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neur, celle de la fin, tandis que l'expression vague « a high range of light grey vapour » qui correspond à « une longue suite de nuages » était réservée pour les explications préliminaires, où il n’est besoin que de clarté. Au lieu que dans le récit français tout est sur le même plan, Poe observe les lois d’une gradation savante.
Nous en avons sans doute assez dit pour permettre d'apprécier les procédés de Poe, mais notre désir d’être complet nous oblige à rapporter encore quelques détails qui peuvent être rapprochés avec quelque vraisemblance dans les deux récits de voyage examinés ci-dessus. Nous bornerons d’ailleurs les commentaires au minimum, car nous ne pourrions que nous répéter : les procédés de Poe, appliqués d’une façon magistrale, sont en somme peu variés.
L'auteur du voyage mentionne des bouillonnements suspects rencontrés autour du pôle antarctique :
Comme nous voguions doucement vers cette susdite, nous vimes en quatre ou cinq endroits distans l’un de l’autre d’environ la portée d'un mousquet, de grosses écumes bouillonnantes, qui s‘élevant assez haut avec impétuosité, formoient au dessus de la surface de la mer comme de petites collines ; ces bouïllons d’eau et d’écume avoient tant de force que notre vaisseau, en passant au travers, pensa en être renversé. Nous ne pûmes jamais comprendre ce que ce pouvait être. (Op. cit., chap. IE).
Le journal de Gordon Pym mentionne aussi des phénomènes analogues :
- March 3. The heat of the water was now truly remarkable, and its colour was undergoing a rapid change, being no longer transparent, but of a milky consistency and hue. In our immediate vicinity it was usually smooth, never so rough as to endanger the canoe — but we were frequently surprised at perceiving to our right and left, at different distances, sudden and extensive agitations of the surface — these we at length noticed were alvays preceded by wild flickerings in the region of vapour to the southward ........... eo March 6. Today a violent agitation of the water occurred very close to the canoe. It was attended, as usual, with a wild flaring up of the water at its summit, and a momentary division at its base. (Gordon Pym, ch. XXV).
Passons cette fois sur le découpage en notations journalières, quoique ce deuxième exemple fasse peut-être mieux sentir ce que le
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procédé a de voulu, de systématique. Mais il est curieux de voir combien, malgré ce découpage, Poe est habile à condenser. Dans le récit français, il y a une foule de détails miraculeux, mais ils sont présentés de façon discursive, éparpillés. Dans les lignes qui précèdent celles que nous venons de citer, on parle encore d’un phénomène lumineux :
Nous portàämes avec toutes nos voiles vers une grande côte que nous aperçûmes à l’est, dans l’espérance de pouvoir mettre pied à terre quelque part ; et nous vimes à une de ses extrémité qui s’avançoit vers le Pôle antarctique une lumière qui ressemblait assez à l’aurore. .... (Ch. Il).
C’est une première indication du phénomène dont il a été question plus haut; mais cette indication se trouve au chapitre [[, tandis que la description détaillée ne se trouve qu’au chapitre IX, et les voyageurs rencontrent une foule de choses dans l'intervalle. Cette composition désordonnée, ou plutôt cette absence de composition, dont il serait facile de donner d’autres exemples (5), jette le trouble dans l'esprit du lecteur sans aucun profit. Poe, au contraire, suivant son habitude, non seulement rassemble, mais coordonne. Non seulement. les bouillonnements sont mentionnés en même temps que le rideau de nuages, mais encore on a bien soin de nous faire remarquer qu’à chaque bouillonnement plus intense correspond un frisson lumineux dans le rideau de vapeurs, nous donnant ainsi à entendre que les deux phénomènes n’ont qu’une seule et même cause. Au fond, il n’est pas beaucoup plus explicite que l’auteur du Voyage, mais il s'arrange pour nous donner, par ses sous-entendus, une puissante impression de mystère. Au lieu de dire naïvement : nous ne pûmes jamais comprendre ce que ce pouvait être, il nous donne à penser que, si nous pouvions comprendre, ce serait quelque chose d’inouï et de monstrueux. Il n’est pas jusqu’à l’inachevé du récit, l'absence de dénouement, qui ne contribue à renforcer cette impression. Sans vouloir admirer à tout prix ce qui n’est peut-être qu’impuissance ou fatigue, il nous semble que la narration de Gordon Pym est plus
(5) L'auteur du Voyage met le comble à sa maladresse en donnant des explications anthropocentristes et d’une parfaite platitude: « Il s'élève dans les airs des exhalaisons lumineuses pendant l'absence du soletl, autrement les deux zones froides seraient alternativement, pendant six mois, ensevelies dans une affreuse auit. » 6 é ,
belle de rester ainsi en suspens sur ces indications mystérieuses. Alors que cette fin abrupte laisse nos imaginations encore vibrantes,
une explication complète, quelle qu’elle fût, nous aurait très probablement déçus (6).
