III. — Branches diverses de quelques autres arbres
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Les résultats que je viens d’indiquer pour le Hêtre ordinaire s’appliquent à toutes ses variétés ; J'ai pu constater sur de nombreuses coupes leur constance dans cette espèce.
Parmi les arbres qui présentent à la fois des branches longues et des branches courtes, on observe pour les branches longues les mêmes caractères que chez le Hêtre, avec des diffésences de détail. Elles portent toujours des pousses annuelles allongées et leur tissu vasculaire est toujours très développé. Aussi je ne donnerai point de chiffres pour chaque arbre étudié.
Il en est de même pour les branches mixtes : on y trouve la disposition des pousses annuelles et des tissus signalée chez le Hêtre. Le bois en particulier y possède des zones d’accroissement annuelles assez nettes. Mais 1l est impossible de savoir si une de ces zones correspond à l’accroissement résultant d’une seule pousse annuelle ou correspond à une formation ligneuse produite par plusieurs pousses annuelles courtes successives.
Les branches courtes présentent une forme spéciale suivant l’arbre considéré et j’en ai dessiné des exemplaires caractéristiques. Leur nombre varie sur chaque arbre suivant l’espèce et l'individu.
Charme (Carpinus Betulus)
Le Charme porte des branches courtes très grêles, à pousses annuelles longues d’environ 10 à 15 "/,. Les cicatrices foliaires sont relativement espacées ; souvent au-dessus de celles-ci, on observe de petits bourgeons qui restent toujours rudimentaires. La pousse annuelle est légèrement renflée aux deux extrémités. La partie supérieure sensiblement plus grosse que la base emboîte légèrement le bourgeon terminal. Celui-ci est ovoïde, lông de 6 à 7 , environ ; il est plus court et moins cffilé que celui du Hêtre, ce qui, en l’absence de feuilles, permet de distinguer les rameaux des deux arbres. Les cicatrices gemmaires sont toujours bien marquées à la base de chaque pousse annuelle.
J'ai reproduit ici une branche courte de Charme âgée de 10 ans et le dessin d’une coupe de sa base (fig. 75 et 76). On y remarque un liège fortement subérifñié, une écorce formée de cellules légèrement allongées dans le sens transversal, un liber dur formé de fibres et de cellules scléreuses réunies en anneau presque continu ; le liber mou est formé de couches fortement serrées les unes contre les autres. Le bois comprend des vais-
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Fig. 74. — B Fagus sylvaltica, Bois d’une bran-
à TOUR OCOOÙ che mixte de 17 De 200 COX. M .
SOL ans. Grossisse- = ‘a. nn Ce ment 100. — M,
moelle ; B, bois ; R m, rayon médullaire; 1, 2..., 17, couches annuelles dont celles de 2 à 17 restent indistinctes.
Fig. 75. — Charme : branche courte de 11 ans fgrandeur nature), — 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, pousses annuelles.
Fig. 76. — Charme : coupe d’une branche courte de 19 ans. Grossissement 18,
Fig. 77. — Bois d’une branche courte de 10 ans. Grossissement 166,666. — M, moelle; 1, 2,.., 10, couches annuelles dont celles de 2 à 10 restent indistinctes,
seaux ct des fibres et ses couches ligneuses annuelles ne sont pas nettes. D’une certaine épaisseur dans les premières années, elles sont très minces après la quatrième environ et leur nombre ne correspond pas à l’âge de la branche. Il est impossible de retrouver dans un tékbois les caractères spécifiques du Charme. Le bois adulte normal de cette essence présente des accroissements annuels peu nets, sinueux, limités par 4-6 rangées de fibres étroites. Ses rayons médullaires y sont nombreux et fins. Souvent des rayons médullaires étroits se rapprochent et ne sont séparés que par une mince couche de fibres et simulent ainsi de gros rayons médullaires. Dans le bois normal, les vaisseaux sont nombreux, épars ou groupés.
Quoique le bois d’une branche jeune n’ait pas acquis généralement ses propriétés caractéristiques, celui d’une branche longue de dix ans les possède déjà. Il n’en est pas de même dans la branche courte (fig. 77) où les vaisseaux sont de petite taille et irrégulièrement disposés, où les fibres sont nombreuses et serrées.
Les rayons médullaires sont peu nombreux, minces, et ne forment pas de faux gros rayons.
Les cellules médullaires sont ligniñées et la moelle a une faible excentricité.
