OEDIPE ET LE SPHINX
(Musée du Louvre.)
en obtenant le second rang, d’être dispensé du service militaire. Le sujet du concours était : Antiochas , instruit de la maladie de Scipion , lui envoie son fils pour guérir par la joie le malaise du corps ; la peinture d’Ingres a été brûlée pendant l’incendie de la Commune. L’hostilité s’accentua encore, l’année suivante, au témoignage de M. Delaborde, quand David eut appris les propos flatteurs qu’avait tenus Flaxman sur la nouvelle œuvre d’Ingres, Achille et les ambassadeurs d' Agamemnon, qui valut le grand prix de Rome à son auteur. L’influence de David s’y étale naïvement, il est vrai ; mais le souci de l’archaïsme et la préoccupation de se conformer aux indications des plus anciens monuments de l’art grec, marbres et peintures de vases surtout, s’y affirment assez pour que le sculpteur anglais pût y retrouver avec plaisir un peu de sa propre manière et quelques-uns des ingrédients habituels dont il assaisonnait ses illustrations d’Homère. Parmi toutes les composantes du talent d’Ingres, il faut soigneusement noter l’influence de Flaxman, auquel le grand maître resta fidèle jusqu’à la fin, quoique vite débarrassé de l’outrance un peu puérile avec laquelle il avait d’abord marché sur ses traces.
En 1851, en tête du livre dans lequel il présentait au public son bilan artistique, Ingres divisait son œuvre en six parties correspondant à ses divers séjours en France et en Italie. Cette division n’est pas aussi artificielle qu’on pourrait le croire, car elle correspond à peu près à l’évolution intellectuelle et artistique du peintre. Tour à tour
novateur à Rome et sauveteur de l’Académisme en France, misérable à Florence, riche et honoré à Paris, il semble que la plus petite modification dans son tempérament artistique, ou dans son état social, ait impérieusement demandé un changement de résidence. Gomme s’il n’avait pas pu vivre sous le même ciel après l’ébranlement produit en lui par un revirement de fortune ou une orientation artistique nouvelle, toute sa vie active, féconde et pauvre se passa dans ces changements d’horizon. Quand il fut définitivement fixé à Paris, près de l’Institut, son humeur inquiète, lasse peut-être de guerroyer sans trêve ni repos, s’était enfin décidée à demander à une trêve, sinon la paix, qu’il lui était impossible de goûter, du moins un oreiller doré pour reposer son front couronné de gloire, mais meurtri par tant d’années de lutte pour la vie et de combats pour la cause sainte de l’art.
La première période (1800-1806) s’étend depuis la sortie de l’atelier de David jusqu’au départ pour Rome et n’est qu’une pénible attente de ce départ dont l’État, faute d’argent, retardait toujours le moment. Presque sans commandes officielles, sauf celles de deux portraits de Bonaparte premier consul (1805), pour la ville de Liège, et de Napoléon empereur (1806), pour l’hôtel des Invalides; assuré seulement du logement que le ministre
Cliché Heirieis