‹ Influence du traitement rhino-pharyngien dans la conjonctivite printanière et dans certaines formes de kérato-conjonctivites se rapprochant de cette affectionChapitre 6 sur 17 · PRE · texte numérisé non relu

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Si réellement, suivant notre interprétation, les affections que nous étudions sont influencées par les lésions rhino-pharyngiennes, leur exacerbation printanière ne reçoit-elle pas une explication suffisante de la fréquence plus grande à cette époque des affections du nez et du pharynx et de l’exacerbation printanière de ces affections quand elles sont chroniques.

Dans quelques-unes de nos observations on trouvera des lésions vers la cornée, telles que petits abcès très supertficiels atteignant la partie périphérique, et l’on sera tenté de rejeter tout à fait pour elles le terme de kérato-conjontivite hyperplasique : On ne ferait ainsi que réaliser le vœu que nous faisons d'étendre au plus grand nombre possible d’affections kéralo-conjonctivales le traitement rhino-pharygien.

= Oncomprendra par cequiprécède pourquoi nous nous sommes bien plus attachés à réunir des affections à évolution chronique que des affections à symptomatologie très distincte; et puisque nous pensons que la kérato-conjonctivite hyperplasique printanière que nous observons dans nos régions n'est qu'une variété de conjonctivite phlycténulaire, pourquoi rejeter les conjonctivites mal caractérisées qui ont par leur forme l’avantage de confirmer nos vues el par leur tenacité celui d'éprouver notre traitement. Quant à l’envahissement de la cornée par quelques phlyctènes on comprendra que nous n'avions point à les considérer comme un motf de ne pas classer ces affections phlycténulaires parmi les kérato-conjonctivites hyperplasiques : Nous admettons, en effet, comptètement ces sages observations du professeur de Vienne : « Les auteurs font une distinction entre « l'affection lymphatique de la conjonctiveet celle de la cornée : ils parlent ainsi de kératite et de conjonctive phlycténulaires, € dherpès de la conjonetive et de la cornée suivant que l'efflores-

ni

« cence se montre sur l’un ou l’autre de ces points. C’est ainsi « que pour un esprit de système on partage en deux un tableau « clinique dont l'unité est absolue. »

Nous avons cité textuellement le maître de l’ophtalmologie Viennoise pour nous abriter derrière sa haute autorité lorsque, à propos de la conjonctivite printanière nous citerons des observations dans lesquelles nous verrons la cornée participer à l'affection.

Mais nous faisons toutes réserves sur le terme de lymphatique que l’auteur substitue ici à celui de herpétique que Sichel adopte avec autant de conviction. Ces deux expressions nous ‘semblent juger de parti pris une question étiologique non seulement non élucidée, mais sur laquelle nous ne voyons aucun travail de statistique établir quelques données pouvant au moins servir à des vérifications futures. À ce propos, et pour mieux expliquer les résultats de notre observation, abritons-nous encore derrière l'autorité d'un maître de l’otologie allemande. Il nous semble, en etlet, qu'en cette question de l’étiologie des affections kérato-conjonctivales, on ne saurait mieux dire que le professeur Troeltsch à propos des maladies de l'oreille : « Je ne saurais trop « vous mettre en garde, dit-il, contre l'abus qu'on fait du mot « scrofule : la plupart des praticiens trouvent très commode de « s’en servir pour se dispenser de l'examen attentif des organes « malades et d’un traitement local qui demanderait beaucoup « de peine et de temps. C’est surtout dans les affections de « l'oreille que cette expression « c’est un enfant scrofuleux » € joue un rôle important et fatal, et cependant dans la plupart « des cas, les adénites du cousur lesquelles repose le diagnostic ne .« sont que la conséquence d’une ancienne otorrhée négligée et « Lraitée exclusivement par des moyens internes : Si l’on guérit

« l'otorrhée par un traitement local rationnel, les tumeurs gan- « glionnaires disparaissent souvent d’une manière complète. »

Nous citerons ces paroles de Træltsch sans avoir aucunement la prétention de les appliquer aux affections de l'œil autrement qu'au point de vue de la théorie générale.

Tout le monde sait combien est scrupuleux l'examen de l'organe visuel que dirige les spécialistes compétents. Et nous pensons que les médecins qui cherchent un appoint au traitement général dans l’examen des organes voisins, ne sauraient, sans aberration du sens clinique, rejeter les acquisitions du passé faites au profit de l'utilité d'un traitement général. Tout en regardant une affection locale comme mode de génèse de certaines affections oculaires,:il ne faut pas oublier que l'évolution des microorganismes se fait mieux sur un milieu abandonné à l'infection que sur un patient dont la vitalité est activée par des toniques appropriés. Mais d’un autre côté, l'aspect fatigué de l'enfant ou de l'adulte atteint du côté de l'organe visuel peut très bien tenir à la dépression physique due à l'attaque infectieuse, et être faussement attribuée à une diathèse, de sorte que l'effet soit parfois pris pour la cause. ;

Enfin les enfants atteints de scrofule caractérisée ne nous semblent si fréquemment observés porteurs de kératites phlycténulaires, que parce que ces enfants guérissent mal, traînent longtemps, tandis que la grande quantité d'enfants bien portants qui nous arrivent avec des affections locales en tout semblables, se guérissent vite et reprennent bientôt lechemin de l’école.

