‹ Influences Françaises dans l'œuvre D'Edgar PoeChapitre 17 sur 44 · SAND PE · texte numérisé non relu

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montrer que nos deux auteurs, en traitant des sujets analogues, ont palois concentré leur attention sur les mêmes points.

Si Séraphita-Séraphitus est semblable à Monos sous son aspect masculin, sous son aspect féminin elle a indubitablement un air de famille avec ces héroïnes célestes qui passent, figures voilées et énigmatiques, dans les contes de Poe. Comme elles, Séraphita est belle d'une beauté plus qu'humaine et quelque peu inquiétante; comme elles, l’amour qu'elle inspire n’a rien de charnel, et elle domine ses amants par l'étendue de ses connaissances et des pouvoirs qu’on lui soupçonne. Les deux auteurs ont beaucoup insisté sur ce point.

Cher Monsieur Becker, elle m'’a souvent confondu pas son érudition. A-t-elle voyagé ?

— De sa maison au fjord.

— Elle n’est pas sortie d'ici ? s’écria Wilfrid, elle a donc beaucoup lu ?

— Pas un feuillet, pas un iota ! Moi seul ai des livres dans Jarvis. Les œuvres de Swedenborg, les seuls ouvrages qui fussent au château, les voici. Jamais elle n’en à pris un seul.

— Avez-vous jamais essayé de causer avec elle ?

— À quoi bon ?

— Personne n'a vécu sous son toit ?

— Elle n’a pas eu d’autres amis que vous et Minna, ni d'autre serviteur que David.

— Elle n’a jamais entendu parler de sciences ni d’arts ?

— Par qui? dit le pasteur. :

— Si elle disserte pertinemment de ces choses, comme elle en a souvent causé avec moi, que croiriez-vous ?..

— Si elle parle arabe, que penseriez-vous ?

(Séraphita, ch. HI, Seraphita-Seraphitus).

Comparons avec ce que Poe dit de Ligeia:

I have spoken of the learning of Ligeia.: it was immense — such as I have never known in a woman. In the classical tongues she was deeply proficient, and as far as my own acquaintance extended in regard to the modern dialects of Europe, I have never known her at fault. Indeed upon any theme of the most admired because simply the most abstruse of the boasted erudition of the Academy, have I ever found Ligeia at fault ?.. I said her knowledge was such as I have never known in woman — but where breathes the man who has traversed, and successfully, all the wide areas of moral, physical and mathematical science? I saw not then what I now clearly perceive, that the acquisitions of Ligeia were gigantic, were astounding…

L’érudition de Morella est du même calibre:

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