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PORTRAIT DE M. LEBLANC

(Collection Bonnal.)

porteurs de flambeaux, à des œuvres, peintures et sculptures, contemporaines de Louis XIII. La figure de ce roi, aussi fidèlement restituée qu’il était possible de le faire loin de Paris, rentrait infiniment mieux que celle de la Vierge dans les préoccupations familières à l’artiste, dont elle reste une des meilleures conceptions. Somme toute, et malgré ses défauts bien évidents, dont le principal est le manque de foi et d’enthousiasme religieux, cette œuvré est réellement grande et fait date dans l’histoire de la peinture, comme dans celle de son auteur, dont elle consacra la gloire, mais dont elle commença l’asservissement au parti académique, qu’il avait combattu jusque-là avec tant de violence et d’aigreur.

Terminée en 1824 et exposée au Salon la même année, elle y recueillit d’unanimes applaudissements, éclatants du côté des romantiques, Eugène Delacroix en tête, qui voyaient avec juste raison dans le nouveau maître ainsi révélé le vainqueur définitif de l’Académisme davidien ; plus discrets du côté des classiques purs qui, dans la conscience du dessin et la bonne tenue de la couleur, découvraient une protestation voulue contre les novateurs. Ingres abandonna définitivement l’Italie et se fixa à Paris, où il ne tarda pas à ouvrir un atelier.

La période nouvelle qui s’ouvrait parce succès éclatant devait se fermer sur un échec non moins retentissant,

celui du Martyre de saint Symphorien. En attendant, la fatalité ne s’attachait plus à Ingres avec la même rigueur. Gréé chevalier de la Légion d’honneur à la clôture du Salon, il entra peu après à l’Institut. Leroi lui commanda, coup sur coup, quelques dessins pour la cérémonie du sacre, Y Apothéose d'Homère et le Martyre de saint Symphorien. Il eut à peindre les portraits de quelquesuns des personnages les plus en vue, Charles X, le marquis de Pastoret, Bertin l’aîné, le comte Molé, etc. Réclamé, dès sa révélation de maîtrise, par les deux castes rivales qui se disputaient le domaine de l’art et s’excommuniaient avec la môme mauvaise foi intolérante propre à tous les fanatismes, et convaincu, à très juste titre d’ailleurs, de l’immense supériorité que lui donnaient la probité de sa vie et l’acquit des travaux déjà faits, des rénovations qu’il avait imposées par son exemple, il se crut de bonne foi, en sa qualité de candide grand homme, appelé à jouer le rôle de sauveteur providentiel, et aspira ouvertement à régenter l’art français, tout comme son vieux maître David, dont le Vœu de Louis XIII achevait de ruiner l’école. Heureusement, ce rôle n’était pas à sa taille. Personne ne voulut se soumettre à son despotisme. D’une part, les derniers tenants de l’Académisme étaient absolument déroutés par les audaces révolutionnaires qui bouleversaient les sacro-saintes habitudes routinières, sans laisser de place aux insipides poncifs si chers aux médiocrités; l’auguste cénacle pouvait-il supporter l’omnipotence, les prétentions à la dictature, les éclats insup-

Cliché Moreau.

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