Nous avons négligé jusqu'ici de considérer l’ensemble de ce curieux récit qu'est le Voyage au pôle antarctique pour ne nous occuper que des ressemblances partielles qu'il pouvait offrir avec Gordon Pym. Mais est-ce que le thème fondamental lui-même, tel qu'il est résumé dans le titre, n'offre pas un certain air familier « Passage du pôle arctique au pôle antarctique par le centre du monde ». Cette idée, ou plutôt cette hypothèse, d’après laquelle les deux pôles seraient deux gouffres tourbillonnants, mis en communication par un gigantesque courant dirigé suivant l’axe de la planète, est bien faite pour étonner l'esprit. Aussi n’est-il pas surprenant que Poe ait voulu s’attribuer la gloire de l’avoir inventée. Dans toutes les éditions de ses œuvres, on lit, à la fin du récit intitulé M. S. Found in a Bottle, une note ainsi conçue :
- (6) C’est, à mon avis, ce que prouve l'ouvrage où Jules Verne a essayé de donner une solution au mystère de Gordon Pym: Le Sphinx des Glaces. La solution est ingénieuse, mais puérile : le pôle est occupé par une énorme masse aimantée qui atüre à elle tous les objets métalliques, et les héros de Jules Verne y trouvent Gordon Pym mort et fixé à la masse métallique par les clous de ses souliers. Nous verrons un peu plus loin, à propos du MS found in a botïtle, comment on peut essayer, en s'appuyant sur les textes, de démontrer que Poe avait dans l'esprit une autre solution, et de retrouver les raisons qui ont pu l'empêcher de la mettre en œuvre. *
En tout cas, la-tentative de Jules Verne nous est un témoignage de la profonde impression que Pym avait faite sur nombre de lecteurs français, que les vieilles relations de voyage du xvine siècle laissaient parfaitement indifférents. On pourrait en trouver une autre preuve dans le rapprochement que fait M. Seylaz (op. cit. p. 71) entre les descriptions que nous avons citées et ces vers de Baudelaire (Fleurs du Mal XXXI).
C'est un univers morne à l'horizon plombé - Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois
Et les six autres mois la nuit couvre la terre ;
C'est un pays plus nu que la terre polaire,
Ni bêtes ni ruisseaux, ni verdures ni bois.
Ainsi Poe a rendu à la France ce qu’elle lui avait prêté ; où plutôt, nous avons ici un nouvel exemple de ces transplantations qui semblent si favorables à l'enriéhissement et au développement des thèmes littéraires.
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Note. — The « Ms found in a bottle » was originally published in 1831, (3) and it was not until many years afterwards that I became acquainted with the maps of Mercator, in which the Ocean is represented as rushing, by four mouths, into the (northern) Polar Gulf, to be absorbed in the bowels of the earth ; the Pole itself being represented by a black rock, towering to a prodigious height.
