‹ Influence du mode de vie sur la structure secondaire des dicotylédonesChapitre 51 sur 141 · ÈS · texte numérisé non relu

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sives du milieu imparfait portent sur un seul végétal, sous peine de l'extinction de l'espèce si elles portent sur l’ensemble des individus, la plante, quisne possède pas comme l'animal la faculté de se déplacer pour chercher de meilleures conditions e vie, doit à toutwprix subir les exigences des milieux où elle est appelée à vivre. Elle ne peut le faire qu’en s’y adaptant.

L'observation journalière de la végétation qui nous entoure montre que la plante s'adapte en général avec une flexibilité et une plasticité surprenantes. C’est d’ailleurs un fait démontré par la formation de types spéciaux à des conditions de vie déterminées (végétaux aquatiques ou terrestres, xérophytes, halophytes, arctiques, alpins, etc.).

Toutefois, bien que les facultés d'adaptation des plantes soient très étendues, surtout chez certaines espèces, elles ont cependant des limites qu’elles ne peuvent dépasser sans mourir et qui correspondent à ce que Lucien Daniel a appelé les variations excessives. Ces limites sont naturellement variables suivant les espèces pour un même facteur ou pour un ensemble de facteurs et les individus d’une même espèce peuvent se comporter eux-mêmes d’une façon différente par rapport aux résistances.

Entre ces limites extrêmes et l’équilibre de nutrition s'exerce la lutte pour l’existence entre les espèces et les individus ; il suffit d’un changement, même léger, d’un seul facteur physique ou physiologique pour déterminer un déclanchement d’influences biologiques diverses dont les effets sont parfois des milliers de fois plus importants que l’action directe initiale (68).

Une des formes primordiales de la lutte de la plante contre les variations du milieu, celle que je me suis proposé d’étudier plus particulièrement au point de vue expérimental, c’est le passage de l’état de vie active à l’état de vie ralentie et inversement. L'on sait qu'un tel passage s'effectue normalement chaque année dans nos régions tempérées et qu’il a pour conséquence la formation de bois différents au printemps et à l’automne avec des couches concentriques ligneuses distinctes en certains cas et non dans d’autres, ainsi qu’il résulte des recherches exposées dans la première partie de ce travail.

Le passage à l’état de vie active ou de vie ralentie présente

la particularité curieuse de pouvoir se faire dans la plante ou seulement dans quelques-uns de ses organes si l’ensemble de ceux-ci ne rencontrent pas des conditions de vie identiques. C’est là un fait dont le physiologiste et l’anatomiste doivent tenir le plus grand compte quand il s’agit d'interpréter des structures anormales.

Or si un tel passage peut ainsi être produit par le jeu normal des nulieux naturels actuels dans notre pays, il peut aussi être artificiellement provoqué à l’aide de divers procédés dont un certain nombre sont utilisés fréquemment dans l’horticulture courante.

Les résultats utilitaires ainsi obtenus, dans les limites des variations météorologiques annuelles indépendantes de l’agriculteur, sont bien connus des praticiens qui peuvent jusqu’à un certain point les escompter à l’avance. C’est sur leur connaissance qu'est basée la pratique agricole et horticole.

L'étude scientifique et raisonnée des changements que produit, de suite ou à la longue, l’emploi de ces procédés dans la structure des diverses plantes cultivées a été jusqu'ici assez négligée. En dehors des travaux de Lucien Damiel sur les résultats anatomiques de la taille des arbres, en vert ou en sec, du greffage et autres opérations horticoles, il existe peu de recherches sur ce point particulier. C’est à peine si, à cet égard, l’on s’est occupé des plantes herbacées.

Je vais essayer,‘dans la deuxième partie de mon travail, de combler quelque peu cette lacune. À cet effet, j'ai répété quelques-unes des expériences déjà faites sur les arbres de nos Jardins, en les étendant beaucoup, et j'en ai institué de nouvelles. J'ai surtout expérimenté sur les plantes herbacées annuelles, bisannuelles, plurannuelles ou vivaces dont les structures spéciales me semblaient présenter un intérêt tout particulier.

J'ai examiné surtout ce qui se passe dans les tissus secondaires ligneux de ces plantes quand, luttant pour l’existence dans des conditions de vie rendues artificiellement défectueuses, elles passent à l’état de vie ralentie à une époque anormale ; quand, trouvant ensuite des conditions de vie meilleures, elles

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