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V. — Structure secondaire des feuilles

Les feuilles peuvent, en certains cas, présenter une structure secondaire plus ou moins prononcée. Telles sont certaines feuilles persistantes. Comme il s’agit d'organes à développement presque achevé la première année de leur formation, on ne peut guère s'attendre à trouver chez les feuilles des couches concentriques ligneuses nombreuses et bien distinctes. Je ne dirai donc que quelques mots sur la structure de leur pétiole où les formations secondaires sont en général le mieux développées.

Les feuilles de Camellia sont celles chez lesquelles on trouve des couches concentriques le plus nettes, mais naturellement en petit nombre. Un ou deux arcs ligneux très peu épais, mais dont le premier peut être formé de bois de printemps et de bois d’automne distincts, existent dans les feuilles âgées. Toutefois le nombre de ces arcs ne correspond pas avec l’âge.

De même, on trouve dans les pétioles de certaines feuilles âgées (cinq ans) de Raphiolepis le bois secondaire ordinaire du pétiole, au-dessus duquel il y a un arc faible de bois distinct du bois d’automne précédent. Mais cet arc n’existe pas dans toutes les feuilles de cet âge.

La grande majorité des feuilles persistantes n’a pas de couches concentriques dans le pétiole, ou dans la nervure principale s’il s’agit de feuilles sessiles, soit que l'accroissement en épaisseur n'ait pas lieu, soit qu'il se fasse par le procédé particuher qu’a décrit Tizon chez les Conifères (70).

I résulte de là qu’on ne peut jamais reconnaître l’âge

exact d’une feuille persistante en comptant le nombre des couches concentriques de ses bois secondaires.

En résumé, on peut tirer de cette étude sur la structure comparée des arbres de notre pays les conclusions suivantes

Les six catégories de branches que portent certains arbres, et dont j'ai défini les caractères externes spéciaux, diffèrent par leur port et leur structure. Les branches longues à bois ont un bois très développé à structure parfois caractéristique de l’arbre considéré. Dans les branches mixtes âgées, longues ou courtes, dans les petites branches à bois de courte durée et surtout dans les branches fruitières et les branches épines, le tissu vasculaire, relativement réduit, ne présente plus aucun caractère anatomique spécifique et les couches annuelles sont indistinctes, à partir d’un certain âge.

Les branches courtes sont rares sur les arbres jeunes; cependant ceux qui ont été gênés dans leur développement, pour une raison quelconque, en portent un certain nombre.

Ces formations sont de plus en plus fréquentes à mesure que l'arbre vieillit, et à son déclin, elles constituent presque exclusivement ses seules productions. Il en résulte que les couches annuelles du tronc sont de moins en moins épaisses, deviennent de moins en moins distinctes et que finalement 1l est très difficile, sinon impossible, de déterminer avec certitude l’âge de l’arbre. ‘

S1 à ces causes d’irrégularité des formations ligneuses on ajoute celles bien connues provenant des variations climatoloeiques, des destructions de branches, on est autorisé à conclure qu’il est impossible de fixer avec précision, non seulement l’âge des branches courtes et celui des branches mixtes, mais encore celui des arbres très âgés, tant d’après leurs caractères extérieurs que d’après leurs caractères anatomiques.

Dans certains cas on serait amené à leur donner un âge exagéré ; beaucoup plus fréquemment on leur attribuerait un âge inférieur à celui qu’ils ont en réalité.

On peut trouver, dans quelques arbres, des structures différentes dans les racines quand celles-ci sont adaptées à des fonc-

tions spéciales (multiplication par drageons) ou rencontrent des conditions de vie particulières (vie anormale dans l’eau).

En un mot, les conditions de vie ne sont pas les mêmes pour les diverses catégories d'organes d’une même plante : c’est pour cela que les structures de ceux-ci sont différentes et c’est une preuve de plus de l'influence de l’écologie sur la structure secondaire des Dicotylédones.

L’emboîtement des cônes n’existe que si la croissance est suffisamment rapide et que si les produits plastiques fabriqués par les feuilles sont en assez grande abondance pour se répartir dans tous les organes de la plante.

Ainsi s'expliquent

Que, au moment de leur croissance active en longueur, le tronc et les grosses branches et en général tous les organes vigoureux, à croissance rapide, prennent seuls la forme conique, tandis que les petites branches et en général les organes faibles, à croissance lente et sensiblement égale ont la forme cylindrique, ou bien ont une forme irrégulière quand, par suite de leur croissance inégale suivant les années, elles présentent des parties minces et des parties plus épaisses.

2° Que, suivant le niveau de la coupe dans une petite branche, on trouve tantôt des couches distinctes, tantôt des couches indistinctes, en nombre variable et sans rapport avec l’âge. Cette irrégularité et ces différences sont comparables à celles de certains rhizomes et des tiges rampantes par rapport aux parties aériennes,

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