L'ANGLETERRE AU XVIII* SIÈCLE
Les autres portraitistes anglais du même temps, Romney, Hoppner, Raeburn, sont tous d'habiles exécutants qui ont dû plaire infiniment à leurs modèles féminins, car ils leur donnaient l'éclat, l'élégance et la séduction ; cette élégance doit toujours beaucoup à la désinvolture brillante de la brosse. C'est alors que l'on voit se constituer ce style anglais qui montre le pli « tailleur ». Seul Gainsborough donne à ses jolis modèles un charme fragile et les enveloppe de voiles légers et vaporeux. Cette beauté anglaise a le brillant du neuf. Lawrence, qui est le dernier de cette école de portraitistes, accentue encore cette élégance nette et tranchante par des oppositions un peu arbitraires de noir et de blanc. Ses figures ont de l'éclat, celui des choses fraîchement vernies ; mais la riche palette flamande est maintenant perdue.
L'école anglaise du xvrne siècle est un brillant épisode dans l'histoire de la peinture. Elle n'est pas tout à fait autochtone ; et pourtant ses œuvres expriment bien un temps et une race. Ces figures ne nous laissent pas le souvenir d'individualités caractérisées ; mais elles nous donnent une image collective d'une civilisation. Point de psychologie à la française. Ce ne sont pas des personnages de salons, mais des êtres sains et forts, développés par l'hygiène et l'exercice physique. Cette société a perfectionné un type féminin et cultivé la beauté, comme elle a élevé l'athlète et le cheval de course.
SIXIÈME PARTIE LE XIXe SIÈCLE