‹ Influence du mode de vie sur la structure secondaire des dicotylédonesChapitre 63 sur 141 · ACTION DU VENT · texte numérisé non relu

ACTION DU VENT

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Le vent a d’une part une action purement mécanique et d’autre part une action desséchante.

Ses effets se comprennent facilement dans les deux cas. Ainsi, par son action mécanique, il entraîne des dorsiventralhités, par exemple. Par son action desséchante, il accentue les effets naturels de la sécheresse.

J'ai pu vériher qu’il en est ainsi chez des végétaux plantés au bord de la mer, dans des dunes sablonneuses à seux, aux environs d’Erquy.

sous-sol gré-

Des Tilleuls et des Erables superbes, âgés de 4 ans, ainsi transportés du jardin du pépimériste dans les dunes, étaient presque morts, malgré une plantation très soignée. Ils s’étaient desséchés progressivement du sommet vers la base et ne portaient plus que quelques rameaux rabougris au voisinage du sol.

En coupe transversale, on observait la réduction progressive des anneaux ligneux qui finissaient par se transformer en arcs. En un mot, un arbre jeune en pleine santé, s'était, en quatre années, transformé en un arbre rabougri.

Depuis longtemps d’ailleurs, les praticiens ont constaté la nécessité de protéger les plantations contre les vents des bords de la mer qui sont d’autant plus funestes aux plantes que celles-c1 sont moins adaptées au climat maritime.

J'ai constaté en outre que, dans les jardins établis sur le sous-sol sablonneux des dunes, la taille d’hiver des arbres fruitiers a pour conséquence rapide la mort des arbres jeunes. Ceux-ci donnent des pousses chétives qui se dessèchent par la pointe. L’étude anatomique des parties anciennes montre que les effets du vent sont analogues à ceux de la sécheresse et considérablement accentués par la taille d’hiver ou par celle d’été quand celle-ci laisse les vaisseaux ligneux béants.

Ce sont là des faits qu’on retrouve chez nombre d’arbres et d’arbustes, comme le Peuplier, le Rosier, etc., placés en courants d’air de forte intensité.

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DEUXIÈME GROUPE. — Variations de structure causées par les mutilations du tissu conducteur ligneux

Depuis fort longtemps l’on a observé que, par des mutilations appropriées, l’on pouvait modifier le port des plantes et leur production. L’arboriculture, la viticulture, la culture maraichère, la greffe, etc., sont aussi vieilles que la civilisation.

Les botanistes savent que les blessures, qu’il s’agisse de décapitations, de brisures, d’écrasements partiels, etc, produisent quelquefois des monstruosités diverses et, dès 1763, Adanson {8) a fait cette constatation que certains ont depuis donnée comme nouvelle en désignant ces blessures sous le nom de traumatismes.

Depuis fort longtemps, on savait aussi que les monstruosités provenaient souvent de variations de nutrition élevées. Lucien Damiel à le premier montré (56) que l’action des blessures (mutilations ou traumatismes tels que les pratiquent les horticulteurs) se ramenait elle-même à une variation de nutrition d'intensité variable et parfois considérable. Il a obtenu de nombreuses monstruosités par ce moyen dont se sont servis presque en même temps Gœbel {44) dans ses remarquables travaux sur l’organographie et la régénération et Lopriore (71) dans ses intéressantes études sur les fasciations des racines après leur section.

Dans ce second groupe, j'étudierai seulement : 1° les effets de la décapitation sur la production des couches concentriques ligneuses et leur séparation; 2° ceux de la greffe considérés à ce même point de vue.

I — Décapitation effectuée pendant la vie active de la plante

Les effets de la taille des arbres, exécutée en vert ou en sec, ont été indiqués déjà par Lucien Daniel (56). J'ai repris cette étude en l’étendant aux plantes herbacées.

Les résultats que J'ai obtenus seront exposés ici en examinant successivement les arbres et les végétaux herbacés.

Je ferai remarquer que toute décapitation provoque la formation d’une dérivation latérale et d’un sympode avec un ou plusieurs bourgeons réparateurs (fig. 116), et cela qu’il s’agisse d’arbres ou de végétaux herbacés. Nous ne serons donc pas surpris de trouver des phénomènes provoqués artificiellement qui rappelleront ceux qui ont été décrits dans la première partie de ce travail à propos des sympodes naturels précoces ou tardifs.

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