‹ Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrineChapitre 29 sur 166 · Une Source · texte numérisé non relu

Une Source

Cette charmante figure , qu'Ingres avait commencé de peindre à titre de simple étude, vers la fin de son premier séjour en Italie, et qu'il ne reprit pour la convertir en tableau qu'au bout de bien des années, est signée : J. Ingres, 1856,. Comme la Vénus Anadyomène, déjà peinte en grande partie dès 1807 et seulement achevée en 1848, la Source appartiendrait donc, à vrai dire, dans l'histoire du talent du maître, à une époque antérieure à la date inscrite sur la toile, si, indépendamment des retouches générales, l'exécution de plusieurs parties tout à t'ait nouvelles n'était venue la rajeunir et jusqu'à un certain point la transformer. Ainsi, sans parler du fond et des accessoires dont rien n'existait à l'origine, la tète tout entière, le bras qui supporte l'urne, la main droite et les deux pieds ont été peints dans les derniers mois de 1855 et au commencement de 1856. Ingres avait alors un peu plus de soixante-quinze ans, et certes de pareils morceaux ne trahissent ni la sénilité du sentiment, ni l'appesantissement de la main.

La Source, qui de l'atelier du peintre avait passé directement dans la galerie de M. le comte Duchâtel, n'a pas cessé de faire partie de cette riche collection. Bien qu'elle n'ait jamais figuré parmi les toiles exposées annuellement au palais des Champs-Elysées, l'œuvre d'Ingres a été plusieurs fois offerte à l'admiration publique dans des expositions successivement ouvertes à Paris (boulevard des Italiens), à Londres, à Bruxelles, et, plus récemment, à Bordeaux. Enfin elle était au nombre des tableaux du maître réunis à l'École des beaux-arts pour l'exposition posthume de 1867.

En 1862, la Source a été gravée dans de petites dimensions et avec une délicate habileté par M. Léopold Flameng, pour la Gazette des Beaux-Arts, t. XII. Quelquesannéesplus tard, Calamatta publiait d'après le même tableau une assez grande estampe, malheureusement peu digne du modèle

et du talent accoutumé du graveur. En outre, il existe une reproduction de la Source lithographiée en 1868 par M. Emile Lassalle, et d'innombrables photographies, répandues dans toutes les villes de l'Europe, continuent chaque jour ou achèvent de populariser ce chaste chefd'œuvre, cette image accomplie de la grâce virginale et de la beauté adolescente.

Une réduction de la Source, léguée par M. Marcotte, est, depuis 1867, conservée dans la galerie du Luxembourg.

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