Plus les branches courtes sont âgées, plus leur bois devient uniforme. Pratiquement 1l est difficile d’y distinguer des couches annuelles après la huitième année, et on ne pourrait savoir l’âge d’une telle branche s1 les cicatrices gemmaires ne persistaient très longtemps.
Bouleau (Betula alba)
Sur le Bouleau on trouve fréquemment des branches courtes dont la longueur dépasse rarement quatre ou cinq centimètres. Leurs pousses annuelles sont très réduites et n’ont que quelques millimètres de long.
Les cicatrices gemmaires sont par suite très rapprochées, de même les cicatrices des quelques feuilles, qui, chaque année, couronnent l’extrémité de la pousse. Le bourgeon terminal est cffilé (fig. 78).
== 183 = Il est rare de trouver des branches courtes âgées de plus d’une dizaine d'années.
Sur une coupe (fig. 79) faite à la base d’une branche courte âgée de huit ans on remarque un liège assez épais, une écorce
78 7 Fig. 78. — Bouleau : branche À courte de 8 ans (grandeur na- S à ture), E Î DEP LL INA ME ee 2 ches annuelles.
3 Lin à Fig. 79, — Bouleau : branche M
courte de S ans. Grossissement 18.
SAHSSeNE; secorcerd ben dur ; L m, liber mou; M, moeile; B, bois.
Lien développée, de petits paquets de fibres et de cellules scléreuses à la périphérie d’un liber normal.
Le bois (fig. 80) est sensiblement uniforme et formé par des vaisseaux à petite ouverture et des fibres à diamètre relativement assez grand ; les rayons médullaires sont très étroits ; les zones annuelles du bois sont peu nettes, les premières sont seules bien marquées et sensiblement circulaires.
La moelle a des cellules à parois lignifñiées et ponctuées.
Le bois de la branche courte ne présente pas les particularités anatomiques du bois de Bouleau adulte : il en diffère par le faible diamètre de ses éléments et l’absence des couches annuelles distinctes.
Châtaignier (Castanea vulgaris)
Il est difficile de trouver des branches courtes sur cet arbre. On peut dire que normalement il n’en porte pas. Cependant sur des arbres très âgés on rencontre parfois de petites branches très grêles, légèrement ondulées et portant à leur sommet un petit nombre de feuilles. Ce sont des branches courtes typiques (fig. 81). Leurs pousses annuelles atteignent fréquemment plus de deux centimètres de long, les cicatrices foliaires sont saillantes et portent parfois de petits bourgeons avortés. Les rides
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ë Fig. 80. — Bouleau : bois
d'une branche courte de S ans.
Grossissement 166,606.
M, moelle à cellules scléreuses; BDOIS DINAN EE 0 couches annuelles de bois secondaire dont celles de 3 à 8 restent indistinctes.
Fig. 81.— Châtaignier : bran- , che courte de 14 ans {1/2 grandeur nature).
1, 2, 3» 45 57 05 73 8, 9, 10, à 11, 12, 13, pousses annuelles.
Fig. 82, — Châtaignier : bran- ! che courte de 14 ans. Grossissement 18.
S, liège épais surtout d'un côté ; E, écorce inégalement développée suivant les régions ; L d, liber dur; L m, liber mou;
cents B, bois à dorsiventralités concordantes; M, RAETTUS feu moelle présentant des protubérances se rendant nr ° B dans les bourgeons latéraux.
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NI
AC Cette petite branche provient d’un arbre en NI CODEC: voie de décrépitude sénile, dont l'âge était d'au NF ds) SAT moins 300 ans, si lon en juge par le nombre
) É des couches concentriques ligneuses de son tronc lors de l'abattage.
.) ms À
Fig. 83. — Erable panaché (Acer . Negundo): branche courte de 13 ans ” (grandeur nature).
1, 2, 35 4) 53 6, 7, 8.9, 10, 11, 12, pousses annuelles.
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Fig. 84. — Erable panaché (Acer Negundo) : coupe d'une petite branche de 10 ans.
S Grossissement 18 fois.
Syiése: Eécorce- lid, liber
dur ; L m, liber mou ; M, moelle; 9 B, bois.
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Fig. 85. — Erable panaché (Acer 2 … 10 Negundo) : bois d’une branche courte : de 12 ans.
Grossissement 100.
