‹ Initiation artistiqueChapitre 3 sur 54 · L'EGYPTE · texte numérisé non relu

L'EGYPTE

— les trois pyramides fameuses (Chéops, Chéphren et Micerinus) mesurent jusqu'à 146 mètres, — traversés de galeries faites pour égarer les pillards et les archéologues. La pyramide est la construction la plus solide, car sa silhouette est celle-là même que prend un édifice qui s'écrase. Ces mastabas et ces pyramides sont les demeures de pharaons et de seigneurs puissants. Les Égyptiens ont aussi., édifié des tombeaux plus modestes, les [hypogées, qui comprennent un caveau souterrain surmonté d'une petite chapelle.

Le mort, embaumé, enveloppé de bandelettes, enfermé dans un sarcophage de bois ou de pierre, habite ce tombeau. Parfois une figure de pierre ou de bois vit auprès de lui ; cette sculpture est son portrait ; si la momie venait à disparaître, l'âme trouverait dans cette matière moins périssable un corps où se poser. Aussi ces statues sont-elles à la ressemblance d'un individu. Le fameux Scheik-élbéled du musée du Caire comme l'admirable Scribe accroupi du Louvre nous paraissent d'une intensité de vie prodigieuse ; leurs âmes ont bien pu croire que ces corps de bois ou de pierre continuaient l'existence de leur modèle de chair.

Ces morts, il fallait les nourrir ; auprès d'eux on déposait donc des fruits et des grains de blé. Les offrandes apportées aux tombeaux entretenaient pour un temps le disparu ; mais les vivants se lassent ou s'en vont à leur tour. Et c'est pour suppléer aux défaillances de la piété qu'on entoura les morts de peintures alimentaires. C'est une sorte de ravitaillement par l'image qui se voit sur les murs des mastabas ; on y suit l'histoire d'une bouchée de pain depuis les semailles jusqu'au four du boulanger, la chasse et la pêche. Le mort

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