A) PLANTES GRASSES
Les plantes de cette catégorie ont une structure spéciale en général bien connue, et Van Tieghem a signalé les Opuntia et les Mammillaires comme des plantes dépourvues de couches concentriques ligneuses. Toutes présentent une adaptation spéciale à la vie en milieu sec et des parenchymes riches en acides, retenant fortement l'humidité réduits.
; les bois sont généralement
J'ai étudié seulement quelques plantes grasses indigènes et certaines plantes grasses exotiques, cultivées depuis plus ou moins longtemps dans les serres du jardin des plantes de Rennes.
1° Plantes grasses indigènes. — Les plus communes dans notre région sont les Sedum rubens et reflexum.
La tige d’un Sedum rubens, âgée de deux ans, possède deux îlots ligneux, en éventail, séparés par deux bandes de parenchyme formant une croix avec eux. Les bois secondaires sont uniformes et rappellent un bois particulier que l’on retrouve dans beaucoup de plantes rampantes ou à tiges partiellement couchées, en particulier chez les Caryophyllées, et qui sera décrit plus loin en détail chez le Szellaria graminea.
La moelle, assez développée, ne présente rien de particulier. Le liber, bien caractérisé, forme un anneau complet, bien que les bois sont fractionnés. L’écorce, épaisse, est quelque peu lacuneuse '; le phellogène donne un liège épais avec quelques couches de phelloderme.
Chez le Sedum reflexum, dans la tige âgée de plusieurs années, on trouve en général : 1° Cinq gros faisceaux libéroligneux se ressemblant beaucoup comme disposition et forme des vaisseaux ct de petits faisceaux intercalaires. 2° Dans certains échantillons, ces cinq faisceaux ont tendance à se réunir en un cercle complet par l'intermédiaire de fibres qui se développent
dans les rayons médullaires entre les cinq gros faisceaux et au-dessus des petits faisceaux intercalaires. Ces fibres forment ainsi une sorte de bande sinueuse.
La moelle est lacuneuse, mais moins épaisse que dans le Sedum rubens ; le périderme est également moins étendu.
Dans les bois secondaires, les tissus sont assez uniformes. Foutefois on y trouve des parties inégalement lignifiées que mettent en évidence les colorants verts ; mais on ne peut distinguer aucune séparation nette en bois de printemps et en bois d'automne ; par conséquent 1l n’y a pas de couches ligneuses concentriques.
Le hber est continu ou tend toujours à le devenir.
J'étudierai, avec les plantes grasses, une espèce halophyte, l’'Halianthus peploides, Caryophyllée commune au bord de la mer, où elle pousse dans les sables et les dunes baignées par les embruns. Son rhizome, longuement traçant, est très ramiñé et sert surtout à la multiplication de la plante qui fleurit rarement et fructifie peu, bien que j'aie trouvé des pieds à nombreux fruits à Erquy (Côtes-du-Nord).
Une coupe passant dans un rhizome âgé de deux ans, provenant d’Erquy, présente la disposition suivante (fig. 7, page
Au centre une moelle dont les cellules internes se sont comprimées par la pression du bois secondaire (parenchyme de compression). Autour de la moelle du bois primaire autour duquel le bois setondaire, à vaisseaux arrondis disséminés sans ordre dans du parenchyme non lignifé, forme un anneau complet sans trace de couches concentriques. L’anneau de liber est assez épais et dans la partie profonde de l’écorce, le phellogène donne un liège épais, uniforme, à membranes assez minces, et en dedans du phelloderme.
Dans des échantillons cultivés au jardin des plantes de Rennes et âgés de trois ans, la coupe ne présentait pas de parenchyme de compression dans la moelle, et le liège, plus épais, était aussi plus dur. Par ailleurs, ii n’y avait pas de différences profondes.
Cette plante présente en somme le bois des Caryophyllées