‹ Ingres, sa vie et ses ouvragesChapitre 16 sur 34 · Lettre écrite de Dampierre en novembre · texte numérisé non relu

Lettre écrite de Dampierre en novembre

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s'était affaiblie avec Tâge et que le soleil qui l'éclairait alors n'était pas le soleil de Tltalie.

Le portrait de M°^ d^Haussonville n'en fut pas moins pour Ingres un événement heureux. Il en fut grandement félicité par tous les puissants du jour, comme il nous l'apprend dans une lettre adressée de Dampierre à M. Marcotte, le 28 juin 18&5 :

tt Nous voilà à Dampierre. J'ai enfin fini le désastreux portrait, qui lassé de me tourmenter m'a donné, pendant quatre jours de petite exposition, le plus complet succès. Parents, amis et, pardessus tout, ce tendre père (le duc de Broglie), en ont été ravis. Enfin, pour couronner l'œuvre, M. Thiers, et je n'y étais pas, est venu le voir avec la personne, et lui a dit plusieurs fois, ce mauvais plaisant : « Il faut que M. Ingres soit amoureux de vous pour <( vous avoir peinte ainsi. » Mais tout cela ne m'enorgueillit pas, et je ne crois pas avoir rendu toutes les grâces de ce charmant modèle.

« Dans un mois d'ici , le fond de mon tableau de Bisy sera tout peint. Le dessin de F Age de fer est fait et superbe, et on pourrait s'y mettre, en même temps qu'au paysage de l'Age d'or. MM. DesgofTe et Pichon s'en chargent. Pendant ce temps je finis mes deux autres portraits et mes compositions qui me trottent par la tête. Vous voyez, cher ami, que je me suis mis à l'ordre et au courage. »

Le tableau de Bizy, dont il est ici question, est celui de Jésm au milieu des docteurs, qui avait été commandé par le roi Louis- Philippe pour son château de Bizy, et que M • Ingres montrait à ses amis dans son atelier du quai Voltaire, n"" 17, cinq ans avant sa mort. Nous reviendrons sur ce tableau, qui, à la révolution de 1848, n'était pas achevé, et qui ne le fut qu'en 1862, quand le peintre avait quatre-vingt-deux ans.

Voilà comment s'explique la lenteur avec laquelle marchaient les travaux de Dampierre. Bien qu'il eût dans sa pensée arrêté le

principal motif de son sujet et déterminé Faction dont il avait besoin pour relier ses groupes de figures et les mettre en scène, sa peinture se faisait de pièces et de morceaux; elle avançait par places, elle paraissait décousue; mais le moment devait arriver, et il croyait l'entrevoir dans un avenir très-prochain, où Tunité de la composition se prononcerait, où le tout s'envelopperait dans cette douce harmonie que donne la dernière main. II était écrit, cependant, que ce grand ouvrage ne serait jamais accompli.

Il va sans dire qu'ayant entrepris une étude sur Ingres, nous avons sollicité le privilège, — qui nous a été accordé gracieusement, — de visiter le château de Dampierre et de voir ce qui subsiste dans ce château des peintures murales que le peintre s'était engagé à y faire.

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