‹ Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrineChapitre 31 sur 166 · Songe d'Ossian · texte numérisé non relu

Songe d'Ossian

Tableau peint en 1812 pour le plafond d'une des pièces de l'appartement que Napoléon Ier devait occuper dans le palais de Monte-Cavallo, pendant le séjour qu'il projetait alors de faire à Rome. Gravé au trait dans l'ouvrage publié par M. Magimel. (Musée de Montauban.)

La prédilection connue de Napoléon Ier pour les poésies dites d'Ossian explique le choix du sujet traité par Ingres : celui-ci, en composant cette scène fantastique, ne faisait que suivre les exemples donnés par Girodet dès 1801, par Gérard en 1809. Une fois mis en place dans le palais de Monte-Cavallo, le Songe d'Ossian y demeura jusqu'en 1836. Ingres, alors directeur de l'Académie de France à Rome, ayant demandé et obtenu que ce tableau lui fût rendu, VOssian, comme le Virgile, fut expédié à Paris, où le

maître se proposait de réparer un jour des avaries d'autant plus regrettables à ses yeux qu'elles menaçaient de ruine une de ses œuvres préférées. « Je vous enverrai mon tableau de Vij^gile, écrivait-il à M. Gatteauxle 1 5 juin 1836, ainsi qu'un Ossian que vous ne connaissez pas. Celui-là vaut quelque chose. Je les mettrai en ordre, car ils sont tous deux en mauvais état... »

Malheureusement, le temps lui manqua pour réaliser ce projet. Tout se borna à quelques travaux préparatoires exécutés sur la toile même par les élèves du maître, conformément aux modifications qu'il avait décidé d'introduire dans l'ordonnance ou dans l'effet. Loin de recevoir cet achèvement qu'Ingres s'était promis de lui donner, loin d'être « remis en ordre » , Y Ossian se trouva donc en moins bonne situation que jamais, et ne fut plus guère qu'une ébauche équivoque où les intentions primitives aussi bien que les intentions nouvelles n'apparaissent que sous des ratures plus ou moins épaisses et sous des formes en quelque sorte provisoires.

(Voyez le même sujet aux Compositions dessinées.)

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