‹ Initiation artistiqueChapitre 12 sur 54 · ROME · texte numérisé non relu

ROME

avaient élevé quelques-uns de leurs plus beaux temples dans cette « Grande Grèce ». Les Étrusques, qu restent pour nous assez mystérieux parce que nous n'avons pu encore déchiffrer leur écriture, paraissent avoir été aussi des parents peu éloignés de la famille grecque. Leurs tombeaux abritent des sarcophages de terre cuite, qui portent des effigies étendues ; et ces figures présentent tous les caractères de la sculpture grecque archaïque du ve siècle. Les peintures qui couvrent les parois sont aussi trop semblables aux décorations des vases de la même époque pour n'être pas des imitations de la peinture grecque ; et ce qu'on appelle l'ordre toscan n'est qu'une variante du dorique.

Et pourtant l'art étrusque présente quelques caractères profondément originaux qui empêchent de voir dans ce peuple une simple colonie dorienne. D'abord son écriture qui est réfractaire à toute tentative de dérivation du grsc. Parmi les peintures funéraires, on voit aussi paraître des figures de démons qui ne sont point helléniques ; et il est curieux de les voir surgir de cette même terre toscane où naîtront, vingt siècles plus tard, les deux peintres qui ont donné les plus puissantes évocations du monde infernal, Luca Signorelli et Michel- Ange. Mais surtout les Étrusques ont été des constructeurs habiles à élever des voûtes ; la voûte, ignorée des Grecs, est un procédé constant dans l'architecture étrusque ; elle apparaît dans les portes monumentales, comme dans les conduits souterrains. Les Romains l'ont adoptée, multipliée, amplifiée ; pour l'architecture romaine, le problème sera de soulever des voûtes. Cette voûte, dont l'histoire est celle de l'architecture du Moyen Age et de la Renaissance, a-t-elle été assyrienne et perse

avant d'être étrusque? En tout c?s elle n'a pas été grecque.

Architecture romaine, «s» Les Romains ont assimilé l'art étrusque. Ils ont généralisé l'emploi de la voûte dont ils se sont servis pour couvrir des salles immenses sans le support intérieur de colonnades. Pour porter ces voûtes ils maçonnaient des murs épais dont la solidité est assurée par la cohésion du ciment. La maçonnerie romaine est un bloc résistant comme la roche. Sur les pentes du Palatin, les contreforts feuillus ressemblent à des falaises naturelles. Quand ils furent riches, au temps de l'Empire, les Romains recouvrirent cette maçonnerie en moellons ou en brique avec des plaques de marbre. La décoration de ces édifices ne résidait pas, comme chez les Grecs, dans le dessin bien affirmé des membres de l'architecture ; elle fut un revêtement extérieur, plaqué sur la façade et emprunté à l'art grec. Les colonnes engagées ou aplaties en pilastres supportèrent des entablements simulés et se superposèrent pour encadrer les baies cintrées des façades. Cette union de la maçonnerie romaine et des ordres grecs, c'est déjà toute l'architecture européenne depuis la Renaissance.

L'architecture grecque est tout entière dans le temple. Celle des Romains répond à tous les besoins d'une ville méridionale riche et confortable. A Rome, comme dans les plus belles cités de l'empire, se dressaient des thermes, des théâtres, des cirques pour le peuple, des arcs de triomphe et des colonnes commémoratives en l'honneur de l'empereur; des aqueducs gigantesques conduisaient l'eau des montagnes dans les villes. Les voies romaines dallées sillonnaient l'empire ; la vie circulait aisé-

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