en français sous le titre ^Académie des Dames; de l’Arétin , aussi voluptueux que caustique! de François qui avait coutume de dire qu’Mwe cour sans femmes est une Munèe sans printemps , et un printemps sans roses. Les anciens sculpteurs donnent cette même nuque large et forte à Epicuré, én quoi ils h’a raient certainement pas llrttention de lui attribuer les forces d’Hercule, L’on peut constater tous les jours cette observation dans la société.

Lorsque le cervelet acquiert un développement excessif, au point que la nuque forme , de haut en bas, une espèce de large poche bombée, l’instinct doit acquérir aussi une force d’impulsion désordonnée. Dans ce cas, lorsque des motifs d’un ordre supérieur , et des qualités et dés facultés éminentes né viennent pas au secours d’individus ainsi organisés, les jouissances avec l’autre sexe, conformes aux intentions de la nature , ne suffisent point pour satisfaire leurs désirs et leur paraissent fades ; ils ne brûlent que;

d’un fea semblable à celui auquel se trouvent d’ordinaire réduits , par la réclusion , les membres des nambjeuses communautés d^un meme sexe.

J’ai eu occasion d’observer plusieurs hommes et plusieurs femmes qui étaient les. esclaves de ce goût dépravé. La nuque large et voûtée frappe surtout chez les femmes. Presque toutes lés femmes livrées à ce penchant ont, en même temps, une constitution robuste et mâle. Les hommes, au contraire, ont un physique efféminé, les membres arrondis, gras, potelés et petits , les mamelles très apparentes. Les anciens historiens disent de Néron, livré aux plus sales voluptés: « que ses inclinations étaient peintes sur sa figure j qu’il avait les yeux petits, entourés dégraissé, iÇjE cou CRAS, le ventre gros et les jambes minces j que ses cheyeux blonds et son visage plutôt dé-r licat que majestueux, le faisaient d^abôrd reconnaître pour un efféminé. » J’ai trouyé cependant quelques exceptions à cette règle.

En Hollande nous yîmcs, dans une maison de correctionj quelques hommes déjà âgés qui * avec une'organisation avantageuse, du reste, s’éi taient livrés à de semblables désordres. Ils avouaient leur impuissance de résister à l’impétuosité de leur penchant, et plusieurs fois déjà iis étaient retombés dans le même vice ; ils étaient convaincus que leur conduite était blâmable-et im

DU CERVÉAÜ.

décente J mais ils demandaient qu’on ne les rela- ,cliât pas, parce que, s’ils recouvraient la liberté, disaient-ils , leur passi one entraînerait encore. Nous ümes remarquer à ceux qui nous accompagnaient le développement excessif du cervelet chez ces individus. , ,

Que l’on me permette de faire ici une observation. La personne qui vit dans un état peu conforme à sa vocation , se trouve en contradiction avec son état et avec elle-même. Est-il prudent , estril juste de surprendre à des jeunes gens dans le cœur desquels couve peut-être sous la cendré un feu qu’ils méconnaissent , des vœux qui pendant toute leur vie les mettront en contradiction avec eux-mêmes? Les différées états , dans la société, ne devraient-ils pas résulter de la différentè organisation des individus qui ; s’y vouent? Youlez-vous des Vestales et des Cénobites, clioisissez qui sont sortis eunuques du ventre do leur mere.

Ce que j’ai dit de l’espèce bumàine, a lieu également; chez les animaux. Il y a des chiens , des chevaux, etc., qui ne s’accouplent jamais^ il y a des femelles qui, quoique leurs parties sexuelles offrent tous les signes de la chaleur, ne permettent pas l’accès au mâle. Là aussi la cause de cette; anomalie se trouve toujours dans le développement défectueux du cervelet. Près

276 SUÏt LÈS ÈOSCTlOSS

de Berlin, on nous conduisit dans une etable oà se trouvaient cinq taureaux : chez Fun d’eux, nous ne trouvâmes pas la nuque à beaucoup près aussi large ni aussi robuste que chez les autres j et nous déclarâmes^ue ce taureau ne devait pas être, à beaucoup près , aussi bon mâle que les autres. « Vous avez raison, nous dit le propriétaire, M. de Beyme," ci- devant ministre d’état : on l’engraisse parce qu’il n^est pas bon à la tête du troupeau. »

