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CHAPITRE II L'ART ROMAN

l'art roman dérive du romain. Il SON

ARCHITECTURE, fl LES ÉCOLES RÉGIONALES.

Le roman dérive du romain. *c* L'art roman est le frère cadet de l'art byzantin ; ils se sont partagé l'héritage romain. Mais l'art roman poussant sur un sol moins encombré de souvenirs a dû inventer davantage. N'importe ; la filiation apparaît avec évidence quand l'église romane s'élève auprès des ruines romaines. Le sculpteur ni le maçon ne cachent leurs emprunts. Le domaine de l'art roman comprenait le territoire de l'ancienne Gaule jusqu'au Rhin, élargi du Nord de l'Espagne et de l'Italie et augmenté de la Grande-Bretagne. C'est cette région qui, pendant les xi° et xiie siècles, revêtit la « blanche robe d'églises » dont parle un moine du temps ; elles remplacèrent d'anciennes basiliques en ruines ou démodées.

L'église romane, o Cette chrétienté n'était point unifiée autour d'un centre politique dominant ; chaque région avait sa personnalité et son type d'architecture. Mais, en général, les églises romanes présentent ce caractère commun de transposer en édifice voûté l'ancienne basilique à charpente de bois. Pour porter cette voûte, il faut des murs épais

et des piliers massifs. L'architecte a entrepris une lutte contre la pesanteur et il n'en triomphe qu'en renforçant son mur de contreforts et sa voûte d'arcs doubleaux. L'église ne s'élève qu'avec prudence sur le sol et ne laisse pénétrer le jour que par des baies étroites. Mais d'ailleurs quels admirables types de construction !

Les écoles régionales, o Bien qu'elles ne dissimulent guère leur lourdeur, les églises d'Auvergne et du Languedoc sont des exemplaires de maçonneries parfaites ; elles se sont propagées par delà les Pyrénées, à la suite des pèlerins qui suivaient la route de Saint- Jacques de Compostelle. Les églises de Bourgogne s'élevaient avec une hardiesse dont plus d'une est morte ; la plus illustre de la chrétienté, celle de Cluny, a été détruite; en Provence, les églises se paraient volontiers des restes de l'art romain ; en Poitou, le calcaire tendre était travaillé comme un ivoire byzantin. En Normandie, les nefs romanes s'élevaient avec tant d'élan que les architectes n'ont pas osé leur faire porter la lourde voûte en plein cintre. Il leur fallut attendre la voûte gothique plus légère ; et de même pour les églises rhénanes.

' Les églises romanes d'Italie, plus que celles de France, se ressentent de leur filiation antique et de leur parenté byzantine. Saint-Marc de Venise est un monument byzantin à coupoles ; la cathédrale de Pise n'est guère qu'une ancienne basilique décorée à la manière romane. Ces églises ont conservé leur riche décoration de mosaïques ou de marbres variés. Mais les églises du Nord ne connaissaient pas d'autre décoration intérieure que la peinture à fresque et ces peintures se sont presque partout

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