Lettre à M. Marcotte, datée de Rome, 49 septembre
Pendant son directorat, Ingres travailla peu à Rome ; encore se fit-il aider beaucoup non-seulement par quelques-uns des pensionnaires, Papety notamment, mais aussi par ses élèves Raymond et Paul Balze. Les soins de Tadministration lui prenaient une bonne partie de son temps* La villa Médicis ayant besoin de réparations, il passa plusieurs mois parmi les ouvriers, concurremment avec Tarchitecte de la maison. L'Ecole des Beaux- Arts de Paris ayant reçu du ministre une allocation considérable pour faire mouler à Rome les plus beaux marbres, Ingres surveilla de près l'emploi de ces fonds, et il expédia plus de trois cents pièces moulées sur Tantique, sans compter qu'il fit exécuter sous ses yeux par Paul Flandrin, les frères Balze, Gomairas^ et autres, les copies des Loges de Raphaël, qui ornent maintenant les loges de l'École des Beaux-Ârts à Paris, et les copies des Chambres du Vatican, qui se trouvent aujourd'hui au Panthéon. A ce sujet nous transcrivons une lettre curieuse adressée par Ingres à M. Duban et datée du 8 octobre 1839 :
« Par prédilection pour toutes nos belles copies de grands maîtres, je me suis avisé, moi aussi, de rêver un projet pour les rassembler toutes, et voici, au reste, ce qui m'en a fait naître l'idée. Avant de quitter Paris, M. Thiers m'ayant demandé un rapport particulier aux copies des Loges de Raphaël que je fais exécuter présentement, je crus devoir penser aussi à leur destination à Paris, et je lui indiquai notre église des Petits-Augustins comme le lieu le plus convenable sous tous les rapports, non-seulement pour y placer au fond du sanctuaire le Jugement dernier de Michel-Ange, mais encore les Loges de Raphaël, en frise au-dessus des grands tableaux-copies des sept Actes des Apôtres, du même maître.