Les taureaux, les étalons et les béliers, sont d’autant plus ârdens, au contraire, que leur nuque est plus large , plus arrondie et plus robuste. A Vienne , tous les amateurs de pigeons savent que les pigeons mâles qui ont la nuque la plus forte , sont ceux qui poursuivent les femelles avec le plus d’ardeur, et l’on profile de cette circonstance pour enlever les .pigeons femelles du voisin, et les faire venir à son colombier. On prive de sa femelle le pigeon mâle le plus ardent J alors il fait des excursions dans les autres colombiers , y enlève des femelles , et les force à le suivre chez luij bientôt le mâle de la colombe enlevée suit sa femelle , et c’est ainsique les enlèvemens se succèdent jusqu’à ce que le propriétaire dépouillé mette fin à ce jeu.par la mort du ravisseur. Les rats, les souris, ta taupe, le cocbon-d’Inde, ont le cervelet très grand, et c’est

ïîtJ CERVEAtJ. Î27I

pour cela meme que Tinstinct de la propagatiou €st cliez eux très actif.

Chez des animaux nourris abondamment , chez des serins jaunes , surtout cliez des pigeons et des canards de run et Fautre sexe , chez des chiens , des jumens , des étalons , des singes , on remarque assez souvent la même dépravation dont je viens de parler comme ayÊMit lieu chez Fespèce humaine.

Tout autant de preuves que l’instinct de la propagation est dans une proportion directe avec le dégrève développement du cervelet^ et que par conséquent cette partie cérébrale doit •être considérée comme l’organe dé cet instinct.

. 6°. La différence qui existe dans les deux

sexes, pour le degré auquel se manifeste ebez eux l’instinct de la propagation J dépend encore dudegré de développement du cervelet.

C’est une question de savoir si ^ tant chez l’homme que chez les animaux, l’instinct de la propagation a un degré d’activité plus grand chez le mâle ou chez la femelle ?

J’accorde qu’il existe des exceptions pour certains individus ; mais en général l’homme est doué d’un instinct de la propagation bien plus impérieux que la femme ; et les observations suivantes vont prouver la vérité de ce que j’avance.

Chez les animaux , les femelles de plusieurs es-

2^2 SÜR. liËS FONCTIONS

pèces, telles que les cliiennes,les j umens^les vaches^ sont restreintes, pour la .maniféstation de' Tinstinct de la propagation, à certaines saisons, a certaines périodes^ tandis queles mâles sont disposés tonte Tannée à se livrer à Tamour. L’état habituel de ces femelles ne suffit donc pas pour entrer tenir en activité Tinstinct de la propagation. Il faut qu^il survienne, en outre, une circonstance qui irrite leurs organes pour leur faire souffrir ou désirer rapproGlie du mâle. /

Même chez ceux des animaux qui vivent dans un mariage aussi durable que la vie , comme la plupart des espèces d’oiseaux, lés martres fies renards , les mâles sont plus ardens et plus dis^ posés aux infidélités queles femelles, De-là , chez ces^animauxjles jalousies et les combats perpé^^ tuels. Il est à remarquer que dans certaines espèces les femelles sont très jalousés, tandis que dans d’autres elles ne donnent aucune marque dejalousie. , 1 i

Dans notre espèce aussi, l’homme est entraîné aux plaisirs de Tâmour avec plus d’impétuosité que la femme. Hippocrate déjà avait consigné cette vérité. Xja nature a imposé à la femme les incommodités de la grossesse , les douleurs de l’enfantement, le devoir d’allaiter et de soigner les enfans. Elle a organisé la femme tout entière pour parvenir à ee but important et élevé. Chez

BtJ CÈB.VÉAÛ.

rhomîiiê , au contraire , tout ce qui a rapport à îa propagation est restreint à la seule féconda^ lion. Les plaisirs de l’amour sont un besoin impérieux pour le jeune bomme , pour Lbomme fait , et souvent encore pour le vieillard. Toutes les institutions sociales attestent l’abus que fait notre sexe de la supériorité de ses forces , et portent l’empreinte de son penchant jaloux pour la volupté.

