‹ Influences maternelles pendant la gestation sur les prédispositions morales et intellectuelles des enfantsChapitre 17 sur 20 · SUR LA PRÉEXISTENCE DE L'AME DANS LE FŒTUS · texte numérisé non relu

SUR LA PRÉEXISTENCE DE L'AME DANS LE FŒTUS

Je crois avoir démontré suffisamment ce que j'ai proclamé hautement dans tout le cours de mon ouvrage : c'est que le corps de l'enfant peut être la demeure d'une âme douée des plus brillantes qualités, sans que cette âme puisse néanmoins manifester sa vive intelligence, non-seulement lorsque lesdorganes sont encore faibles, et pour ainsi dire impuis-

sants, mais aussi quand, par suite d'une désorganisation quelconque, ils sont devenus impropres à la transmission des impressions antérieures, et incapables d'obéir aux volontés de l'âme.

Celle-ci se trouve alors comme emprisonnée; son pouvoir devient très-limité sur ces organes imparfaits, et en certains cas on peut dire qu'il se trouve en quelque sorte annihilé.

Ce que je viens de dire se rapproche beaucoup de l'hypothèse de Condillac, puisque d'après cet illustre philosophe l'intelligence ne peut se manifester que suivant le degré de développement des sens dont elle semble dépendre entièrement. Bonnet, Rousseau, Cabanis et d'autres grands penseurs abondent dans le même sens.

On dira peut-être que suivant cette manière de voir, qui est un peu celle de Locke, mon système se rattache à l'école des philosophes sensualistes ; mais ne peut-on accepter ou plutôt se rencontrer avec ce qu'il y a de vrai

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