DIVERS SYSTÈMES
dans une école philosophique, sans en partager les erreurs?
N'esl-il pas reconnu par tout le monde que certaines infirmités de naissance s'opposent à ce que l'intelligence prenne son essor et manifeste sa puissance?
Qui oserait nier que l'âme de cet être infirme que la nature a privé dès sa naissance des sens de la vue et de l'ouïe ; qui par conséquent n'a jamais vu le jour, ni entendu une voie fraternelle ; qui végète misérablement sans qu'aucune lumière puisse éclairer son esprit et son corps, n'aurait pas été susceptible d'atteindre à un degré peut-être éminent d'intelligence, si son corps n'avait été frappé d'infirmités incurables?
Ah ! c'est toujours un grand malheur lorsque, par des causes accidentelles ou inconnues , une organisation humaine se trouve ainsi frappée de nuUité ou de folie; lorsque les liens qui rattachaient cette âme inleUigente aux destinées de l'humanité viennent à être brisés. Mais c'est un malheur plus grand en-
philosophiques: ôis
core, et de plus une grande honte pour les parents de ces infortunées créatures, lorsqu'ils ont à se reprocher d'avoir contribué à cette dégradation par une conduite coupable, immorale !
Mais revenons à l'hypothèse de l'âme se formant elle-même le corps qu'elle doit habiter.
On me pardonnera quelques répétitions indispensables lorsqu'il s'agit d'élucider une question aussi grave, aussi importante^ car il faut aller au-devant de toutes les objections.
J'ai déjà dit que par suite d'une de ces lois que les savants sont impuissants à définir, l'enfant se forme de lui-même dans le sein de sa mère. Eh bien, si le corps peut se former, se développer ainsi que le grain de blé confié à la terre, qui germe, croît et devient plante, sans que la terre lui ait prêté autre chose que les sucs nourriciers et un abri contre les intempéries de l'air; l'âme de l'enfant est à bien plus forte raison un être à part, que la mère n'a point formé, mais qui existe