‹ Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrineChapitre 35 sur 166 · Aie me sujet · texte numérisé non relu

Aie me sujet

Autre répétition du même tableau, mais avec quelques modifications importantes, notamment dans les bras et dans la draperie d'OEdipe et dans l'attitude du sphinx. Cette toile, où les dimensions des figures sont à peu près de demi-nature, est signée : /. Ingres pbat œlalis lxxxiii, 1864. (Appartient à M. Emile Pereire.)

37. Les Ambassadeurs d Agaïnemnon, envoyés pour apaiser Achille, le trouvent dans sa tente, occupé avec Patrocle à chanter les exploits des héros.

Premier grand prix de peinture, 1801. Gravé au trait, en 1802, par C. Normand dans le tome III des Annales du Musée et de l'Ecole moderne des beaux-arts , publiées

(1) M. Asseline était alors secrétaire des commandements dix prince.

par Landon, et, en 1851, par Réveil, dans le recueil publié par M. Magimel.

(École impériale des beaux-arts.)

Ingres, jusque dans les dernières années de sa vie, se rappelait avec un sentiment de fierté et surtout avec une profonde gratitude les encouragements que lui avait valus ce tableau de la part de Flaxman. Venu à Paris peu après l'époque où le jeune élève de David avait remporté le grand prix, Flaxman, sans connaître nullement le lauréat, loua hautement l'œuvre couronnée et alla même jusqu'à déclarer qu'elle lui paraissait préférable à tout ce qu'il avait vu encore de l'école française contemporaine. Le propos fut répété à Ingres, qui en eut la joie qu'on peut croire; mais il fut aussi rapporté à David, qu'il mécontenta, dit-on, assez vivement pour que les dispositions personnelles du maître à l'égard de son ancien élève changeassent à partir de ce moment. C'est sans doute à ce refroidissement, pour ne rien dire de plus, qu'Ingres faisait allusion en 1814, dans une lettre que nous avons citée à propos de la Chapelle Sixtine, et qui contient le passage suivant : « Quant à David, laissez-le; j'ai mes grandes raisons pour n'avoir jamais avec lui aucune espèce de contact, et je désire seulement qu'il voie mes ouvrages à l'Exposition. »

Ingres, nous le disions au commencement de ce volume, demeura jusqu'au dernier jour invariablement respectueux envers la mémoire de celui qu'il appelait «le grand David» , mais à la condition de n'honorer en lui que le rare talent de l'artiste et l'autorité du chef d'école. Il ne se faisait nulle illusion sur le reste, et, sans parler même de ses griefs personnels, les souvenirs qu'il gardait, en général, de la personne et du caractère de David n'étaient pas de nature à se concilier aisément avec l'admiration due au peintre des Horaces et des Sabines.

(Voyez le même sujet aux Compositions dessinées.)

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