‹ Influences Françaises dans l'œuvre D'Edgar PoeChapitre 14 sur 44 · SARA EE · texte numérisé non relu

SARA EE

Sans doute ne s'agit-il dans tout cela que d’influences de détail, exercées par des auteurs secondaires. Et encore faudrait-il ajouter que cette influence des Janin et des Nodier n’a pu que doubler l’influence d'auteurs anglais du même genre, notamment des collaborateurs du Blackwood. S'il est vrai que Nodier et Janin écrivent des fantaisies et des histoires à faire peur, qui rappellent, parfois de très près, celles de Poe, il n’est pas moins vrai qu’en dépouillant les premières années du Blackwood’s Magazine, surtout aux alentours de 1830, entre 1825 et 1835, ce qui représente la période de formation de Poe, on trouverait en grande abondance des nouvelles qui ont pu tout aussi bien servir de modèles à Poe et qui lui étaient plus accessibles, puisqu'elles étaient rédigées dans sa langue maternelle.

Cependant, s’il ne faut jamais perdre de vue que les influences

anglaises ont joué un rôle primordial dans l’élaboration du talent de Poe, les rapprochements auxquels nous nous sommes livrés nous permettent peut-être, dès maintenant, de penser que les influences françaises ont pu jouer un rôle d’adjuvant. Or, si des coïncidences de sujet avec un auteur sans grande originalité, comme Janin, même si elles étaient prouvées, ne mèneraient pas à grand’chose, il en serait tout autrement s’il s’agissait d’un écrivain à la personnalité puissante et forte.

. Un tel écrivain, il y en avait un, contemporain des Janin, des Nodier et des fabricants de mémoires apocryphes, ayant comme eux un goût prononcé pour le bizarre. Il commença à produire assez tôt pour que ses récits, dans leurs éditions originales ou tels qu'ils parurent d’abord dans les journaux et les revues, aient eu le temps de traverser l'Atlantique et de tomber sous les yeux de Poe. Cet auteur, c’est Balzac. Il n’est pas douteux que, si nous pouvons établir quelques points de contact entre Poe et Balzac, la chose en vaudra la peine.

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