DE LA DÉCADENCE DES FAMILLES
un certain nombre cle siècles ; puis, à un moment donné, cet ensemble se disloque, et chaque partie subit des transformations particulières. Alors ce qui avait formé un corps de nation cesse d'exister sous la même forme et le même nom, et souvent, dans les temps anciens, s'éteignait tout à fait. Cet anéantissement total n'a plus eu lieu depuis l'établissement du christianisme, et, comme on le comprendra après avoir lu ce chapitre, il n'est plus à redouter k l'avenir, tant du moins que les nations n'abandonneront pas la religion du Christ, qui seule peut relever la dignité de la femme.
v'.;Les individus qui composent la nation appartiennent tous à un certain nombre de familles formant autant de groupes ou centres, et c'est dans ces centres que résident la vie et la force des peuples.
'"La corruption qui existe toujours vivace, même dans TÉtat le mieux organisé, ne saurait compromettre sa sûreté tant qu'elle n'atleint que des individus isolés, quelque nom-
breux qu'ils soient ; car, de nouveaux citoyens que rien n'a pu corrompre encore venant grossir journellement le nombre de ceux qui ont su conserver intacts les saines traditions de la famille et l'honneur de la nation, l'État ne court aucun danger. Mais il est clair que, si la corruption vient à pénétrer dans les familles, la nation perdra bientôt ce qui faisait sa force et ne pourra résister longtemps aux causes sans cesse renaissantes qui agitent les empires et amènent leur ruine, 'l'^^^ii i.
Or comment la corruption pourrait-elle envahir les familles, si la femme, que le Créateur semble avoir animée d'une plus vi1^e horreur pour le vice que l'homrh'èV dont les relations, le genre de vie et mille 8tutres causes contribuent à rendre moins scrupuleux ; si la femme, dis-je, sait résister aux entraînements que' sa faible et impressionnable nature rend si dangereux pour elle, et sï, ne pouvant arrêter le chef de la famille daiiè^sëS'désÔrdres, elle trouve dans son dévouement "aëSèz de force et de courage po'tfr 'imprimer dans le cœur
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(Je ses enfaiils le germe de toutes les vertus?
J'ai dit que la femme est naturellement ennemie du désordre et du vice ; mais, comme elle est en même temps très-faible, il était impossible qu'elle puisât dans les religions toutes sensuelles des peuples anciens la force qu'elle trouve aujourd'hui dans celle du Christ.
Il est peut-être inutile d'insister sur ce point, et d'essayer de prouver une vérité dont personne n'oserait nier l'évidence ; on ne saw rait cependant trop le répéter : tant que la femme s'inspirera de la religion chrétienne, qui seule condamne tous les vices ; tant qu'elle se retrempera à cette source toujours pure et fortifiante, elle pourra bien encore faillir, car, ainsi que je l'ai dit, elle est faible ; mais elle se relèvera plus forte, plus confiante, plus courageuse, et communiquera au fruit de ses en^ trailles sa force, sa confiance et son courage.
Il est vrai que, sous une direction contraire aux inspirations qu'il aura puisées dans le sein maternel, une partie des impressions que Tenfant aura reçues s'effacera peut-être.
Le jeune homme oublie bien les leçons de l'enfance ; mais il vient un âge, un moment où ces impressions à demi effacées, ces leçons oubliées, se ravivent et reprennent tout leur empire. Souvent les témoins de cette espèce de résurrection dg sentiments qu'on ne soupçonnait pas, ou qu'on croyait éteints , se sont écriés : Quel miracle a donc pu rendre à la vertu ce jeune homme si vicieux? où cet enfant a-t-il puisé ces idées généreuses? qui a pu lui inspirer de si nobles sentiments?... Ce miracle est dû à la touchante sollicitude de la mère, qui, à son insu et sans avoir eu la moindre idée de la puissance de ses impressions, s'est imposé comme un devoir sacré le plus généreux dos sacrifices, celui de renoncer à tout divertissement corrupteur pendant sa grossesse, ne s'occupant que du bonheur à venir et des vertus de l'enfant que son imagination active voyait grandissant à ses côtés.
Or, si l'instinct maternel, qui seul a guidé les mères jusqu'à présent, a donné souvent d'aussi heureux résultats, que ne doit-on pas attendre,