L'ART BYZANTIN
Ve au Xe siècle, il n'y faut plus chercher trace d'art ; l'Orient, au contraire, épargné par les invasions bar* .res, conserve ses traditions et continue sa ' .igue somnolence que n'a même point interrompue la prise de Constantinople par les Turcs, au milieu du XVe siècle.
C'est cet art grec chrétien que nous appelons l'art byzantin. Avec Constantinople, ses principaux foyers étaient les grandes villes d'Asie Mineure, d'Egypte et de Syrie. Coupé du monde occidental, son centre de gravité était transporté en Asie; et la paresse orientale eut bientôt immobilisé les alertes figures d'Europe.
Sainte-Sophie de Constantinople. o Comme les Romains et comme les Perses, les Byzantins ont abrité leurs églises avec des voûtes parfois colossales. Sainte-Sophie de Constantinople, construite sous Justinien au vie siècle, est d'une hardiesse grandiose ; les églises de Ravenne, à la même époque et Saint-Marc de Venise, six siècles plus tard, introduisent jusqu'en Italie les principes de l'architecture orientale : revêtir le corps de l'édifice de marbres et de mosaïques ; faire de la maçonnerie une sorte de terre cuite ém aillée.
Il n'y a pas de sculpture byzantine ; le christianisme a détruit les statues païennes et la statuaire a continué à être suspecte. Faute d'avoir connu cet art qui porte le naturalisme en lui-même, les Byzantins ont pu tourner le dos à la nature et orienter leur plastique vers des soucis purement iconographiques ou ornementaux ; devant un ivoire, un émail, un tissu, un bas-relief, une fresque ou une mosaïque d'art byzantin, nous ne sentons jamais la spontanéité ni la fraîcheur de la vie ; l'archéo-
logue analyse pourtant avec curiosité ces formes d'origines lointaines et souvent obscures qui se sont cristallisées dans une matière précieuse.
L'iconographie chrétienne, •«cil est une série de ces images qui sont destinées à une fortune particulière : la série des compositions où s'est fixée une fois pour toute la vie du Christ et de la Vierge. Il y a un Évangile de l'image ; il est une œuvre byzantine. Il dut apparaître dans les sanctuaires de Palestine quand Jérusalem et Bethléem commencèrent d'attirer les pèlerins. L'Occident acceptera ces compositions pour les développer ensuite par la couleur ou dans la pierre. Il est bien peu de thèmes de l'art chrétien qui ne soient d'origine orientale.
Quand l'empire byzantin, à son tour, s'écroula sous la poussée des Turcs, sa mission était remplie. Il avait conservé la flamme de civilisation antique pendant que la nuit submergeait l'Occident. C'est à cette lumière que s'est reconnu notre art romanj