‹ Influence du mode de vie sur la structure secondaire des dicotylédonesChapitre 23 sur 141 · — TO · texte numérisé non relu

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végétation active, par un retour en arrière. Il est donc nécessaire de bien connaître le développement morphologique externe de la plante pour en expliquer sûrement la structure.

Dans un rhizome de Chelone glabra dont j'ai suivi le développement pendant, six ans, la partie âgée de six ans (fig. 2, pl. XVIII) présente autour de la moelle deux anneaux complets de bois dur, avec beaucoup de fibres et peu de vaisseaux. Entre ces anneaux, se voit une légère couche de bois tendre, ne prenant pas les colorants verts. Au-dessus de ce bois dur, les bois secondaires se fractionnent en formant des coins ligneux séparés par des rayons médullaires larges, mais les bois de printemps et d'automne n’y sont pas distincts d’une façon très nette.

La partie du rhizome âgé de 5 ans présente quelques différences minimes avec la région de 6 ans. L’anneau interne complet n'offre qu’une seule couche assez étroite (fig. 3, pl XVIIT). La couche qui l’entoure offre déjà des séparations ; les couches suivantes sont fractionnées et le bois se ramifie çà et là en V.

À 4 ans, l’anneau le plus interne a une tendance à se fractionner lui-même (fig. 4, pl. XVIII), tandis que à 3 ans, il est complet, ainsi qu’à deux ans.

Les racines adventives de 5 ans présentent une structure bien différente de celle du rhizome. Il n’y a pas correspondance entre l’âge et le nombre des couches concentriques (fig. 1, pl. XVIIT).

Le liège se trouve dans l’écorce et est formé de couches assez épaisses, uniformes dans la tige comme dans la racine.

Le Pachysandra procumbens est une Euphorbiacée buissonnante, à tiges souterraines rampantes s’enracinant facilement aux nœuds et formant sympode. Malgré les dérivations successives, les tiges restent longtemps attachées à la plante mère.

Les coupes successives effectuées dans des tiges rampantes souterraines ou couchées sur le sol, âgées de 2 à 8 ans, révèlent l'existence d’une dorsiventralité en général très accusée et dont l’importance dépend de la situation de la pousse et de la valeur de la dérivation mixte {racines et rameaux réparateurs). Le dos est situé du côté de la lumière ; le ventre, du côté du sol (fig. 4, pl LVT), quand le rameau réparateur est unique et situé à la

face supérieure du rhizome précédent. Si les rameaux réparateurs sont au nombre de deux et situés latéralement aux extrémités d’un même diamètre, le ventre est moins marqué et il y a deux dos plus où moins distincts.

Les bois secondaires présentent des traces de couches concentriques dans la région dorsale épaisse, mais leur nombre est bien inférieur à l’âge réel de l’organe.

D’autres catégories de plantes herbacées polycarpiques à rhizome sont également intéressantes comme exemples d’adaptations anatomiques correspondant au mode de vie. Telles sont : 1° les plantes plus ou moins rampantes, plus ou moins souterraines et aériennes, à rosettes plus ou moins prononcées, comme certains Geranium, Cirsium, etc. à ramihcation sympodique ; 2° les plantes à rosette, à croissance indéfnie, à tiges florifères latérales et définies comme certaines Potentilles, le Geum urbanum, divers Vzola, etc.

Parmi les Geranium vivaces, }’ai étudié plus spécialement les Geranium sänguineum, macrorhison et Endressi, cultivés au jardin botanique de Rennes et le Geranium sanguineum provenant des dunes d’Erquy (Côtes-du-Nord).

Le Geranium sanguineum est une plante de longue durée, robuste, à rhizome rosé, écailleux et ramifñé, sur lequel se trouvent de nombreux chicots indiquant avec une assez grande précision le nombre des années dans les exemplaires normaux. Des racines adventives épaisses mais peu nombreuses, existent çà et là sur les rhizomes, et peuvent parfois donner des bourgeons adventifs qui se développent en tiges nouvelles quand les circonstances sont favorables.

La structure est peu différente dans les exemplaires du Jardin des Plantes de Rennes et dans ceux d’Erquy. La coupe d’un rhizome de 4 ans, pris à Rennes, montre une moelle très étendue autour de laquelle on voit un bois formé d’un nombre variable de compartiments séparés par du parenchyme et entourés chacun d’iîlots irréguliers de fibres très dures. Ces bois ne sont pas toujours divisés en couches concentriques bien distinctes et si, dans quelques exemplaires, on voit des séparations assez nettes, leur nombre ne correspond pas à celui des années.

Au-dessus du bois vient un liber dont la partie externe comprend des fibres en anneau tantôt complet, tantôt interrompu en certains points. Le périderme est très développé, d’aspect spécial, différent de celui des autres espèces.

Les échantillons d’Erquy étaient plus vieux. Dans la partie âgée de 12 ans, les faisceaux ligneux étaient au nombre de 4, par suite de la soudure de deux d’entre eux, quand le nombre typique est de 5. Ces faisceaux étaient aplatis et très réduits (fig. 2, pl. XIV). Les fibres libériennes n’existaient pas. Le périderme était très accusé.

Une partie du bois secondaire de certains faisceaux se résorbait en s’entourant d’une couche irrégulière de liège accidentel (fig. 32). Autour des faisceaux ou mélangées au bois se trouvaient des fibres épaisses et dures en îlots. Il était impossible de trouver un nombre de couches concentriques ligneuses égal à celui des années.

Dans la région du rhizome âgée de 6 ans, 1l y avait cinq faisceaux ligneux séparés inégalement développés vu la station horizontale de l’organe. On y trouvait des couches concentriques ligneuses plus distinctes et plus nombreuses que dans la partie âgée de douze ans ; elle paraissait ainsi plus vieille. Des îlots de fibres libériennes existaient en face des faisceaux ligneux (HS MLADIEXTVE

Toutes les coupes de ce Geranium sont riches en cristaux d’oxalate de chaux.

La différence principale qui existe entre les exemplaires de Rennes et d’Erquy consiste dans la réduction du stéréome chez les exemplaires maritimes, ce qui est en rapport avec les données relatives à l’action du climat marin et du chlorure de sodium (64).

Les faisceaux ligneux étaient inégalement développés dans toutes les coupes ; la dorsiventralité était très nette, par conséquent, et cette disposition était naturellement la résultante de l’état plagiotrope du rhizome, comme dans les cas précédemment décrits. En outre, ils étaient d’autant plus aplatis qu’ils étaient plus vieux et l’on n’y trouvait plus la disposition en V

des vaisseaux qui existe dans les tiges de première année et qui rappelle celle des Monocotylédones.

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