Voyons maintenant si ces phénomènes s’expliquent par son organisation^

On pensait jusqu’ici que f homme étant généralement plus fortj ses penchans doivent être plus violens par cela seul. Mais j’ai prouvé^ dans la section sur l’organe de l’âme , qu’il n’existe absolument pas de proportion directe entre la violence des penchans j et l’activité des facultés d’un côté j et la force de la constitution prise collectivement de l’autre. Les animaux petits sont , d’ordinaire , plus ardens pour l’amour que les grands. Qui ne sait que souvent des hommes grands et des femmes grandes sont très indolens , et des personnes petites éfc faibles très ardentes dans la jouissance de la volupté?

La différence de l’éducation n’explique rien non plusj car d’abord son influence ne va pas jusqu^’à détruire les dispositions naturelles. En III, i8

second lieu , l’oia ne doit pas oublier que même l’éducation , les institutions et les lois sont un résultat de notre organisation j ce n’est pas nous qui produisons tout cela , c’est rauteur de notre être qui. le produit par nous. En troisième lieu enfin , comment ebez les anitnau^ la difïerence de la manifestation de linstinct de la propagation dans ^ les: deux sexes , pourrait-elle être produite par l’éducation ?

Sfoii^ il en èst tout autrementj une loi éternelle de la nature doit être fondée sur une base toute différente. Aussi eii général: le cervelet est-il sensiblement plus grand çbez les males que cliez les femelles. Dans la plupart des cas , lorsque l’on place des çerveanx d’homme et de femme, ou d^’animaux mâles et d’animaux femelles à côté l’un de l’autre, celui de l’homme ou du mâle se distingue par un plus grand cervelet, La meilleure manière de rendre cette différence sensible, c’est de placer les encéphales dans l’eau afin qu’ils conservent leur formé, et ne s’applatissent pas par leur propre poids.

Cette observation s%st confirmée sur tous les animaux que j’ai été à même d’examiner, depuis la musaraigne Jusqu’à l’éléphant.

Il paraîtrait presque que cette différence est plus marquée dans l’espèce humaine que dans les autres espèces d^animaux. Aussi n’existe-t-il

guère d’auimal avec lequel lliomme doive être tenté de troquer^ si Fon met dans la balance qu’il esta même de jouir toute sa vie et dans toutes les saisons, que sa jouissance est la plus parfaite, etc. Que Fon compare les cervelets de femmes, PL IV, PL X, PL XIII , avec les cervelets d’hommes, PL V, PL VIII, PI. XI^PL XII, PL X.V, ainsi que tous les crânes de femmes avec les crânes d’hommes. ,

, Oh pourrait objecter que l’homme ayant en 4 .général une masse cérébrale plus considérable que la femme, doit avoir aussi un plus grand cervelet.

Maisq’ai montré qu’il h’éxiste pas de proportion fixe des parties cérébrales entre elles. Le cervelet est indépendant du cerveau^ et forme un organe propre. Quelquefois il existe , ehezle même suj^etj.un grand cerveau et un cervelet ^extrêmément petit; d’autres fois le cervelet est très développé, et le cerveau très petit. Le jeune médecin dont j’ai parlé plus haut, qui fuj^ait les femmes, avait- l’une des plus grosses têtes et l’un des plus grands cerveaux, et son cervelet était très petit. La diseuse de bonne aventure superstitieuse, au contraire, n’avait pas la moitié autant de cerveau que le jeune médecin, et son cervelet était beaucoup plus grand. En traitant de l’organe de Famour de la progéniture ,

2^j6 sur les fonctions

je montrerai que certaines parties cérébrales sont plus développées chez la femme que chez l’homme. Par conséquent cette objection se réduit à rien.

Pour faire cette observation sur les animaux, il fa ut connaître très exactement la situation du cervelet dans le crâne. Dans plusieurs animaux, surtout chez les espèces qui ne marchent jamais debout, le cervelet est placé horizontalement et presque en totalité derrière le cerveau. Voyez PI. XXXIII, les cerveaux du cangourou, fig. 3, du tigre, fig. 5. Chez ces animaux-là, on reconnaît le degré de son développement à la partie ^ppstérièure du crâne, au-dessus et des deux côtés du trou occipital.

Dans d’autres, le cervelet est à-peu-près comme chez l’homme, recouvert, en entier ou en partie, par les lobes postérieurs du cerveau, et ce n’est que par l’inspection de la base du crâne que l’on peut s’assurer de son plus ou moins de développement. Voyez PI. XXXIII, fig. 4, 1® cerveau du lion, et PI. XXXIV, celui du singe, fig. I, et de rorang-outang, fig. 3 et fig. 3.

