‹ Influence du mode de vie sur la structure secondaire des dicotylédonesChapitre 28 sur 141 · BRANCHES A FRUITS · texte numérisé non relu

BRANCHES A FRUITS

Considérons la brindille fruitière et le rameau à fruits de première année.

ia brindille a une structure déjà bien différente de la branche à bois, bien qu’elle soit en quelque sorte intermédiaire entre les structures de la branche à bois et de la branche à fruits proprement dites.

Suivant son éclairement fort variable d’après sa situation sur l’arbre et ses relations avec les parties environnantes, la structure peut être à symétrie axiale ou à symétrie bilatérale.

Les proportions de la coupe varient de un à trois millimètres en moyenne. Le bois en occupe le huitième seulement ; le liber égale au moins les dimensions du bois et les dépasse souvent ; la moelle et l’écorce sont très développées et remplissent les trois quarts de la coupe.

Les réserves y $ont très abondantes, vu le grand développement des tissus parenchymateux. Les cristaux d’oxalate y sont également très nombreux.

On peut remarquer que, dans cette forme de passage entre le rameau à bois et le rameau à fruits, la prédominance caractéristique du tissu ligneux dans les pousses à bois disparait, mais ce tissu reste caractérisé comme précédemment.

Plus modifiées sont les productions fruitières de première année qui peuvent être de deux sortes : le Jard et la lambourde d’un an. Le dard est la pousse courte portant rosette de feuilles mais non un bourgeon à fruits. La lambourde porte un bourgeon à fruits. Ces pousses n’offrent que peu de différences anatomi-

ques, car elles correspondent à des degrés plus ou moins élevés dans une même adaptation à la fonction de reproduction.

Leur épaisseur est fort variable. La coupe est souvent à symétrie bilatérale. Le bois primaire est fort net et plus développé que dans les” rameaux précédents. Le bois secondaire, de dimensions faibles, est peu différencié et les vaisseaux sont peu nombreux. La lignification est peu marquée et souvent le parenchyme ligneux a des membranes minces ou peu épaissies, absorbant mal les colorants verts, de telle sorte que la coloration des bois par les réactifs s'effectue d’une façon très inégale.

Le liber est beaucoup plus développé. Le liber dur est réduit relativement et le liber mou occupe une étendue égale à celle dé l'écorce. La moelle est volumineuse et présente des cellules plus ou moins lignifñées, presque à l’état de sclérites en certains cas. L’amidon est extrêmement abondant ainsi que les cristaux d’oxalate de chaux.

On remarque en outre, dans l’écorce, de nombreuses traces foliaires, ce qui provient du raccourcissement très prononcé des entrenœuds, amenant presque sur un même plan les bourgeons disposés en spirale.

Les principales différences qui distinguent anatomiquement la pousse à bois et la pousse à fruits de première année portent donc sur la valeur relative du bois, du liber et des parenchymes, ainsi que sur l’abondance des réserves. On peut les résumer ainsi

Stéréome très développé. Bois prédominant par rapport aux parenchymes. Bois de printemps et bois d'automne très long-

1. temps distincts. Pas de traces foliaires dans les coupes des entrenœuds. Moelle à membranes ponctuées. Cristaux d'oxa-

late et grains d’amidon assez abondants.... Branche à bots.

Stéréome moins développé. Parenchymes prédominants par rapport aux tissus ligneux. Bois plus mou dans lequel le bois de printemps et le bois d'automne sont moins distincts et finis-

Es sent par se confondre d'assez bonne heure. Traces foliaires dans l'écorce, à cause de la réduction des entrenœuds. Parenchyme médullaire mince ou scléreux à des degrés divers. Cristaux d’oxalate et grains d'amidon très abondants. Branche à fruits.

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