PREMIÈRE PARTIE
Rapports de l'anatomie et de l'écologie chez les plantes venues dans les conditions normales de végétation
L'étude écologique des plantes qui couvrent la surface du globe nous montre une infinité de modes de développement spéciñques de l’axe, leur donnant un port particulier, suivant que leur développement est défini ou indéfini, aussi bien dans les milieux aquatiques que dans le sol ou dans l’air. La durée de la vie de la plante entière ou de l’un de ses organes ; la nature des tissus parenchymateux ou ligneux et leurs proportions relatives; la fréquence des fructifñications et leur époque sont des caractères le plus souvent spécifiques, bien qu’ils soient soumis à des fluctuations sous l'influence des variations de mieu.
Enfin, le développement de l’appareil végétatif et même de certains organes présente des rhythmes particuliers de végétation au cours des années et même des saisons; 1l y a des alternatives de vie active et de vie ralentie qui se succèdent avec plus ou moins de régularité suivant les climats et suivant la météorologie des années; suivant les stations, c’est-à-dire suivant les sols et les radiations incidentes, calorifñiques et lumineuses; suivant les fonctions physiologiques particulières permanentes ou successives d’un même organe, etc,
Tout cela aboutit à des formations anatomiques spéciales; quand les facteurs agissent ensemble, on observe une résultante, inais quand ils agissent isolément ou que l’un prédomine sur l’ensemble des autres,.il imprime à la structure un cachet particulier qui devient fcilement reconnaissable si l’on a pris soin, comme je l’ai fait pour certains d’entre eux, d’en étudier expérimentalement l'effet par la méthode comparative.
Or, tous les tissus n’enregistrent pas de la même manière et avec une égale facilité les variations de milieu et ne conservent pas au même degré les acquisitions au point de vue héréditaire. Certains subissent des influences en y faisant une réponse intense et rapide; d’autres au contraire sont peu sensibles ou du moins n’en manifestent pas les effets d’une façon facilement appréciable par nos sens.
Les tissus les plus sensibles au genre d’actions rhythmiques ou irrégulières que je veux envisager ici sont les tissus secondaires et parmi eux, le tissu ligneux, issu du cambium, et le liège, issu du phellogène ou couche génératrice subérophellodermique. Les variations d’autres tissus, chargés d’un triage chimique, comme le liber ou l’endoderme, sont moins faciles à mettre en évidence, en général du moins, bien qu’elles soient souvent très réelles et corrélatives de celles du bois et du liège. Les développements de ces deux derniers tissus, bois et liège, sont en relation étroite avec le régime de l’eau et des sels (sève brute) dans toutes les plantes, régime très variable suivant les stations où la plante vit normalement.
Dans ces dernières années, la géographie botanique a révélé que l’on trouve chez les végétaux comme chez les animaux des convergences fort remarquables qui amènent des plantes de familles parfois très éloignées à présenter des faciès semblables et qui correspondent à des adaptations écologiques de même ordre. Ces adaptations morphologiques externes ne sont pas les seules. En anatomie végétale, on a remarqué déjà des analogies assez marquées entre la structure de diverses plantes aquatiques et celle de certains rhizomes, et que l’on peut considérer aussi comme des convergences.
5 NUS J'essaicrai, dans ce qui va suivre, d'apporter ma modeste
contribution à l’étude des convergences anatomiques et j’étudierai à ce point de vue particulier peu envisagé encore, les variations de la structure secondaire avec l’âge chez un certain nombre de Dicotylédones. Les bois secondaires, avec ou sans couches concentriques, et le périderme si varié et parfois caractéristique, sont les tissus secondaires qui m'ont paru présenter le plus d'intérêt.
Pour la commodité de cette étude, et sans y attacher bien entendu la moindre importance taxinomique, j'ai divisé les plantes dont j'étudie les structures en deux grands groupes les plantes herbacées et les arbres.
PREMIER GROUPE : Plantes herbacées
L'on peut diviser les plantes herbacées dont la structure écologique sera décrite ici en deux grands groupes
1° Les plantes aquatiques ou vivant dans les marais et les lieux humides.
2° Les plantes terrestres et aériennes, qui sont des plantes des lieux à humidité moyenne ou des lieux secs.