Le Manuscrit trouvé dans une bouteille faisait partie des Tales of the Folio Club, la série de contes présentée par Poe au Baltimore Saturday Visiter. Ce fut le conte couronné et choisi pour être publié. C’est donc, en effet, une des plus anciennes publications de l’auteur et, en même temps, une de celles qui ont fondé sa réputation. On comprend qu'il ait combattu toutes les allégations qui pouvaient en diminuer la valeur.
Mais que faut-il penser de cette explication, un peu embarrassée, semble-t-il, où l’auteur se défend de s'être inspiré d’une carte? On n’est pas un plagiaire, si l’on est conteur, parce qu'on imite une carte, ou plutôt parce que l’on tire un conte de l’idée vaguement indiquée sur une carte. Poe se montre ici bien prompt à se défendre contre une accusation problématique. Aurait-il voulu détourner notre attention en la lançant sur une fausse piste? En tout cas, il n’est pas douteux que l’argument fondamental est le même dans le Passage du pôle arctique au pôle antarctique et dans le M. S. Found in the Botile.
Le narrateur de 1723 part d'Amsterdam — celui de Poe de Batavia. Le récit commence dans les deux cas par des notations très positives, très terre-à-terre, calquées sur celles que l’on trouve dans les récits des véritables voyageurs. Poe se montre cependant supérieur, car son narrateur se pose tout d’abord en sceptique, en matérialiste, et multiplie les détails précis et concrets, ce qui doit nous donner à penser, plus tard, qu’il n’a dû ajouter foi aux choses merveilleuses qu’à bon escient. D'ailleurs, il se garde bien de nous donner l’explication des phénomènes extraordinaires qu'il constate, et dont le principal, dans le cas qui nous occupe, est que son bateau, en approchant du pôle, se trouve attiré dans une série de gouffres circulaires, où il se trouve bientôt comme dans un immense puits, dont
(7) La date 1831 doit être une coquille, car c’est en 1833 que Poe gagna le prix offert par le Saturday Visiter. i
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les parois seraient faites des flots de l'océan (8). Cette explication est seulement suggérée, et d’une manière encore plus vague que dans la note citée plus haut. Au contraire, l’auteur du Passage nous dit, dès la quatrième page :
. alors un vieux matelot nous conta qu'il avait ouï dire autrefois à un fameux pilote qui avait fort couru les mers du nord, qu'il y avoit sous le pôle arctique un effroyable tournant d’eau, qui pouvoit avoir soixante et dix ou quatre vingt lieues de circonférence ; qu'il estimait être le plus dangereux écueil du monde, au milieu duquel il devait y avoir un gouffre épouvantable et sans fond, où toutes les eaux de ces mers se précipitant, avaient commu-
nication, par le centre de la terre, avec les mers qui sont sous le pôle antarctique.
IL y a naturellement des divergences, et même des divergences assez fortes, entre les deux récits. D'abord, les navigateurs du xva° siècle, partis des environs du Groenland, tombent dans le gouffre du pôle Nord et traversent effectivement la terre de part en part pour aller découvrir, dans les mers australes, de nouvelles merveilles. Le voyageur de Poe, après avoir essuyé un ouragan titanique, se trouve seul survivant sur son bateau avec un vieux Suédois. La tempête a duré cinq jours et, pendant ces cinq jours, ils ont avancé avec une vitesse effrayante dans la direction du Sud. Ils sont allés assez loin pour arriver dans l’océan antarctique et se trouver plongés dans la nuit polaire. C’est donc en sens inverse des héros du Passage, par le Sud et non par le Nord, que le héros va plonger, après la destruction de son vaisseau, dans les entrailles de la terre. Poe semble vouloir insister sur ce fait dans sa note. « Sur les cartes de Mercator, dit-il, c’est au pôle Nord que se trouve le gouffre. » S’il a compté sur cette particularité pour nous persuader qu’il n’avait imité personne, son argument ne vaut pas grand'chose. Rien de plus facile que de substituer le pôle Sud au pôle Nord en conservant l’idéemère, et rien de plus fréquent que ces procédés, faciles, du reste, - par lesquels tant d'écrivains s'efforcent de déguiser leurs emprunts. Ceci peut s’appliquer à Poe, qu’il se soit inspiré de Mercator ou de l’auteur du Passage.
