ARBRES ET ARBRISSEAUX
Je ne reviendrai pas sur les effets de la taille chez les arbres, car je ne puis que confirmer ce qui a été écrit sur ce sujet. Je me bornerai, pour les arbres, à figurer ici une portion de la coupe transversale d’un rameau de Pommier, pincé trois fois, et qui présente quatre couches concentriques et dorsiventrales.
La formule #+7 est ici nettement applicable, mais l’on voit aussi que les zones de séparation du tissu ligneux ont une forme, une constitution et une netteté variables avec l’époque où les pincements furent effectués (fig. 114).
Il en est de même pour un grand nombre d’arbres et d’arbustes,
Si cependant la formel: #47 s'applique ainsi à la coupe de la région inférieure à la décapitation de beaucoup d’arbres et d’arbustes, il ne faudrait pas en conclure qu’elle s’applique a tous. Ris
Ainsi, dans notre jardin d’Erquy, j'ai décapité trois années de suite, des tiges souterraines de Spiræa Lindleyana et je n’a pas observé la moindre séparation nette dans les bois de cette Rosacée. J'ai déjà indiqué, en étudiant les racines horizontales drageonnantes des Peupliers, du Prumier, etc. que le pincement ou la suppression des drageons ne retentit pas en général sur la structure ligneuse de ces racines adaptées à une fonction spéciale, la multiplication végétative.
Je me suis posé aussi une question qui n’a jamais été Jusqu'ici envisagée. Que se passe-t-il quand on pince une petite branche pendant la végétation active de l’arbre ? V a-t1l formation d’une couche supplémentaire visible comme dans les branches longues ?
L'étude anatomique des résultats du pincement de ces petites branches sur les parties restantes m’a montré que tout dépend de la capacité fonctionnelle particulière du rameau réparateur. Dans l’immense maïorité des cas, celle-ci est plutôt très faible ct aucune séparation nette ne se montre dans les bois secondaires à la suite de la décapitation.
J'ai vérifié ce fait sur les pousses fruitières de divers arbres âgés et sur les petites branches des formes naines de certains arbustes, comme par exemple l’Evonymus japonicus pulchellus, que l’on trouve dans beaucoup de jardins.
Cela se comprend, car il est impossible que, dans une couche ligneuse d'épaisseur très faible et indistincte des couches précédentes, un accident de faible importance puisse laisser une trace que le passage normal de l'état de vie active à l’état de vie ralentie est impuissant à déterminer.