M, moelle ;
Il B, bois, dont les diverses couches annuelles sont plus ou moins confondues de bonne heure, mais à des âges variables suivant les échantil-
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ya Jons considérés, B Les branches courtes, presque toujours, sont des branches à fruits et sont particulièrement nombreuses dans cette espèce d’Erable.
cemmaires persistent longtemps. Le bourgeon terminal est petit.
Une coupe passant à la base de la branche figurée ci-dessous (fig. 82) présente un liège assez épais; une écorce bien développée ; de petits îlots de fibres et de cellules scléreuses entourent le liber dont les cællules forment des fibres serrées les unes contre les autres. Le bois formé de vaisseaux et de fibres est parcouru par un nombre relativement petit de rayons médullaires. Mais, alors que dans le bois normal de Châtaignier les accroissements sont très apparents, dans celui de la branche courte ils ne sont visibles que pendant les dix premières années environ. Ensuite les couches annuelles sont sensiblement uniformes, les vaisseaux et les fibres étant disposés d’une façon irrégulière (fig. 4, pl. XXIV).
La moelle est lignifiée et ne présente rien de particulier.
Erable panaché (Acer Negundo)
Les branches courtes d’Erable, lors même qu’elles sont âgées et formées d’un assez grand nombre de pousses annuelles, ont toujours un faible diamètre (fig. 83). La pousse annuelle, longue d’environ dix millimètres dans les exemplaires typiques, porte des bourrelets annulaires correspondant aux traces de feuilles opposées. Quelquefois à leur aisselle sont de petits bourgeons avortés. Les cicatrices gemmaires d’un même bourgeon ne restent pas aussi rapprochées les unes des autres que dans les branches courtes des autres arbres : une légère croissance intercalaire les sépare, si bien qu’on pourrait à première vue les confondre avec les traces foliaires.
Le bourgeon terminal est de petite taille.
Sur une coupe passant au miveau de la portion âgée de 12 ans d’une branche courte (fig. 84), on voit un liège normal, une écorce formée de cellules arrondies, des arcs de liber dur à la limite de l’écorce et du Liber mou. Ce dernier est normal ct formé de tubes criblés et de parenchyme. Le bois (fig. 85) comprend des vaisseaux et des fibres disposés en files radiales juxtaposées. Les vaisseaux dont le diamètre est faible, sont quelquefois groupés en petit nombre dans le sens radial, le plus souvent disposés sans ordre au milieu des fibres.
Les accroissements sont peu nets après la cinquième année (g. 2, pl. XXII), parfois même dès la deuxième antée, Les rayons médullaires sont assez nombreux et étroits :
leurs cellules sont de petite taille ; la moelle n’est pas lignifée.
Frêne (Fraxinus excelsior)
Il est rare de trouver sur cette essence des branches courtes âgées ; les arbres normaux et vigoureux n’en portent presque pas ; seuls, en portent en grand nombre, les arbres vieux ou placés dans des conditions de nutrition défectueuse.
Ea figure 86 représente une branche courte âgée de dix-neuf ans. Ses pousses annuelles, longues de 25 à 40 millimètres, portent des traces foliaires très apparentes et des cicatrices gemmaires bien visibles. De petits bourgeons axillaires persistent longtemps au-dessus des traces foliaires, mais ne se développent jamais. Le bourgeon terminal est court et pointu.
Les pousses annuelles sont, dans ces branches courtes, plus développées que chez les mêmes organes des autres arbres ; aussi leurs zones ligneuses annuelles sont-elles plus longtemps visibles ; bien que leur épaisseur soit réduite, on peut les compter jusqu’à la quinzième année environ. Les gros vaisseaux y forment des arcs concentriques assez réguliers et sont limités au bord interne où ils sont disposés sur une seule rangée dans laquelle ils sont rarement accolés.
Dans les premières années, les vaisseaux de taille un peu moindre sont presque toujours groupés en files radiales. Le tissu fibreux est assez dense et les rayons médullaires sont très nombreux et très étroits.
Cette structure, quoique assez spéciale, se rapproche pourtant bien davantage du bois de Frêne normal que le bois des branches courtes du Hêtre, par exemple, de celui des branches longues normales de cette essence. Cela tient surtout à la plus grande vigueur des pousses annuelles dans les branches courtes du Frêne.
Toutefois chez des arbres souffreteux, on rencontre des branches courtes, faibles, et dont la coupe ne présente qu’une