‹ Influences Françaises dans l'œuvre D'Edgar PoeChapitre 26 sur 44 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le genre fantastique et merveilleux, qui est bien celui dans lequel on classerait le plus naturellement les œuvres de Poe, n’est pas né tout armé avec le romantisme. Il est seulement devenu plus à la mode en prenant quelques nuances particulières. La curiosité du - xvinr° siècle vieillissant s'était déjà amusée à des récits étrangement semblables à ceux qui devaient enchanter la jeunesse du xix°. Un auteur de transition, comme Nodier, conte encore avec la désinvolture d’un philosophe ses histoires merveilleuses et antiphilosophiques. À vrai dire, Nodier avait-il autre chose à faire qu’à se souvenir et à imiter? Lui-même s’est trouvé des ancêtres, dans son Essai sur le fantastique en littérature ; il n’a point caché qu'il avait connu Cazotte, cet aïeul des écrivains habiles à manier les prestiges de l'illusion. N'est-ce point Cazotte qui écrit des phrases comme

celles-ci:

L'homme fut un assemblage d’un peu de boue et d’eau, pourquoi une femme ne serait-elle par faite de rosée, de vapeurs terrestres et de rayons de lumière, des débris d’un arc-en-ciel condensé ? Où est le possible ?... Où est l’impossible ? (Le Diable amoureux).

Ne voilà-t-il une phrase tout à fait dans le goût de Louis Lambert, ou de Lady Ligeia? Or, elle fut écrite par un contemporain de ces

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