II. — Plantes terrestres et aériennes
Les plantes submergées, ne transpirant pas, ont un système ligneux très réduit, comme nous l’avons vu. Mais, chez les plantes à feuilles nageantes ou à feuilles aériennes, le tissu ligneux se développe avec la fonction de transpiration et les formations secondaires apparaissent chez certaines espèces. Elles sont formées de bois uniformes et cela s'explique par l’absence de variations dans la fonction d’absorption qui s'exerce dans un milieu constant.
Déjà les plantes palustres nous ont permis de constater des changements de nulieu à la fois chez l’appareil aérien et chez l’appareil souterrain. Il peut arriver que celui-ci, par les chaleurs de l’été, souffre de la sécheresse et que sa végétation d’automne donne des bois d’automne différents des bois de printemps. De Ià l’apparition de couches concentriques plus ou moins nettes dans les bois secondaires de la tige coupée transversalement.
Ces bois différents résultant des inégalités saisonnières dans le régime de l’eau circulant dans la plante et des conditions spéciales qui amènent le passage de la vie active à la vie
ralentie et vice-versà peuvent être considérés comme des tissus physiologiques.
On peut de même envisager les tissus subérifiés engendrés par le phellogène comme d’autres formations physiologiques et cela d'autant mieux que nous en retrouvons de semblables dans diverses plantes grasses adaptées à la vie en milieu sec, chez le Portulaca afra et diverses Euphorbiacées par exemple, et dans certains arbres, comme chez les Rosacées.
Mais les tissus ligneux physiologiques secondaires qui sont plutôt des exceptions chez les plantes aquatiques deviennent presque la règle chez les plantes terrestres et aériennes, parce que celles-ci vivent dans des nulieux beaucoup plus variés et présentent des adaptations spécifiques beaucoup plus étendues. Et cela ne concerne pas seulement une espèce donnée mais encore les organes qui la constituent et qui, par la division du travail, permettent à la fonction primordiale de la nutrition de s’exercer au mieux des intérêts de la plante et de la conservation de l’espèce. Ces organes présentent souvent des modes de vie très différents, étant adaptés à des fonctions également très différentes.
La réponse añatomique faite par un tissu donné, comme par exemple le bois secondaire, dépendra donc à la fois des caractères spéciñiques héréditaires des végétaux considérés, de Ja complexité et de la spécialisation particulière des organes et des changements plus rapides, plus ou moins espacés du milieu, ceux-ci pouvant être progressifs et continus ou brusques et espacés (à-coups de végétation).
Il en est en effet ainsi, comme je vais le démontrer dans la suite de ces notes où, après avoir examiné un certain nombre de types évoluant dans leur milieu normal, j'étudierai les variations produites dans leurs bois secondaires par certains excitants que j'ai employés systématiquement avec des seuils d’intensité et de durée suffisants pour amorcer les réactions et leur permettre à la fois de s'effectuer et de s’enregistrer distinctement.
À ces divers points de vue, j’ai examiné successivement des plantes grasses et des plantes herbacées ordinaires, non grasses,
appartenant à des fanulles diverses et offrant des rhythmes de végétation variés.