(8) La dessus viennent se greffer d'autres miracles, notamment celui-ci : le bateau sur lequel il était parti ayant été brisé, par un abordage, l'observateur se réfugie sur le bateau abordeur, bateau extraordinaire dans lequel on nous fait reconnaître le fameux Discovery.
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Mais le héros de Poe ne nous raconte pas, lui, son voyage à travers les entrailles de la terre. I a jeté la bouteille à la mer au moment où le bateau s’enfonçait dans un gouffre sans fond, et sonrécit s'achève d’une manière abrupte sur le pressentiment d’une horrible catastrophe. C’est beaucoup plus dramatique, d’abord, et, de plus, il eût été sans doute trop difficile, à l’époque où écrivait Poe, un siècle après son devancier, de rendre vraisemblables les détails d’une pareille aventure, et surtout de faire admettre qu’un homme ait pu en sortir indemne. Une bouteille, c’est différent. La bouteille a pu faire le voyage, et voilà sans doute pourquoi nous avons eu Le Manuscrit dans une Bouteille.
Voilà peut-être aussi pourquoi Gordon Pym est resté inachevé. Poe a utilisé deux fois le même thème, qui l’avait beaucoup frappé; nous pouvons le supposer avec d’autant plus de vraisemblance qu'il a utilisé dans les deux cas la même source. Il y a bien des chances pour que le but final des pérégrinations d’Arthur Gordon Pym ce füt ce même gouffre où s’en va plonger le héros du Manuscrit trouvé dans une Bouleille. Ces caractères éthiopiens et arabiques, que Pym et son compagnon trouvent si étrangement gravés au moyen de cavernes en forme de couloirs au sein même de l’île de Tsalal, étaient là pour nous suggérer l’idée d’une communication entre les deux hémisphères. Les Ethiopiens et les Egyptiens, dont Poe estimait très haut les connaissances scientifiques (Cf Some words with a Mummy), nous auraient sans doute été présentés par lui comme ayant trouvé, dès l’antiquité la plus reculée, le chemin de cette communication intra-terrestre, et les moyens de l’utiliser sans danger. Les cataractes de nuées, les animaux étranges, le personnage tout blanc qu’on nous fait entrevoir dans les dernières lignes, tout cela était probablement destiné à nous faire pressentir les merveilles que l’aventureux Pym ne pouvait manquer de découvrir, tout au long de ce gigantesque passage souterrain, où l’on pouvait observer peut-être une faune, une flore, qui sait? une population ou des populations, tout un monde, enfin, entièrement différent du nôtre. Pym serait ensuite revenu à la surface, quelque part en Egypte ou en Assyrie, tout comme les héros de Jules Verne (Voyage au Centre de la Terre) sont vomis par l’Etna, après s’être enfoncés dans
DORE à Mise
les entrailles du globe, par le cratère éteint d’un volcan scandinave (9).
Pourquoi Poe — s’il avait vraiment conçu ce dessein — ne l’a-til pas exécuté? D'abord, la maladie, la misère, les difficultés de son existence cahotée, ont très bien pu suffire à l’en empêcher. Son hérédité alcoolique, où tant de gens ont voulu voir à toute force la source de son génie, a pu stériliser son inspiration au beau milieu du travail. Car, enfin, et il est singulier qu’on s’en avise si peu souvent dans le cas de Poe, l’alcool est aussi susceptible d’annihiler les facultés intellectuelles que de les stimuler. Peut-être même le travail de destruction est-il plus rapide et plus complet.