Chez lés oiseaux, le cervelet formé seulement par la proéminence vermiculaire ou la partie fondamentale, s’étend de la région postérieure moyenne des deux hémisphères du cerveau, jusqu’au trou occipital, PL I, fig. 1 1, 5, y, 6; mak

BU CERVEAU. ^77

il ne remplit que la partie moyenne de Toccipital, caries parties latérales contiennent les organes de l’ouïe. Cette partie moyenneest constamment plus large et plus bombée chez les oiseaux mâles que chez les oiseaux femelles. La PI. LVII représente, fig. i, le crâné d\in coqj fig. 2, celui d’une poule; fig. 4? celui d’une dinde, et fig. 3 celui d’un coq- d’Inde. Comparez PI. LVIII, le crâne du rat des prés, mâle, fig. 2, avec celui de la femelle, fig. i; le crâne du chat mâle, fig. 4, avec celui de la chatte, fig. 3, et le crâne du chien mâle, fig. 6, avec celui de la chienne y fig. 7, ainsi que PI. LIX, le crâne du veau mâle^ fig. 2, avec celui du veau femelle, fig. i (i).

Il ne faut pas oublier ici que la dififérence des dimensions du cervelet est plus grande, d’un sexe à l’autre, chez les espèces dans lesquelles les mâles sont, en tout temps, capables de s’accoupler, et où les femelles sont restreintes à cet égard à de certaines périodes, que chez les espèces dans lesquelles le mâle et la femelle sont l’un comme l’autre sous la meme influence périodique.

Ainsi donc, la conformation du cervelet chez les deux sexes, s’accorde parfaitement avec ce phénomène physiologique, que Tinalinct de la

(i) Dans toutes les figures des Plançhes LVII et tVllI, les bosses occipitales sont marquées I.I-.

278 SUR .LES FONCTiaNS

propagation est plus puissant chez les inâles qué chez les femelles J et cet accord prouve encor© que le cervelet est l’organe de cet instihct. r 70- Le genre de caresses que se font certains animaux, aurait du réveiller depuis long-temps, rattenîion des naturalistes. Tantôt c’est le mâle, tantôt la femelle, qui a rhahitude d’irriter la nuque de l’objet de ses. désirs. Long-temps avant l’accouplement , le chat mâle mord amoureuse-^ ment la nuque de la chatte, et quelquefois il continue ce jeu pendant une journée entière. J’ai vu souvent des chiennes en chaleur, donner à des chiens, peu ardens, des coups de museau dans la nuque, pour les provoquer à raecouplement. Le canard mâle, avant de procéder à îacle de là fécondation, monte tranquillement sur la canne et lui passe trois ou quatre fois le bec sur la nuque , ce n’est qu’alors que la canne se blottit, et que l’aceauplément a lieu. Au printemps^ j’ai l’occasion d’observer , â mon aise, les amours des moineaux, d’une chaumière placée dans mon jardin. Le mâle, en poussant des cris, expression de l’ardeur qu’il fessent, fait des sauts autour de la femelle, la tête fortement retirée en arrière, et les ailes déployées : la femelle paraît poursuivre le mâle et saute à tous, momens sur lui, en lui donnant de forts coups, de bec dans la nuque j après ce prélude, tous

J>V CEE-YEATET. . 279,

les deux gagnent en toute hâte un arbre où ils s’aecouplent.

Les preuves que j’ai alléguées jusqu^ici sont suffisantes pour établir que le cervelet est Forgane de rinstinct de la. propagation. J’en ai encore quelques autres, mais je me réserve de les exposer plus bas.

Observations générales sur V organe de V instinct de la propagation J et sur cet instinct luimême dans V état de santé.

Les Grecs, les Arabes, et quelques pédagogues modernes, ont regardé le cervelet comme le siège de la mémoire. Wiilis déduisait le talent pour la musique , de la mollesse de sa structure . et Mala carne veut déterminer le degré dés facultés intellectuelles, d’après le nombre de ses feuillets. M. Portai croit que le cervelet sécrète les esprits animaux, ou qu’il est destiné à remplir les fonctions du cerveau, dans le cas où celuici serait attaqué de maladie. Reil le considère comme une pile voltaïque. Plusieurs physioîo^ gistes le regardent comme la source de la vie organique : hypothèses qui ne sont appuyées sur aucun fait.

