‹ Influences maternelles pendant la gestation sur les prédispositions morales et intellectuelles des enfantsChapitre 7 sur 20 · QUI AMÈNENT LA DÉCADENCE DES FAMILLES ET PAR SUITE CELLE DES NATIONS · texte numérisé non relu

QUI AMÈNENT LA DÉCADENCE DES FAMILLES ET PAR SUITE CELLE DES NATIONS

La décadence des peuples a de tout temps vivement attiré l'attention des hommes les plus éminents ; ils en ont recherché la cause avec ardeur, et, à force de suppositions plus ingénieuses que vraies, ils en sont arrivés à cette conclusion, que les richesses en étaient la cause première, car elles amènent avec elles le luxe et permettent l'entière satisfaction des sens.

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Que la richesse soit un des principaux moyens qui favorisent et hâtent cette décadence, cela n'est pas douteux ; mais ce moyen, tout puissant qu'il puisse paraître, n'a pas d'action directe invincible ; il peut même être combattu avantageusement.

Ce que j'avance ici paraîtra bien téméraire et de plus paradoxal ; car c'est vouloir renverser ce qui a été posé comme une vérité incontestable par des hommes d'un mérite supérieur.

Avant de poursuivre le développement de cette idée, qu'on me permette de rappeler ici la parabole du semeur telle qu'elle est rapportée dans l'évangile de saint Matthieu (ch. xiii). Elle a plus d'un rapport avec le sujet que je traite en ce moment.

« Celui qui s^^me s'en alla semer ;

« Et, pendant qu'il semait, quelque partie « de la semence tomba le long du chemin, et « les oiseaux du ciel étant venus la mangèrent.

« Une autre tomba dans des lieux pierreux, « où elle n'avait pas beaucoup de terre ; et

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« elle leva aussitôt, parce que la terre où elle « était n'avait pas de profondeur.

« Mais, le soleil s'étant levé ensuite, elle en « fut brûlée, et comme elle n'avait point de « racine, elle sécha.

« Une autre tomba dans des épines, et les « épines venant à croître l'étouffèrent.

« Une autre enfin tomba dans de bonnes « terres et elle porta du fruit, quelques grains « rendant cent pour un^ d'autres soixante, et ot d'autres trente. iji^r-j!

« Que celui-là entende qui a des oreilles « pour entendre. » laaiij

D'après ces paroles, le semeur agissait comme s'il eût supposé que la terre avait été également bien préparée à recevoir la semence. Bien que cette parabole ait un but tout spipituel, on peut l'appliquer parfaitement aux richesses, qui tombent presque tou jours entre des mains mal préparées à en faire un digne usage.

On ne peut cependant, sans s'écarter deJa plus saine logique, prétendre qu'-elles aient directement la puissante influence qu'on veut

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bien leur attribuer, ce serait prendre les effets pour la cause. Les hommes les plus éclairés ont donc pu se tromper sur ce sujet, et lorsqu'ils ont traité, par exemple, de la décadence de l'empire romain, l'attribuant uniquement aux richesses transportées à Rome après les conquêtes de Paul-Émile, ils n'ont pas songé un instant que si ces richesses étaient tombées entre les mains d'un peuj)le mieux préparé à .les recevoir, loin d'être une cause de démoralisation, elles eussent servi à la prospérité réelle de la république et contribué à sa gloire ainsi qu'à son bonheur.

■ Mais, si la corruption n'exerçait pas à Rome ,§a funeste influence d'une manière ostensible, elle n'en existait pas moins, prête à éclater dès -qu'elle en aurait le moyen.

• n Et, en effet, le culte que les Romains rendaient aux passions sensuelles, dont chacune avait sa divinité protectrice, n'était point propre à les préserver de l'enivrement des richesses. Aussi, loin de voir en elles un moyen d'élever la nation à un degré de prospérité que

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leur pauvreté première ne leur avait pas permis d'atteindre, ils s'en servirent pour satisfaire les penchants naturels à l'homme qui n'a pas une force supérieure à leur opposer. Renonçant aux travaux des champs, car c'est à cette époque que remonte la désolation où se trouvent aujourd'hui les terres de la vieille répubhque; abandonnant les paisibles occupations qui avaient jeté tant d'éclat sur sa naissante prospérité et honoré leurs plus grands citoyens, ils s'adonnèrent aux excès les plus honteux ; ce qui amena leur asservissement et enfin leur décadence totale.

Quel rapport peut- il y avoir entre la chute de l'empire et l'éducation antérieure? se dirat-on peut-être en lisant ces lignes.

Ces rapports sont plus nombreux que vous ne sauriez vous l'imaginer; mais, pour les étabhr clairement, il faut procéder avec ordre.

Les nations se composent d'un plus ou moins grand nombre d'individus, se renouvelant sans cesse et offrant cependant un ensemble homogène qui se conserve tel pendant

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