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CET ART EST AVANT TOUT UN ART D'ORNEMENTATION

LA Syrie et l'Arabie ont été des fournaises religieuses, à peine refroidies de nos jours. De ce sol aride où tonnait, par la veix des prophètes, la colère de l'Éternel, deux grands courants sont partis qui ont réchauffé l'Europe et brûlé l'Afrique. Le christianisme apportait dans la vieille Rome une espérance ardente dont le monde antique fut tout rajeuni. Un peu plus tard l'islamisme, vomi comme un torrent de lave, submergea l'Asie, vint battre la digue de l'Europe, se rua en Afrique, franchit les colonnes d'Hercule, emplit l'Espagne, déborda les Pyrénées, vint mourir en Gaule, stagna, puis lentement se retira.

La mosquée. *&* Les évangélistes de Mahomet galopaient à cheval, le sabre en main. L'installation de l'islamisme fut rapide. De la Perse à l'Espagne, de Bagdad à Cordoue, en Syrie, en Mésopotamie, aux Indes, en Egypte, au Maroc, en Espagne, des mosquées s'élevèrent pour abriter tes fidèles en prière. Elles furent, le plus souvent, de

matériaux légers, revêtus d'une décoration luxueuse. C'étaient de grandes salles, recouvertes parfois d'un plafond, puis de voûtes à la mode persane ; le mirhab, sanctuaire qui indique la direction de la Mecque, le minbar, ou chaire à prêcher, la porte d'entrée, le minaret, fine tourelle pour le muezzin qui appelle les fidèles à la prière, la coupole bulbeuse sont les éléments auxquels l'ornementation musulmane a donné le plus de richesse et d'originalité. Les conquérants empruntaient au pays conquis ses architectes, ses habitudes et ses ressources. Les belles colonnes monolithes nées païennes, après avoir servi dans les basiliques chrétiennes devenaient musulmanes. La mosquée de Cordoue fait porter son plafond sur une forêt de fûts innombrables qui sont les trophées de la conquête.

L'ornementation, o L'art arabe est bien fils de l'Asie par son goût pour la fantaisie des lignes et la richesse de la polychromie ; dans l'art asiatique, le naturalisme tourne vite à un jeu décoratif ; la figure humaine elle-même se résume en quelques lignes simplifiées qui ne sont bientôt plus qu'un motif d'ornement. Cette tendance s'accordait avec l'interdiction religieuse de représenter les traits de l'homme. Les Arabes n'ont fait que pousser à l'extrême la prédilection asiatique pour les combinaisons purement décoratives. Nul autre art ne s'est au même point affranchi de tout souci expressif pour ne chercher que des enchevêtrements de lignes et des combinaisons de couleurs.

C'est sur toutes les matières que les Arabes ont pratiqué leurs variations infinies, sur la pierre, sur

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