Tout comme la force de l’instinct de la propagation n'es%dans aucune proportion avec la

28o sur xes fonct’ions

fécondité, de même il n’y a non plus aucune proportion entre le développement du' cervelet et celui des parties sexuelles.

Il est indubitable que l’organe de l’instinct de la propagation fait discerner à chaque animal, le mâle etla femelle de son espèce; on serait même tenté, dans certains cas, d’admettre qu’il établit dans la nature une paix générale entre tout ce qui est mâle avec tout ce qui est femelle. On sait que beaucoup d’animaux males, surtout les singes, les chiens, les étalons, les perroquets , déposent leur méchanceté habituelle, et oublient meme leur colère devant les femmes* Les animaux femelles, au contraire, paraissent avoir des. préférences pour les hommes. J’ai vu les taureaux les plus furieux, qui n’avaient pu être domptés ni par des chiens ni par des hommes, céder à une servante qui accourait le fouet à la main, B’un autre côté, j’eus beaucoup de peine, un jour, à sauver de la fureur d’une vache un® dame avec laquelle je me promenais dans une prairie. Cette vache portait une haine indomp-^ table aux femmes.

Peut-être , quelques-uns de mes lecteurs pensent-ils. qu’on ne saurait admettre un organe de l’instinct de la propagation dans le cerveau , parce que chez^^ beaucoup d’animaux l’activité de çet instinct est cirçonscrile à certaines période^ a

et que chez eus tantôt il semble ne pas exister du tout J et que tantôt il domine impérieusement l’animal. Mais , dans beaucoup de cas , cette objection serait applicable aussi aux parties sexuelles ^ et du reste , il y a beaucoup d’autres instincts qui dorment dans certaines saisons, et qui se réveillent dans d^autres j cependant, comme je ne tarderai pas de le prouver , léur organe existe toujours dans le cerveau.

Ce phénomène peut même s’expliquer en faveur del’idéequele cervelet est PorganedePinstinct de la propagation. J’ai rassemblé beaucoup de têtes d’oiseaux, au commencement du printemps , saison de leurs amours les plus ardentes j j’en ai rassemblé d’autres au commencement de l’hiver, époque où tout ce qui a rapport à la propagation est épuisé. Dans les têtes rassemblées au printemps , le cervelet est plus large et plus turgescent ; dans les crânes , la proéminence qui y correspond, est manifestement plus Jarge et plus bombée que dans ceux recueillis au commencement de l’hiver.

Au printemps, toutes les parties situées à l’entour de la nuque reçoivent en abondance l’afEus du sang et une turgescence nerveuse propre. Le gosier se développe , et, en général, ces parties sont, pendant tout le temps des amours, dans un êtat(|e surirritation. Chez les chameaux femelles,

il se forraeàceUeipoque une tumeur qui suppute, ou laisse suinter pendant tout le temps du rut , une liqueur d’une odeur très forte. Tout ceci prouve que les testicules et les ovaires ne sont pas les seules parties qui , dans la période du repos de l’instinct de la propagation , diminuent , et qui , dans la saison des ampurs , reprennent plus de plénitude.

De tous ces phénomènes , je conclus qu’il existe une réaction réciproque entre le cervelet et les parties qui l’environnent immédiatement, ainsi qu’entre lui et les parties sexuelles ellesmêmes. En traitant de l’état de maladie , je fournirai , en faveur de cette assertion, des preuves plus convaincantes encorci

Voici encore uneobjectiontiréedu Dictionnaire des Sciences médicales j t.xxxvii, p. 267: ((Pourquoi donc la protubérance affectée à tel sentiment ou à telle passion particulière , restant la même , y a-t-il tant et de si continuelles vicissitudes dans l’affection ou disposition sensitive correspondante ? Si l’amour physique ou l’appétit vénérien a son siège organique situé derrière la tête , pourquoi l’intermittence , les variations, les degrés d’énergie ou d’affaiblissement d’une telle passion, se proportionnent- ils toujours à l’état d’irritation ou d’action d’un foyer particulier de sensibilité, ou d’un appareil nerveux dont

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