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in a Bottle, par exemple, faisait partie des Tales of the folio Club, c'est-à-dire du recueil présenté en 1833 au concours du Saturday Visiter. Il était également inclus dans le recueil de contes pour lequel Poe chercha en vain un éditeur, et lorsqu'il entra au Southern Literary Messenger, l’auteur sortit encore une fois le manuscrit de sa bouteille pour le placer dans le numéro de décembre 1835. Si le manuscrit de Poe avait été rejeté par le Visiter en 1833, nous attribuerions à ce conte la date de 1835. En fait, on a déjà relevé plusieurs erreurs de ce genre. On a retrouvé, il y a quelques années, une partie de la collection d’un périodique resté inconnu à Woodberry et à Harrison, The Salurday Courier, et, dans la seule année 1832, cinq contes de Poe, auxquels on avait attribué jusqu'ici des dates de publication beaucoup plus tardives (1).
Dès lors, étant donné qu'il a été publié en Amérique, aux environs de 1830, un certain nombre de magazines, aujourd'hui absolument introuvables, quelques-uns même disparus sans laisser de traces, on se demande si l’on est jamais sûr de savoir à quelle date remonte un conte de Poe. Qui sait ce que l’on trouverait si l’on pouvait dépouiller tous les « Visiter » et les « Ladies’Book » qui paraissaient à cette époque? Les Tales of the Folio Club, soumis, en 1833, au Saturday Visiter (2), étaient au nombre de seize. Mais ce n'était là probablement qu'une sélection. Le jeune auteur, désireux de gagner un prix dont il avait besoin à tous les points de vue, avait sans doute fait un choix, et un choix sévère, dans ses manuscrits. De plus, il est extrêmement probable que, comme tous les conteurs, il avait, en outre des seize contes achevés, un certain nombre de contes commencés, de plans, ou simplement d'idées dans la tête. Et comme les contes de Poe sont en assez petit nombre, quand on réfléchit à tout cela, on se demande s’il serait possible que toutes les. Histoires extraordinaires aient été composées, ou tout au moins conques, vers la vingt-troisième ou la vingt-quatrième année, à cette époque, l’une des plus obscures de la vie du poète, où l’on ne sait ni
(1) Metzengerstein, A Tale of Jerusalem, The Due de l'Omelette, A Decided Loss (devenu plus tard Loss of Breath). The Bargain lost devenu plus tard Bon-Bon. Cf. Robertson, p. 239, Phillips I, 428, qui résument divers travaux de T. O. Mabbott.
(2) Dont il n'existe, soit dit en passant, aucune collection complète dans toute l'éténdue des Etats-Unis. Quelques particuliers possèdent des numéros ou des tomes dépareillés que les fidèles de Poe se disputent quand ils passent dans les. ventes. L
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de quoi il vécut, ni ce qu'il faisait, ni même au juste où il vivait. On se demande si le Poe que nous dépeignent les biographies n'aurait plus été, dans la suite, que l'éditeur et le courtier d’un poète mort jeune et qui ne revivait en lui qu’à de rares intervalles (3).
Il en résulte, en tout cas, que ce sont les influences que Poe a pu subir dans la première période de sa vie qui mériteront d’être considérées comme les plus profondes, les plus fécondes et les plus certaines. Quelles sont ces influences? On parle de Hoffmann, de Byron, de Hawthorne. Pour Hoffmann, nous avons vu combien la chose est discutable. Pour Hawthorne, son influence n’a pu s’exercer que plus tard, comme celle de Balzac, et l'influence de Byron a dû naturellement se faire sentir sur le poète beaucoup plus que sur le prosateur. Mais on imagine aisément le jeune Poe au cours de son existence hasardeuse, trouvant dans un cabinet de lecture ou chez un bouquiniste tel que celui dont il décrit la boutique dans The Literary Life of Thingum Bob, esq., des tomes dépareillés de la Bibliothèque des Voÿages imaginaires. Ou bien, peut-être, il put consulter des auteurs de ce genre à la bibliothèque de Baltimore, qui paraît être le seul endroit où il ait jamais eu l’occasion de consulter une collection
de livres dignes de sa curiosité.
Tout cela n’est qu'hypothèse, sans doute. Mais, à défaut de renseignements plus précis, ces considérations, si incertaines qu'elles soient, suffisent peut-être à établir au moins la possibilité d'un contact entre Poe et les auteurs français du xvin° siècle, même secondaires, dont l’œuvre imprimée fut assez largement diffusée de leur temps. Pour le reste, nous n'avons plus qu’à trouver des rappro-
chements assez frappants pour s'imposer, si c’est possible.
Des rapprochements, on peut en faire, et certaines similitudes s'imposent à l’esprit tout d’abord. Ce Sébastien Mercier, dont il était
(3) Il faut bien entendu excepter dans celte hypothèse, le pelit nombre de contes que leur contenu permet de dater avec certitude : The Mystery of Marie Roget basé sur un fait divers contemporain et Von Kempelen and his discovery, suscité par la « ruée vers l’or » de 1849 ne sauraient remonter au delà de l'époque même où ils parurent. Mais précisément, ces contes ne sont pas les meilleurs de Poe et
- on dirait qu'il s’y pastiche lui-même. Marie Roget est inférieur à Murders in the rue Morgue, et Von Kempelen est franchement médiocre. ;