‹ Initiation artistiqueChapitre 39 sur 54 · VI2I · texte numérisé non relu

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même atmosphère que nous ; la toile qui les porte ne met pas une cloison entre leur milieu et notre salle ; il n'y a chez Velazquez que le plus aisé de tousles peintres, et le tour de force de cette peinture est qu'elle se fasse oublier et semble être de la vie.

Murillo. o Murillo a vieilli davantage et il est moins personnel. Il a peint aussi quelques types pittoresques de la canaille madrilène ; mais il est surtout le peintre langoureux des extases et des visions célestes. Sa Vierge est une brune et souriante Sévillanne d'où rayonne un halo d'or mêlé de roses chérubins. Mais cette lumière céleste tombant sur terre y sculpte des objets matériels avec des ombres opaques. Il mêle adroitement la nature et le miracle et ce mysticisme mêlé de matérialisme explique bien sa popularité. Il est peut-être celui qui a le mieux réussi ce « merveilleux chrétien » qui fut une des inventions de l'art jésuite.

La peinture espagnole avait survécu un demisiècle à la puissance politique de l'Espagne. Elle s'éteignit, à son tour, durant la lente agonie de Charles II ; et quand des Bourbons vinrent régner à Madrid, au commencement du siècle suivant, ils apportèrent avec eux des peintres de France. Ce sont des élèves de Rigaud qui prirent la succession des élèves de Velazquez.

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