BRANCHES A CROISSANCE TRÈS LONGTEMPS INDÉFINIE OU BRANCHES A BOIS
Les branches longues à bois comprennent la flèche des arboriculteurs, autrement dit le prolongement de l’axe principal, et les rameaux de prolongement des branches charpentières ou de leurs principales divisions (fig. 35).
La flèche est verticale et, sensiblement du moins, éclairée d’une façon uniforme sur toutes ses faces par le fait de la rotation diurne de la terre. En outre, la quantité de sève qui lui est distribuée est, en raison même de la situation verticale, plus considérable que dans toute autre pousse du Poirier. Les feuilles qu’elle porte fonctionnent aussi avec le maximum d’énergie.
Pour ces raisons, les tissus ligneux sont très développés. La symétrie de la coupe est sensiblement axiale, quoique, dans certains cas, il y ait tendance à la formation d’un dos et d’un ventre, c’est-à-dire d’une structure bilatérale.
Chez des Poiriers greffés sur Cognassier, de vigueur normale, j’ai mesuré les coupes transversales de la flèche, effectuées vers la base du rameau d’un an. J'ai trouvé, en moyenne, un diamètre de 10 millimètres. Le bois occupait sensiblement la
moitié de la coupe, c’est-à-dire équivalait à la moelle et à l'écorce réunies. Le bois de printemps est en général plus développé que le bois d’automne.
Moelle et écorce étant sensiblement égales, on peut dire que, en moyenne, le bois est le double de l’écorce.
Le liber est formé de liber mou et de liber dur. Ce dernier est disposé en îlots fibreux distincts. L’épaisseur du tissu libérien est égale, toujours en moyenne, au tiers environ de l'écorce.
La moelle est formée de cellules à membranes ponctuées caractéristiques. Sur ses bords, on y trouve des pointements primaires plus ou moins distincts entourés de parenchyme périmédullaire.
Les parenchymes contiennent des réserves d’amidon abondantes pendant l’hiver, ce qui est un phénomène général chez tous les arbres. Mais les proportions de cette substance varient suivant les tissus. Elle est surtout abondante dans la moelle, et elle va progressivement en diminuant de l’intérieur vers l’extérieur. Abondant dans les rayons médullaires, l’amidon est en quantité moindre dans le hber et l’écorce.
Les cristaux d’oxalate de chaux sont nombreux dans la moelle, le liber et l’écorce, mais 1ls sont de taille inégale dans les trois régions. C’est le liber qui possède les plus petits et les plus nombreux.
Dans les rameaux de prolongement des branches charpentières et dans ceux des fortes ramifications latérales de ces branches, la structure devient légèrement différente. Inclinés plus ou moins par rapport à la verticale, ces rameaux sont plus éclairés à la face supérieure et reçoivent d’autant moins d’aliment que leur géotropisme négatif est moins marqué. Les branches voisines forment vis-à-vis d’elles un écran de valeur variable quant à l’incidence solaire.
Il résulte de là que l'épaisseur relative de la coupe est moindre et que la symétrie bilatérale est plus accusée que dans la flèche. Ainsi, en moyenne, la coupe n’atteint guère plus de huit millimètres ; dans la partie la plus épaisse le bois est presque double de celui de la partie mince ventrale. Les vaisseaux sont plus grands et plus nombreux du côté du dos ; l’aoûtement
est aussi meilleur, les réserves plus abondantes. Durcissement du bois et abondance des réserves vont de pair.
Les proportions relatives des tissus restent les mêmes que dans la flèche ; seules les dimensions de la coupe varient.
Les branches courtes à bois n’offrent, à la première année, avec les rameaux précédents, d’autres différences que la réduction des proportions des tissus et l'épaisseur totale plus faible. Il n’y a pas lieu de s’y arrêter.