‹ Influence du mode de vie sur la structure secondaire des dicotylédonesChapitre 65 sur 141 · ARBUSTES SARMENTEUX · texte numérisé non relu

ARBUSTES SARMENTEUX

Les deux espèces de plantes que j'ai étudiées sont la Vigne cc une hane, le Wenispermum canadense.

a) Décapitation de la Vigne à l’état de vie active

La Vigne a été considérée par Lucien Daniel (56) comme ne donnant pas de couches concentriques supplémentaires à la suite du pincement de ses tiges. Ce n’est pas absolument exact, ainsi qu'on va le voir.

Mes recherches ont été faites en 1912 sur un hybride sexuel, le 1202 Couderc, et sur un hybride de greffe, le 24-23 Baco.

Un premier pincement fut fait de très bonne heure au moment où la tige se cassait facilement ; plus tard, la pousse de remplacement, étant devenue assez consistante pour être diffcile à briser net, fut taillée à la serpette. La deuxième pousse de remplacement s’allongea librement jusqu’à l’automne, époque où Je la récoltai pour en faire l’étude.

La coupe, faite au-dessous de la région où avait été pratiqué le premier pincement, offrait la structure suivante (fig. 2, DEEE)

Au-dessus du bois primaire se trouvait un bois secondaire tendre, resté à peu près tel qu’il existait au moment du premier pincement et formant un mince anneau, avec des vaisseaux petits et peu lignihés.

Venait ensuite un anneau épais de bois normal, à larges vaisseaux remplis de thylles pour la plupart. Ces thylles étaient la conséquence de Îla taille en vert.

Au-dessus de ce‘bois s'était formé un anneau assez épais de bois un peu plus tendre, à vaisseaux moins nombreux, et correspondant à la période de pousse du rameau réparateur, après la taille. Les vaisseaux présentaient, à ce moment, une irrégularité de disposition et un aspect ayant beaucoup d’analogie avec ce qui se produit chez les Vignes à la suite de la décortication annulaire. Plus tard, lorsque la végétation avait repris son équilibre, le bois était redevenu normal, et ne présentait plus de thylles dans ses vaisseaux.

Une coupe faite dans un autre rameau pincé une seule fois, mais plus tard que le rameau précédent, montrait plus nettement l’arrêt de végétation causé par cette opération (fig. 1, pl.

LIID). Le bois formé ensuite ne présentait naturellement aucune anomalie dans sa structure.

On peut donc conclure que la Vigne peut enregistrer dans ses bois secondaires, les effets des pincements par la formation de couches concentriques supplémentaires, conformément à la formule #+7. Si ces couches ne semblent pas se former, c’est que l’on a fait les pincements à l’état très jeune, sur des tiges encore herbacées et pauvres en tissus ligneux secondaires.

L'époque à laquelle on pince a donc une grande importance. La même conclusion s'impose quant à la nature particulière des tissus ligneux qui se forment après chaque décapitation ; on voit combien ils sont différents chez le 1202 Couderc pincé de bonne heure, puis taillé à l’état ligneux.

Avec le 24-23 Baco, j'ai obtenu des résultats de même ordre. Une de ses pousses vigoureuses fut pincée d’assez bonne heure et donna un fort rameau réparateur que je pinçai à son tour d'assez bonne heure. La pousse de remplacement qui se substitua à l’axe primitif deux fois décapité put se développer ensuite librement jusqu’à l’automne où elle fut cueillie pour l'examen anatomique.

La dorsiventralité de la coupe, faite au-dessous du premier pincement, était plus prononcée que dans le 1202, la cassure ayant été faite sans onglet, au niveau d’un nœud. Les vaisseaux, à part ceux de la couche la plus externe, étaient remplis de thylles (fig. 3, pl. LIT). La formation de ces bouchons est d’ordre purement physiologique et elle accompagne toujours les blessures chez les Vignes, quelle qu’en soit l’origine (taille, cassement, décortication annulaire, greffe, etc.).

Si l’on fait un pincement unique et suffisamment tardif, la coupe du sarment faite au-dessous de la section, présente une seule zone de séparation, mais bien distincte (fig. 4, pl. LIT.

On peut donc appliquer à cette Vigne les mêmes conclusions qu'au 1202 Couderc.

b) Décäpitation du Menispermum

ARC TRe :

Jai décapité à plusieurs reprises le Menispermum cana-

dense qui pousse au jardin botanique de Rennes. La tige ainsi opérée n’a donné dans son bois aucune couche supplémentaire. Il est vrai que les pousses n'étaient pas très vigoureuses.

De même, on pouvait se rendre facilement compte, par les registres de plantation de cette liane et par l’examen extérieur de l’âge, que le nombre des couches concentriques ligneuses de la tige ne concordaient pas avec son âge réel.

Les Lianes ont une structure si particulière et une crois-

sance en épaisseur souvent si spéciale que ces faits n’ont pas heu de nous étonner.

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