D'un autre côté, il est bien possible que l’auteur de Pym ait eu peur de se répéter trop ostensiblement. Ce gouffre austral lui ayant déjà servi pour le M. S. Found in a Bottle, il n’a pas osé l'utiliser une deuxième fois, et il a laissé l’œuvre inachevée, désespérant de trouver mieux. Ou bien enfin — et ce n’est pas si difficile à admettre qu'on pourrait le croire — il a eu peur de révéler trop clairement la source où il avait puisé ses inspirations, et il a pensé qu'il était dangereux d’imiter encore une fois un ouvrage qu'il avait déjà dépecé plusieurs fois et mis un peu à toutes les sauces.
En effet, si l’on n'avait pas peur d'insister sur ce qui pourrait paraître à la fin une critique indirecte et malveillante de la puissance d'invention de Poe (une pareille critique est bien loin de notre esprit), il serait facile montrer que le Passage au pôle antarctique paraît avoir été pour lui une véritable mine de sujets et de détails pittoresques. Par exemple, au moment où il afrive dans les mers australes et dans le voisinage du fameux tourbillon, le héros du M. S.
note :
The sun arose with a sickly yellow lustre and clambered a very few degrees above the horizon, emitting no decisive light. There were no clouds appa- Lente. About noon, as nearly as we could guess, our attention was
(9) Le même sujet a été traité au xvim® siècle par un Danois écrivant en latin, Holberg, auteur du Voyage de Nicolas Klimius (Nikolai Klimii iter subterraneum, 1741). Mais c’est un ouvrage surtout satirique. L’affabulation scientifique est très faible et d’ailleurs traitée d’une manière désinvolte, à la façon de Voltaire dans Micromégas.
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again arrested by the appearance of the sun. It gave out no light, properly so called, but à dull and sullen glow without reflection, as if all its rays were polarised.
L'auteur du Passage note également :
… pour lors le soleil ne se couchoit plus, et nous le voyions toujours tourner autour de nous sur les bords de l'horizon, mais il était un peu pâle.
Evidemment, Poe a l’air d’en dire bien davantage. Mais, en fait, n’a-t-il pas surtout profité de l’enrichissement du langage littéraire qui lui donne les moyens d’être beaucoup plus effectif en employant des termes techniques, à la fois très évocateurs et malgré tout très vagues : bien peu de lecteurs du M. S. Found in a Bottle, quand ils lisent la phrase que nous venons de citer, se représentent avec exactitude une lumière polarisée; mais n’importe : cette notion scientifique de polarisation, introduite à propos, produit son effet: nous avons l'impression de quelque chose de précis, d’un phénomène: réellement observé. On pourrait faire les mêmes observations sur d’autres détails :
Le sifflement et le bourdonnement horrible que nous entendions sans cesse autour de nous, en portant dans nos âmes la terreur et l’effroi nous Ôta peu à peu la connaissance... (Passage).
— As I placed my foot upon the upper step of the companion ladder, E was startled by a loud, humming noise, like that occasioned by the rapid revolution of a mill wheel. (Ms found in a bottle).
Ici encore, il s’agit du tourbillon qui va entraîner le navire dans son vortex. Il semble que ce thème ait exercé une véritable fascination sur l’esprit de Poe. On aura sans doute remarqué depuis longtemps que c'est également sur une idée analogue qu'est bâti un des plus célèbres de ses contes : À Descent in the Maëlstrom. Sans doute, pour ce dernier récit, il est avéré qu'il a eu une source anglaise très connue : l’Encyclopaedia Britannica. Mais cela n’empêche pas de supposer que son attention a été arrêtée dans sa jeunesse par un récit fondé sur un thème analogue, et qui l’aura si fortement séduit qu’il aura repris par trois fois la même idée sous trois formes différentes, dans The M. S. Found in a Bottle, dans À Descent in the Maëlstrom et dans The Narrative of Arthur Gordon Pym (ro).
(10) I1 serait plus exact de dire qu'il a tenté de la reprendre dans Pym, puisque c'est seulement par comparaison avec d’autres récits que nous pouvons arriver à préciser les très vagues suggestions des dernières lignes.