ROME
ment dans ce réseau, et la civilisation venue d'Orient se propageait avec une incroyable rapidité jusqu'au fond de l'Espagne et de la Gaule. Partout les Romains apportaient leurs magnifiques édifices édilitaires. Leurs ruines majestueuses ont régné sur le haut Moyen Age et maintenu la liaison entre le monde romain et le monde roman.
Sculpture, o Quand la Grèce entra dans l'empire, les Romains acceptèrent l'assimilation de leurs dieux et des dieux grecs ; l'Olympe peuplé par Phidias et Praxitèle fut naturalisé latin et la statuaire païenne put continuer son cours sans s'apercevoir du changement. Mais le naturalisme qui commençait à poindre dans l'art hellénistique put se développer et satisfaire le goût que les Romains avaient pour les portraits. Déjà les Étrusques aimaient à mettre dans les tombeaux les images des morts ; les Romains de la République collectionnaient les bustes de leurs ancêtres. Sous l'Empire, ce fut une industrie active que celle des portraits des empereurs et des personnages officiels. Ces bustes de marbre montrent des faces si caractérisées, si typiques qu'il nous serait aisé de reconnaître les Césars s'ils revenaient sur terre. Il n'est pas dans l'histoire de personnages dont les traits nous soient plus familiers que la série des empereurs qui ont gouverné le monde durant les premiers siècles de notre ère.
A cette époque Rome avait accaparé ce que l'Asie, l'Egypte et la Grèce possédaient de plus rare, les tapis, les obélisques, les statues et les vases. Les proconsuls revenaient de leurs provinces tout chargés de dépouilles. Ce luxe artistique allait s'accumuler sur les forums, dans les cirques, sous
les portiques, dans les thermes et les palarit des Césars. Rassemblés au centre du monde, ces chefs-d'œuvre de l'art grec et oriental propageaient l'hellénisme dans tout l'empire. Mais un cataclysme vint interrompre le cours de l'histoire. A partir du IVe siècle, les barrières septentrionales de l'empire furent rompues par les barbares ; pardessus la digue emportée, l'inondation périodiquement s'étendit. La Gaule d'abord fut écrasée ; mais Rome était le but, la proie la plus convoitée. Plusieurs fois le flot passa sur elle, et quand il se retirait elle apparaissait un peu plus dépouillée. Alors la ville devint déserte ; elle n'était plus assez riche pour réparer ses ruines, et le temps commença son travail d'usure et de nivellement sur la ville abandonnée. La malaria régnait sur la campagne où l'on . voit courir les aqueducs rompus, et les buffles venaient paître sur le forum. Mais sous ces décombres l'antiquité dormait seulement, et quand l'humanité, reprise par le souvenir de ses amours anciennes, viendra ouvrir la tombe, elle la trouvera éveillée, rajeunie et prête à vivre une seconde existence.
Entre temps, une religion nouvelle avait chassé les dieux du Panthéon romain ; elle avait détruit ou enterré les statues païennes et utilisé sans façon les colonnes du temple de Jupiter pour porter le plafond des basiliques de Jésus.