L'ART MUSULMAN
le bois, l'ivoire, sur le fer, le cuivre et le bronze, dans la céramique et le tissu. Sur les cuves d'ablutions comme sur les coffrets d'iv&ire, sur les panneaux de leurs portes comme sur les caissons de leurs plafonds, sur leurs bassins de cuivre comme sur leurs casques de bronze, le regard aime à se perdre dans l'enchevêtrement inextricable des lignes pour se retrouver dans la répétition régulière des mêmes motifs. C'est ainsi que l'oreille est attentive aux variations de la fugue.
Ornementation et nature, o L'art arabe est à l'antipode de l'art européen. Pour nous, les arts plastiques sont d'abord la peinture et la sculpture, c'est-à-dire des portraits de la vie ; la matière importe moins que la ressemblance. Pour l'Arabe, l'art est un jeu ornemental, une dentelle ou une mosaïque. Pas de sculpture, mais une marqueterie, une ciselure ou des incrustations ; pas de peinture, mais la métamorphose de la laine et de la terre en matières précieuses par les miracles de la céramique et du tissu. Il arrive quelquefois pourtant que l'art européen se rapproche de l'art musulman, quand les caprices linéaires du flamboyant ou de la rocaille semblent acclimater chez nous le jeu des arabesques.