Ces remarques n’ont d'autre but que de légitimer nos recherches sur l’action rhino-pharyngienne dans les kérato-conjonctivites hyperplasiques. Nous voulons toutefois faire remarquer encore la facilité avec laquelle certains auteurs qui rattachent

cr

la conjonctivite phlycténulaire au lymphatisme, rejettent cette diathèse comme cause de la kérato-conjonctivite hyperplasique.

M. de Wecker quirattache les deux affections Fune à l'autre a évité cet écueil en rejetant le terme de conjonctivite lymphatique comme synonyme de conjonctivite phlycténulaire. « Quoiqu'il faille convenir, dit-il, que la conjonctivite phlycténulaire « se rencontre très fréquemment chez des enfants présentant « des symptômes de scrofule, d’éruptions cutanées, il serait ce- « pendant téméraire de regarder le début de cette maladie « comme le signe pathogénique d’une dyscrasie. 11 arrive très : « souvent que nous soignons des enfants parfaitement bien nour- « ris, au teint coloré, et qui souffrent d’une ophtalmie pustu- «leuse. Une statistique bien faite montrerait peut-être que cette « affection n'est guère plus fréquente chez les scrofuleux que « chez les personnes d’une bonne constitution. » Nous avons indiqué plus haut combien il est difficile de présenter à nos adversaires une statistique bien faite en faveur de l'opinion de M. de Wecker : car que répondre en opposition à cette expres sion qui revientsans cesse d'aspect scrofuleux ou lymphatique? Nous pensons qu'en ce qui concerne la conjonctivite printanière, l’étiologie dyscrasique a été rejetée pour cette raison que les enfants, atteints pendant des années d’une affection légère bien que tenace ne sont pas vus seulement pendant cette période de dépression qui accompagne le début d’une conjonctivite, photophobie, cuissons, douleurs, larmoiement, comme il arrive pour la conjonctivite phlycténulaire ordinaire.

Au point de vue de la géographie pathologique nous trouvons intérêt à citer quelques lignes du D' Brunett de Washington: que nous trouvons dans les annales d'Oculistique (1883). « La « conjonctive est généralement épaissie et d’un rouge jaunâtre

ne

«chez les blancs ; chez les nègres elle paraît plus brune el pig- « mentée par place. Comme lésion concomitante, il faut no- «ter des engorgements papillaires dans la portion tarsale de la « conjonctive. »

Le D' Scholl distingue les affections hyperplasiques de la conjonctive en affections secondaires à des lésions profondes, iridocyclites, à des catarrhes chroniques des vieillards ; et en affections hyperplasiques dites printanières. De cette affection qui nous occupe particulièrement, il ne trouve que 23 cas sur 20. 000 malades à Prague. Si les conditions de lieux ont ici une grande influence, comme le fait remarquer le D' Scholl, nous pensons qu'une lauütude plus grande encore doit être accordée à la façon de comprendre ce qu'on entend par conjonetivite printanière : d'où notre insistance sur la symptomatologie et la différenciaton toute relative que nons avons longuement données au début du travail. Il est évident que les auteurs qui voudront faire contrairement à M. de Wecker, de la kérato-conjonctivite hyperplasique printanière ( c’est le nom que donne Scholl à l’affection ) un état morbide très différencié de la kérato-conjonctivite phlycténulaire, la trouveront d’autant plus exceptionnelle. Si l’on exige enfin pour baptiser de ce nom une affection, tous les caractères donnés par Fuchs, nous n’en avons jamais rencontré d'exemple; mais on sait que la symptomatologie varie en partie avec les races et les pays, et l'éminent professeur de Nantes, M. le D' Dianoux, appelait récemment l'attention sur une affection qu'il dénommait conjonctivite à chalazion et qui lui parait plus fréquente dans la région de la Loire Inférieure :

La majorité des cas observés dans notre région nous à paru se conformer au point de vue de l’âge et du sexe aux indicaion de Fuchs qui trouve l'affection plus fréquente dans le sexe

Ed

masculin et pendant l'enfance et la jeunesse. Mais elle se rencontre bien souvent au dela des âges indiqués par M. de Wec-

ker de8 à 12 ans, commençant plus lot et aussi parfois apparais-

sant plus tard. Ben PR

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