ENCORE
là, SOUS les mêmes influences que sa sœur. Comme elle, il possédait toutes les qualités du cœur, tous les dons de l'esprit. La carrière qu'il suivit ne permitpas le déploiement des rares dispositions qu'il montrait pour les beauxarts, mais il avait les brillantes inspirations du génie. 11 mourut jeune encore, avant d'avoir eu le temps de prouver toute l'étendue de ses facultés.
Je pourrais ainsi multiplier les exemples à l'infini, car depuis vingt ans je prends en note tout ce qui me frappe sur ce sujet. Je consulte aussi les personnes qui peuvent m'expliquer ces étranges anomalies qu'on observe souvent, sans essayer de s'en rendre compte, et alors j'apprends que le caractère singulier de telle ou telle personne a des causes toutes naturelles, lorsqu'on connaît les antécédents de leurs parents. On trouve aussi dans l'histoire des milliers de faits que les philosophes ont été impuissants à expliquer et qui probablement n'ont pas eu d'autres causes que des impressions antérieures.
Madame de C. avait de bonne heure éprouvé les vives et durables jouissances que les richesses peuvent procurer quand on les emploie exclusivement au soulagement des infortunés ; je dis exclusivement, parce que, si l'on se borne à donner son superflu, selon l'expression consacrée et l'usage général, le souvenir de bienfaits qui n'ont coûté aucun sacrifice, aucune privation, ne peut être vif et durable ; il ne saurait non plus exciter de bien profonds sentiments de reconnaissance.
Le mari de cette excellente dame était loin de partager son ardente charité , en sorte qu'elle devait se priver de mille fantaisies pour satisfaire aux désirs de son cœur généreux et dévoué. Sa vie était donc toute d'abnégation ; mais , par une grâce spéciale de la Providence, ces nobles cœurs trouvent en eux-mêmes une source toujours vive de paisibles jouissances. Ils se préparent d'ailleurs tout un monde de souvenirs délicieux.
Cependant madame de C. avait aussi d'au-